L'ampadiem

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  • Ampad Embiem, je ne suis la qu'un jour sur deux, mais je le vis plutot bien
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Archangelism scientifiq

" (...) proche le moment ou, par un processus de caractere paranoiaque et actif de la pensee, il sera possible (simultanement a l'automatisme et autres etats passifs) de systematiser la confusion et de contribuer au discredit total du monde de la realite. " Salvador Dali, Minotaure No1, 1933.

Un tres beau site sur DALI

 

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Ce blog créé il y a un peu plus de 2 ans maintenant de l'association uniq de la surprise et du tant attendu, restitue intactes les bribes

de restes d'authentiques retrouvés ici ou la, de ce que les littérateurs et créateurs de ce monde, ont contribué,

avant nous déja, est-ce a dire et, encore aujourd'hui, a élaborer le Beau pour qu'il vienne jusqu'a nous

dans l'état merveilleux ou nous avons le bonheur de le trouver pour tenter d'y toucher.

J'ai pour but ici et ailleurs, Ici Et Maintenant, dans cet IEM permanent et constant d'instabilité, de le propager, de l'expérimenter, de le faire travailler, de le dédoubler, de le transposer et de le faire permuter avec ses doubles et avec ses moitiés, de le mettre tour a tour en exergue, en abime, en difficulté, en chaloupe meme et en page pour enfin et a terme, pouvoir le remettre a la retraite d'ou il se trouvera la force apaisée et sereine méritée d'une vie multiséculaire sur toutes les plages des temps, de mener devant nous, et pour nous, de lui-meme des actions pour s'autorégénérer sans plus s'en laisser conter ~

23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 21:37

Tout porte a croire qu'il y a en effet infiniment plvs entre nous
~ que tout ce à quoi nous nous sommes habitués à nous accoutumer
~ pour ne croire qu'en voir croitre les limites. 
Les tambours symphoniq ~ des coeurs, en choeur.
De la Terre a la Lune en deux heures d'observation peptide d'une toile de Manlio Rondoni figurant l'abondance ocytocine dans l'astre hypnotiq de Borges.
A son point de libration c'est-a-dire la position de l'espace où les champs de gravité de ses deux corps en orbite l'un autour de l'autre, et de masses substantielles, fournissent exactement la force centripète requise pour que ce point de l'espace accompagne simultanément la rotation des deux corps, et où ces deux corps en orbite circulaire, ces points représentent les endroits où un troisième corps de masse négligeable resterait immobile par rapport aux deux autres, au sens où il accompagnerait à la même vitesse angulaire leur rotation autour de leur centre de gravité commun sans que sa position par rapport à eux n'évolue, a ce point donc ou la relation reciproq et respectueuse qui ressemble à celle qui lie la Terre et sa lune,
et a leur distance estivale qui ressemble a celle qui en effet separe - ou les rassemble, question de point de vue - les deux astres,
laquelle distance grandit chaq an de 3 cm et quelq,
C'est une seule phrase longue et difficile a lire a voix haute, mais qui n'est rien en comparaison de la difficulte qu'il est de se figurer l'essence quantiq qui relie les choses au point nomme ou tout semble converger pour ne ressembler a rien de ce qui est su, lu, bu, mu ou meme nu.
Ma Muse astronaute,
Argonaute, argonutilisable a souhaits, aux miens, au mains qui s'etreignent dans le voyage fait de la Terre vers la Lune pour gagner celle-ci ou du temps celvi de formuler une sentence qui faille vaille quelq chose et d'etre ecrite sans reprendre son souffle, navigue et elle permet que le fesses fasse egalement mon derriere lorsq 'il se pose sur une question qui voletait jusq'alors aussi negligemment qu'il etait possible a la vitesse de croisiere communement admise comm etant celle a laquelle fuse son esprit fusee a reaction au moment entendu etendu d'un verre de cognac qui rechauffe une piece entiere denuee de chaudiere et d'eau courante, elle permet ceci non seulement, mais elle oblige aussi dans son sillage, longue trainee des rues cometes amusees lorsq 'elles virent au rouge apres un bon vers d'autres couleurs toutes aussi poetiq que versees des coulees de ce ciel bas qui s'expliq sitot qu'on lvi braq dessus une baraq ou une lampe-torche, que se forme autour de ses formulations quantiq une espece d'amas architectoniq qui veut confondre a peu pres tout ce qui existe de connu avec l'obscurantism quantiq des revelations abstraites dont elle fournit une sorte d'elegance sobre, nue, egalement elaguee des parts et autres pores de l'histoire universelle qui promettrait quant a elle si elle etait plvs profondement contee de plonger le plvs assurement du monde dans celvi des chimies morphiq et analgesiq, mohphines d'anaux gelatiq similaires a ceux qui viennent supplanter et renverser l'effet plvs tot commis des endorphines de l'amphore meta-morphiq d'une metaphore en pleine forme, amas qui conquit les sens avec la viralite virtuose et phenomenale, trouee, de tous tiers ici et la assis ou las qui auraient pu ou du sinon glisser des aleas se se joindre plutot que rouillees roupiller dans les chambres voisines, et visant a les faire se perdre dans les delices de l'enlisement a helices multiples et des images diaphanes du reve qui surgissent en filigrane dans les vecus au moment ou les idees devenant floues commencent de se confondre pour ne plus ressembler elles non plus a rien de connu, les met en rapport avec les sens au sens cette fois cent fois semantiq qui leur font comm pour achever le processus de mutation technologiq opere et cette phrase abstruse dans le meme temps, en un terme donc, echo.
Quand j'ecoute ma muse, dis-je pour resumer, je m'endors. Et c'est tant pis !~ Tant mieux plvtot, puisq ce qui surgit derriere, juste apres une profonde absorption dans les alcools brulants et dans la tourbe d'images poetiq evoquees equivoq dans l'epaisseur ceramiq creationnelle concoctee octroyee par ses peintures verbales a la velocite je l'ai dit fusee, mieux que des reves infuses ce sont des thes d'ete, veritables et authentiq sachet d'herbes fines qui se dilluent dans l'eau bouillante grace a laquelle il n'est plus seulement impossible de faire abstraction de la teperature negative dans laquelle la nuit meurtriere plonge les corps quand elle tombe dessus ainsi glacee, mais non plus de savoir, ni d'ou je viens, ni ou je vais !~ 
Rien n'est sur, dit-elle.
Attention, c'est une veritable scientifiq qui parle, une muse-ingenieure du plvs haut Gault-et-Millau degres de graduation, d'un grade a draguer les marais les plvs hostiles, et elle dit : RIEN N'EST SUR.
Comm plvs mystiq que moi, elle dut l'admettre sans se trouver rien de moins qu'immensement rassuree qu'il en soit ainsi : il y a autre chose. ( Amen.)   Il y a probablement infiniment plvs que tout ce a quoi nous nous sommes limites a croire.
Ma muse prophetiq, hypotheq aux compotes compactes de pactes aux peaux impactees,
hypothetiq epithete epitheliale au fait de la dimension epiq des dimensions epistolaires d'vn epis de la tete qu'on dit saupoudre d'epices qui piquent l'esprit a sa plvs tendre partie tendue, c'est-a-dire quand le suspense est a son comble ce que le jeu est a la chandelle, r reconnaissant de s'y tenir,  
ma muse adoubee hadeudee comm si une troisieme l'eut empecher de voler ou mise dans un embarras plutot que l'y embraser comm moi ses pas,
~ vient vous envoler l'ivoire aux avoines volees d'une robe de la voie lactee voutee quand vous voudriez, vous, dresse, ventre a terre, vert vous y ainsi avilises devaliser
 des vins d'actions vindicatives, les vandalisations aux devises du vent sur les devantures veilleuses.
Et elle parle de faire au monde mi-haut des bas pour lvi rechauffer les jambes comm aux miennes le contre-cou quand resonne l'heure deraisonnable de l'echo a ses festins delestage & descellement d'anneaux celestes.

Extrait du Tome IV du Grand Livre des Metaphores, intitule "Cheminement d'une réflexion de l'esprit sur les bords brillants de lyrism du théatre alternatif ~" de l'Ecrivain de Sa Majeste.

 
 

 

Dygo, Emilie, Sognoloppe (Champs de lavande, Epicerie, Mongolie, une boisson bleuatre, des physiciens ados et les animaux etranges)

Ca faisait deux jours que Dygo vomissait. Intoxication elementaire - ou bien etait-ce plutot-oui-c'est-ca alimentaire. Des denrees non perissable, tiens !~", gromelait-il. Il avait achete un oeuf mayo quelq jours plvs tot a une epiciere qui possedait une batterie, une baratte et une butte entierement recouvertes de lavande. Il s'etait emerveille du spectacle de la respiration de ces quantites sauves de mauve qui brassaient toute l'etendue de ses vues de l'esprit.
Elles lvi rappelaient des scenes de lointaines ovations, et il voulut embrasser l'epiciere quand il decouvrit sa boutiq, perchee tout la-haut, toute seule, entouree de ses champs. Elle vendait ses produits assez cher, et il ne voulut pas s'en embarrasser pour le moment, mais qu'il prendrait volontier la prochaine fois, car il reviendrait, il le lvi avait dit, le temps de gouter. Il arrivait, commencait-il d'expliquer a la jeune femme en goutant au lait d'une lune jaunatre de sa creation, a base de miel et de citron, d'une contree bien entrange, tenue par un professeur de Lettres Italien. L'homm tenait une sorte d'animalerie sur ses vastes terres voulues sauvages, directement inspirees, lvi avait-il explique, d'un paysage tres precis de la Mongolie Occcidentale ou il s'etait rendu dans sa jeunesse. Il avait voyage par le Transsyberien jusqu'a Oulan Ude puis s'etait rendu a Oulan Bator avant de traverser d'Est en Ouest toute la Mongolie et la province chinoise du Xinjiang. Puis il etait arrive au Kirghizistan, a Och, precisait-il pendant que l'epiciere se servait une boisson bleuatre dont elle offrit de lvi servir un verre : c'est un voisin qui le fait, dit-elle. Sognoloppe, c'est comm ca que s'appelle cet homm, avait decide de faire ce voyage just apres avoir obtenu son agregation de lettres antiq et modernes, songeant a une annee sabatiq avant de commencer la belle et longue carriere, ainsi lvi avait-il dit qu'il en fut, a l'universite de Rome. Ce truc bleuatre faisait de la mousse et Dygo dut s'interrompre. Emilie sirotait ca en essayant de faire le moins de bulle possible - ce qui restait encor beaucoup, On dirait vraiment du savon, se disait Dygo, mais si c'est le voisin qui l'a fait, bon. Il commenca de lvi detailler les peintures que le professeur lvi avait depeintes des endroits traverses durant ce voyage et lvi empruntant la moue qu'il avait eue visiblement touche de s'en reevoquer le souvenir, exposa a Emilie les aventures de Sognoloppe au Kirghizistan et ses escales plvs longues qu'attendues dans chacun des villages de ce pays ou il avait du se rendre, la route perilleuse qu'etait celle de Samarcande ou l'homm avait du finalement retourner a Tachkent pour rentrer a Rome - faute de temps ! - sans avoir pu aller ni en Armenie ni en Georgie ainsi qu'il l'avait initialement decide. Dygo hesitait a boire et visait fixement la bouche de son hote tandis qu'elle absorbait ce liquid bleuatre. Il avait l'impression que l'epiciere etait en train de l'empoisonner. Lvi avait beau essayer de ne pas faire trop de bulles, cette mixture moussait comm du savon et ca avait dans la bouche un effet tres desagreable.  
Tous deux discuterent longuement de ces pays de la Mer Caspienne ou il venait de la faire voyager, et apres quelq hesitation que Dygo ne comprit pas immediatement, elle lvi avoua qu'elle etait elle-meme d'origine Georgienne.
Dygo songea le hasard de cette journee, et avant de lvi parler du zoo du professeur, songea un bref instant a tout ce qu'ils auraient a se dire ces deux-la. Il y avait sur toute l'etendue des terres mongoles du professeur des troupeaux d'animaux pour le moins etranges. Il etait assez surpris qu'elle n'en ait pas encor entendu parler, et lvi assura que ca ne saurait tarder. On se deplacerait bientot de partout pour assister au spectacle qu'offrent de vivre les creatures de Sognoloppe.
Ses animaux qui gambadaient librement sur des etendues qu'il avait baties sauvages en s'inspirant de ces paysages de tundra Mongole, c'etaient des incarnations de Metaphores. Un phenomene fascinant, qui plvs que tout passionnait pour ce qu'il etait possible de leur parler, et d'obtenir d'eux des reponses. Leur voix en plvs de leur aspect physiq, evidemment inedit faisait rire, s'interroger et laissait le visiteur perplexe devant la beaute que les concepts du langage etaient capable de creer.
Lvi n'avait fait qu'emprunter a toutes sortes de bibliotheq du langage, des extraits de recits connus, amusants, ou d'autres plvs elabores. Et l'Ampadiem avait fait le reste.
Il a, disait Dygo encor incredule, fait des extraits de poesie et des passages de rhetoriq se transformer en un troupeau d'etranges orateurs capables de suivre jusq'au bout les fils d'une idee et dont les cheminements de l'esprit aboutissent comm se tirent du nez, les sons, et des murs de l'Ampadiem, des vers, a des conclusions aussi logiq - parce que ca l'est, finalement, c'est con ce qu'on dit une fois que ca l'a ete, dit-il en riant - aussi logiq donc qu'inattendues !~ Emilie sourait, elle pensait que c'etait drole que cet ahuri vienne jusqu'ici pour lvi parler de tout ca, et apporter apres lvi avoir perle evoque les contrees de sa mere Caspienne, des choses si nouvelles qu'elles ravivent le sentiment de bizarrerie a l'idee d'un monde de metaphores ou elle avait deja pris l'habitude de dormir d'extase. 
Sur un simple enonce factuel, avait-il alors poursuivi, on peut escompter que ces animaux savants, nes de l'association uniq de la surprise et du tant attendu, restituent intactes les bribes de restes d'authentiques retrouvés ici ou la, de ce que les littérateurs et créateurs de ce monde, ont contribué, avant nous déja, est-ce a dire et, encore aujourd'hui, a élaborer le Beau pour qu'il vienne jusqu'a nous dans l'état merveilleux ou nous avons le bonheur de le trouver pour tenter d'y toucher. Ils semblent avoir pour but et role ici et ailleurs, Ici Et Maintenant, dans cet espace IEM permanent et constant d'instabilités qu'est ce monde, expliquait Dygo a l'epiciere en s'inspirant des mots dont avait uses Sognoloppe, de le propager, de l'expérimenter, de le faire travailler, bosser, de le dédoubler, de le transposer, le transporter et de le faire permuter avec ses doubles et avec ses moitiés, de le mettre tour a tour en exergue, en abime, en difficulté, en chaloupe et meme en page pour enfin et a terme, pouvoir un jour le remettre a la retraite d'ou il se trouverait la force apaisée et sereine méritée d'une vie multiséculaire sur toutes les plages des temps, de mener devant nous, et pour nous, de lui-meme des actions pour s'autorégénérer sans plus s'en laisser conter ~ Il en a de la Sagesse en lvi, ce bonhomm, dit l'epiciere un peu troublee.
D'une exploitation des vertus les moins connues de la molecule qu'il avait manque au monde pour qu'il acheve de se construire vraiment, combinee a l'usage des romans du monde terrestre, sous des airs de personnages de bede surrealist, les animaux etranges du professeur etaient capables de lire et l'exposer en des termes intelligibles de tous, l'avenir.
Des diseuses de bonne aventure a tete de Shadoks sous un ciel mongole. On n'arrivait pas a dire ce qu'il y avait de plvs incongru dans ce qu'on voyait quand on arrivait la mais on en repartait conscients qu'il y en effet, dit-il comm pour precipiter que deja se boucle la boucle ou que ce soit l'epiciere, infiniment plvs.

Il avait plonge une capsule d'oeuf mayo au fond de la poche de son veston au moment ou, le jour allant se lever l'epiciere se couchant lvi dit qu'elle devait repartir pour sa boutiq en ville. Il lvi avait repondu qu'il resterait ici, n'ayant pour sa part rien a faire en ville, ce qui la fit sourire. Elle lvi dit qu'elle voudrait bien faire de meme mais que s'y installer a temps plein n'etait helas pas encor a l'ordre du jour, Il  esperait bien revenir, avait-il conclu - allait-il conclure ?- puis, ayant laisse derriere lvi le corps sans vie de l'epiciere, il avait pour admirer le couchant exceptionnel qu'offrait a bijou leur etendue mauve descendu les champs de lavande par leur versant Ouest. 

Comm pour le deplacement des nuages dans un ciel tout blanc, c'est parfois en detournant le regard qu'on voit le mieux ce qui passe. Il suffit pour les yeux, de se fixer un peu en retrait plutot que dans les blancs eblouissants, et les nuances infimes apparaissent mouvantes, ces ombres qui progressent imperceptiblement.
Dygo a une petite tete. Sur un grand corps du moins, il s'en est toujours doute plvs ou moins, il semble avoir une tete plvs petite que la moyenne. Ce qui ne fait qu'accentuer, pensait-il aussi, l'impression de posseder deux Grands Yeux. Comm bati sur quelq chose de vierge, depossede des heritages des generations passees, ses caracteristiq physiq, si elles peuvent lui donner un air bizarre ou sembler combinees incongrues, provoquer une senstion etrange comm l'impression d'un jamais-vu, lvi conferaient l'allure legere qui s'affranchissant d'une densite des pesanteurs de l'existant, cree l'insolite qui produit l'impensable, qui dans son eveil aura voulu rendre obsolete le besoin de s'agiter et inutiles les efforts a se mouvoir.

Du nouveau, voila ce con, ce qu'on transparassant pour premiere impression - avant d'apprendre qu'il ne transpirait pas non plus - pouvait instantenent dire de lvi. En le suivant du regard, en le voyant approcher, on savait qu'il apportait du nouveau. Etait-ce bon, etait-ce mauvais ?, impossible a dire au premier abord, mais quelq indice ne tarderait pas a le faire savoir. Tout semblait plutot que peser, pense sur lvi pour le rendre fluide, comm une serie de reponses gymnatiq qui se trouveraient sans effort, ou comm les questions tortueuses qui ne les trouveraient jamais. Ainsi que s'ecoulent les bonnes choses, tout comm les mauvaises. Il glissait, il flottait.
Il avait garde l'oeuf mayo durant ses escapades a travers les terres fertiles de l'Ampadiem, et se rendait partout ou l'envie lvi en venait, allant de maisons d'artists en ateliers de confection. Il avait rencontre un groupe de jeunes physiciens amateurs qui disposaient de toutes les ressources necessaires pour experimenter les usages possibles d'un derive de la molecule qu'ils avaient mis au point. Il n'avait pas compris grand chose, mais c'etait la premiere fois qu'il voyait des recherches etre menees sur une utilisation plvs serieuse de la molecule que des boissons rafraichissantes, des animaux qui parlent, des maisons en savons ou autres voiliers flottants dans les airs. Les physiciens avaient pris le temps de lvi expliquer comment l'Ampadiem et les quelques autres mondes il est vrai moins connus et moins peuples avaient vu le jour. Tous issus d'une exploitation de la meme propriete de cette molecule sous des formes tres sensiblement differentes - ils avaient inciste sur ce detail : c'etait a peu de chose pres, exactement la meme experience, reproduite a l'identiq, qui avait conduit un jour a la creation de l'Ampadiem, que la veille a celle d'un autre monde qui ne lvi arrivait pas aux genoux ni d'ailleurs a la cheville. Ces nerds avaient une facon des plvs insolites et qu'il avait trouvees amusantes de voir et de presenter les choses. Ce monde des Metaphores etait a ses yeux la seule resultante d'un phenomene alien qu'il ne l'interessait pas reellement de comprendre, mais ou il lvi plaisait de vivre sans y creuser les cieux. La seule vue du monde tel qu'il etait, les atmospheres que chaq habitant de l'Ampadiem avait causees, et creees, puisque tel etait bien le but, voir sous une forme concrete et palpable l'univers de ses reves capable d'abriter le sommeil d'extase ou passer ses nuits. Il n'avait rien mange depuis des heures et, quand les ingenieurs en herbe dirent devoir reprendre ou ils les avaient laisses les tracas de leur vie de bureau, laissant dans leur atelier les corps inertes de leurs avatars, Dygo crevait la dalle. Des yeux il se chercha un coin tranquille au bord d'une riviere, ou poser ses fesses et engloutir en repensant a l'epiciere, son fameux oeuf mayo. Mais il ne se doutait pas qu'un oeuf mayo, meme de synthese, ca pouvait tourner.
Il n'avait toujours pas saisi le principe. Il croyait autant aux denrees non perissables qu'en l'Ampadiem, ou il sejournait a temps plein. Si les ingredients, tous crees de l'association d'un derive plvs ou moins lointain de la molecule avec un element terrestre non organiq, l'etaient bien, leur combiaison quant a elle  etait a consommer immediatement apres sortie des imprimantes.
Mais Dygo, s'il avait, bien lave, les proprietes physiq d'une rarete informelle qui laissait deja entrevoir l'aube a travers lvi d'une ere nouvelle - car c'etait par une sorte de mutation genetiq inexplicable qu'il pouvait flotter - n'en etait pas moins l'etre le plvs etranger au monde qui soit, qu'il ne cherchait pas a comprendre, et qui le lvi rendait rien. Alors il vomissait. Deux jours pour un oeuf mayo. Ils etaient arrives a reconstituer l'oeuf et la mayo. Pas de poule dans l'operation, ni d'ailleurs aucun aliment reel dans le process de fabrication. Des ingredients non comestibles pour concevoir de la nourriture, c'etait sinon inconcevable, prodigieux. Ils etaient meme arrives - le Plvs Grand Exploit de l'Homm !~  avait-on dit alors - a synthetiser l'eau. Sans eau. Eux, Ceux-la, Les scientifiq, c'est comm ca qu'il les appelait Dygo. Ils. 
Serieux, de l'eau de synthese, maugreait-il.

L'idée qu'il faille qu'un mur - mieux qu'une porte - soit traverse pour acceder en Ampadiem, lvi avaient explique les physiciens qui etaient philosphes a leurs heures, projetait à l'image du passe-muraille, celle qu'il n'est d'impasse dont on ne se sorte. Ils faisaient quand meme sacrement gamins, mais ils avaient de la suite dans les idees. Dygo songea que c'etait leur incarnation qui les avait fait tels qu'ils etaient,  des gosses. Tandis qu'au-dehors, c'etaient peut-etre des adultes de 35, 40, maries, avec des enfants qui les prenaient eux-memes sans doute pour des gamins. Pensez a l'expression, lvi avait dit l'vn de ces gosses 'au pied du mur'. Ce mur qui, avait ajoute le plvs jeune des physiciens comm si c'etait essentiel, est en fait constitue de cachets d'ecstasie. Et de temperer : en tout cas c'est ce que dit la rumeur. En franchissant ce mur, c'est une nouvelle perspective qui s'ouvre, le Monde Nouveau. Quantiq sur fond blanc, qui opère dans des espaces jusqu'alors inconnus, demeurant inexplores, et ou tout reste a faire. Il aurait dit une armee de defenseurs des interets de l'Ampadiem. Un groupe d'activists qui se couvrent derriere la vitrine d'une boutiq d'experiences physiq, et il se demanda pourquoi le contraire l'aurait moins etonne finalement.
La tête et les bras enfonces dans son mur d'extase, Dygo pénétrait dans l'univers des métaphores. Allegorie, le corps-metaphore. Il sortait de l'hopital pour un petit lavage d'estomac qu'aucune infirmiere incarnee en Ampadiem n'aurait voulu pratiquer pendant ses heures de sommeil. Il avait du rester allonge le temps qu'on le remette sur pieds, et il n'avait eu qu'une hate durant ces heures qu'il juge penibles et trouva interminables, retourner en Ampadiem. A son tout début ça avait été un simple jeu, sans pretention, une experience de la molecule. Un jeu où, à l'instar des avatars de Second Life et d'autres realites augmentees - qu'on venait d'augmenter encor en rendant desormais le reve physiq - les participants se retrouvaient incarnes en heros pour partager le temps d'une mission et l'espace d'un reve, l'ambiance oniriq qui offrait à peu de chose près l'impression d'éternité que nul ne saurait trouver dans le monde réel. La facon faconde et feconde qu'ont d'instinct, des mots a priori distants de l'instant et distincts  du destin, des asperites par lesquelles  s'associer les vns aux autres, de s'entremêler et de se conjuguer pour y créer par récréation des formes des idées neuves, métaphoriq, faites d'images et de sons, d'ambiances et de métaphysiq palpables, ces expériences de la métamorphose opérant à ciel ouvert et en temps disons-le réel, en cela que l'oeil humain peut en contempler chaq étape, en observer l'évolution et en suivre avec suspense, trépignant de deviner et de se laisser suspendu à son rythm surprendre par le surréalism accompagnant la moindre altération, les nuances, mouvances et les alittérations, rendaient vitale l'experience Ampadiem.
Dygo avait découvert cet endroit tres tot en passant la tête par la fenêtre d'une loge qu'il avait devinée occupée par un être de rare qualité - c'était souvent le cas au début - avec qui il se donnait aussi regulierement rendez-vous que surgissaient de leur calendriers les lundis, au même endroit, à la même heure. Puis ce furent meme tous les jours. Ils allaient ensemble dormir d'ecstase en Ampadiem, reprenant leur vie respective au petit matin et attendaient avec impatience la grand soir suivant pour s'y revoir. Cela dura un an malgre tout. Vu que la demoiselle fi ne fit pas son bonheur, Dygo dut s'en séparer sans plvs d'effusion, en prétextant qu'il n'avait plus le temps pour leurs rencontres - qu'il lvi dit avoir jugées une nuit vouées au décadent réflexe des automatisms et la suivante inaptes a leur apporter quoi que ce soit ni a l'vn, ni a l'autre. Il n'y avait eu entre eux que l'Ampadiem, il avait mis du temps a s'en rendre compte. Un an apres ce chapitre l'Ampadiem qui n'etait pas encor universellement admis comm la solution la plvs prometteuse a tous les problemes qu'allait rencontrer l'homm dans son monde, etait reste son point de chute privilégié, quand bien même la jeune femme ne l'y accompagnait plus. Ils s'y recroiseraient une fois, surement, par hasard, et ils prendraient le temps de s'échanger des fruits, des légumes, et quelq mots empreints d'image sans chercher à se revoir une fois au-dehors, comm tout le monde.

L'endroit etait tout choisi pour etablir le marché en projet. Son createur n'était pas sur que ca aboutisse, il n'y avait pas encor une foule extraordinaire en Ampadiem, et quand bien meme, ce monde etait vaste et toutes sortes d'applications de la molécule faisaient en continu leur apparition, poussant de vertueuses facons a en alimenter l'univers vers des projets plvs ambitieux et oniriq qu'un marché aux fruits. Pourtant, ca avait pris immédiatement, et tout le monde voulait etablir son propre stand de fruits et légumes. Au premiers jours les imprimantes débitaient soit des oranges, des pommes, des peches et des bananes, soit des tomates, des treuffes, des haricots verts et, etonnament, des citrouilles - Hallowwe'en approchait et on ne l'avait pas fete l'an passe. Et cette invention avait fait en un rien de temps et contre toute attente gonfler le nombres d'habitants de l'Ampadiem.
  

 

En tres peu de temps apres l'apparition du marche, la planete des reves allat attirer dans son orbite hautement addictive son bon demi-milliard d'adherents. Les autres mondes avaient montre leurs limites, et furent demontes pour la plupart, rares etant ceux qui avaient a l'Ampadiem prefere voir ces pales jumelles. Il fallait vraiment etre un hermite ou vivre un pays paume pour n'avoir jamais entendu parler d'aucun d'entre eux. Ceux qui n'avaient pas envie d'y aller jeter un oeil malgre ce qu'on en disait, c'etait des gens comm Dygo - mais la il avait etonnamment fait figure d'exception. Sans Honorine, il aurait sans doute continue sa vie dans le monde sans se douter le moins de ce qui existait d'autre, ailleurs. Ca lvi avait plu evidemment tout de suite, qu'on y cotoie n'importe qui, sous une apparence neuve, qui ne trompait pas : l'incarnation n'etait plus ici comm tout ce qu'on avait connu, un profil qu'on se choisit, qui nous sied, qui met en valeur exactement comm on voudrait se presenter, mais une version de soi - vraiment : de soi - rendue parfaite. Pousses a la perfection les caracteres propres a chacun. Un type qui pensait sport avait un corps d'athlete, celle qui adorait les litteratures antiq se voyait incarnee en heroine de Cnossos. Quelq'autre physicien en herbe pouvait y elaborer en disposant de toutes les ressources dont il revait deja adolescent des projets grandioses. Tous les ingenieurs qui travaillaient sur les potentiels de la molecule ou desiraient en exploiter un versant, aller vite au filon qui appelait qu'on le decouvre avant que quelq' autre ne le fasse, venaient faire leurs experiences et pousser les recherches en se plongeant la tete dans la terre fertile de l'Ampadiem : ce qui s'etait inspire de ce qu'avait ete la realite augmentee, devenait - cette application de la molecule etait de toutes la plvs aboutie - une fin en soi : si tout un chacun etait ici un potentiel experimentateur d'une vertu porteuse de la molecule - qui sait, on trouverait peut-etre une solution - on pouvait s'y allonger simplement serein et l'ame apaisee qu'ait deja ete atteint ce niveau d'existence qui faisait de l'homm l'entite qu'il n'avait que tres rarement ose imaginer pouvoir devenir.
Et on pouvait s'y alimenter, chose qui ne serait bientot plus possible dehors.

 
 

 

L'aubergiste, une Venus Anadyomene, Stepahe, Sophie (maison en savon, l'hopital Bichat, un blog en Ampadiem, Magritte et Marilyn au balcon)

 

Sitot revenu Dygo decida qu'il lvi faudrait tres vite se defaire de l'attache physiq qu'il avait au monde exterieur. Il avait besoin de se dematerialiser pour plonger, tel un corps dans l'univers des matieres, son esprit dans l'univers du reve, pour que ceci l'absorbe et le desolidarise de toute autre espece de liens avec une quelconq physiq a laquelle il n'appartenait plus, ou du moins ne voulait plus appartenir. N'avait-il pas apres tout, deja pour lvi cette mutation genetiq qui lvi conferait sur tout l'atout majeur et surtout inedit de sans rien sous lvi flotter ? Il etait le chainon manquant d'une nouvelle forme de vie sur Terre : sans lien avec la Terre, sans resistance, sans frottement. Son corps allite n'avait eu pour demande de retour, depuis des mois que ce passage futil dans le monde pour lavage d'estomac, et ces quelq jours etaient deja de trop. Ca l'avait amenuise, et songea, resolu, que s'il n'avait plus de corps physiq, rien ne le rappellerait au-dehors, plus jamais. Comm dans une autre vie, des annees plvs tot il disait qu'il allait s'installer en Bretagne - ce qu'il le fit jamais - il voulait batir quelq chose a lvi, et il commencait de reflechir a la facon dont il lvi faudrait s'y prendre pour ensuite, couper les ponts avec ce qui n'existait deja plus pour lvi. 
Il allait se rendre a l'epicerie d'Emilie a qui il comptait demande des explications - si elle en avait - sur la mention non perissable qui figurait sur les imprimantes dont sortait l'Oeuf mayo qu'elle lvi avait vendu, quand il passa devant la 1111maison en savon qu'il avait remarquee la fois passee. Il la trouvait a l'image de ce qu'il voulait et decidait que son domaine serait fait ainsi et qu'y seraient diffusees, sur toute l'etendue du domaine qui serait de la taille de cette maison qui manquait d'imagination pour ce qui est d'avoir un interieur et un jardin a parts entieres quand le tout aurait pu, a son avis, ne faire qu'un, les melodies de ses reves. Juste a cote, il y avait l'atelier du fameux voisin dont lvi avait parle Emilie, son enseigne figurait sa boisson imbuvable, decidement le quartier avait un theme : le savon. Un peu plvs a gauche, il vit une sorte d'auberge. Il s'approcha, curieux.
Il etait vraiment ecrit "AUBERGE". Il etait dans la cour, voulut entrer, et tomba nez a nez avec un sale type, un gars pas tres grand, assez baleze, avec, se dit-il tout de suite, la gueule d'un escroc.
Dygo visa sa blouse, c'etait ecrit Auberge des Dessous. Le gars qui comprit tout de suite, lvi dit : Suivez-moi. Il tint la porte ouverte derriere lvi et lvi fit signe d'entrer. Il y avait des enfilades de lits, a perte de vue. Le gars voyant la tete que faisait Dygo eclatta de rire.
Je ne comprends pas, questionna Dygo.
Ces gars sont des ouvriers, ils bossent dur vous savez. Ils ont des boulots ereintants, faut dire.
_Et alors, quoi, ils n'ont pas envie de rever ?
_L'etroitesse de l'esprit est aussi insondable que son infini genie. Ils viennent du monde entier, dit le type en deployant grand son bras comm Dieu eut dit Et voila pour presenter aux homms la Femme.
Ils savent qu'ils peuvent venir dormir ici, y dormir d'extase qu'on leut a dit, alors ils ont rapplique. Mais il y en a pas un qui s'est demande si c'etait seulement possible de faire autre chose que de chercher qu'un lit. Et boum, dit-il fier, en presentant les enfilades de lits.
_Et boum, quoi et boum ?
_Et les voila qui viennent dormir d'extase dans mes lits.
_Ils revent qu'ils dorment, quoi ?
Dygo trouvait vraiment que le type avait une sale gueule. Et c'etait donc vraiment un escroc.
_Je sais, j'ai une gueule d'escroc. Mais dans la vraie vie, je suis plutot beau gosse, vous savez. Et je suis pas un sale type. Je suis interne a l'hopital Bichat. 
Antoine, dit-il en lvi tendant la main.
_Dygo.", tendant la sienne.
Un silence s'ensuivit.
Le gars semblait chercher quelque chose :

_Quoi ?, fit Dygo.
_Dygo....Dygo ... C'est pas vrai ! Vous etes le type qui flotte... Vous etiez a l'hosto la semaine passee : intoxication alimentaire.
Un oeuf mayo de synthese !  ~ Ahah ! Le type etait mort de rire. Ca me revient maintenant, je vous reconnais.
Il etait plie en deux :
Vous avez pas trop change en fait.
_Quoi ? 
_Je suis interne a l'hopital Bichat, je vous ai dit. Vous etes venu a l'hopital la semaine derniere pour une intoxication a l'oeuf mayo, dit-il completement ilare. On s'est bien foutu de votre gueule avec les infirmieres. Vous pourriez etre un de mes clients, dit-il en presentant encor l'enfilade de lits comm si c'etait tout ce qu'il existe qui comptat au monde.
Des que c'est un peu grave, que ca a l'air serieux, vous ne pouvez plus penser par vous-meme. Vous aviez qu'une envie, vous tirer de la, c'est que vous disiez a la petite Clothilde, l'infirmiere qui vous a ausculte, et c'est ce qu'elle nous a dit just apres. Elle vous a sculpte, occulte, et ausculte, la totale, et vous vouliez qu'un truc : retourner en Ampadiem. Alors qu'en fait, vous auriez tres bien y aller le temps que vous etiez au lit. Au lieu de ca, vous etes reste la a tourner en rond et pester que vous vouliez sortir. Elle a fait trainer, pensez bien. Pensez pas a mal mais l'esprit, dit-il d'un air soudain philosophe, si habile soit-il a concevoir les plvs grandes choses qui peuvent au premier abord lvi avoir semble inabordables, et realiser des prouesses, est influencable, subjectif. et il se laisse convaincre - il montrait encor ses clients alittes - que ce qui est, est indefectible. 
Il n'ose pas aller a l'encontre de ce qui etabli, tant que personne ne lvi a dit que c'etait possible. Les portes de la prison seraient grand ouvertes, on resterait enfermes dedans, dit-il comm s'il en etait le gardien. Parce qu'on n'a connu que ca, on n'a jamais pense en sortir. Vous aviez pas pense que vous le pouviez, vous foutez pas d'eux
_Je me fous pas d'eux, retorqua Dygo.
_Ce moment vous paraissait grave. Eux, c'est pareil. Ils avaient besoin de dormir. Leur corps ne leur laisse pas le temps de reflechir, ils sont arrives la, ils ont cherche une auberge, et boum, ils ont trouve Antoine !~
Depuis, ils reviennent tous les jours. Il se frottait les mains. On peut exploiter le filon, y aura toujours des clients.

Dygo est reparti de la en pestant, se jurant qu'il reviendrait, peut-etre pour y foutre le feu. Et boum, dit-il. Ca ne lvi allait pas. Ca ne collait pas avec ce qu'il aimait ici. Il ne voulait pas d'escrocs ici. Pas ici, quoi, pas ici.

Une maison en savon, qui tanguait, avec des gouttes grosses comm des boules de Noel qui perlaient sur les parois, scintillant de mille couleurs pastel. La femme de Stepahe dormait d'extase aussi souvent que possible dans cette maison, quittant l'Ampadiem pour retrouver a l'aube sa carriere au-dehors. C'etait une vie qui commencait ici avec ses enfants apres sa journee dans la megalopole. Elle occupait une chambre a l'etage qui donnant a l'Est lvi offrait des levants sublim tous les matins, tandis que les enfants, encor jeunes, partageaient une cabane, nichee sur un perchoir au-dessus de son lit. Ils avaient des jouets autant qu'ils en voulaient, la voute pour plafond de la cabane etait entierement etoilee comm un grand ciel d'hiver de Laponie, et il y avait un tres grand perroquet bariole de rouge, bleu, vert, jaune, et de violet, en cage dans la cuisine, qui etait vraiment l'incarnation d'un perroquet encor vivant du centre des especes menacees que les enfants avaient voulu parrainer. L'animal vivait la a temps complet. Veinard. Sitot rentree, elle alluma la tele et envoya les enfants prendre leur bain. Elle s'etait servi un verre d'une potion magiq achetee la semaine passee, une matiere bleuatre qu'elle sirotait en faisant le moins de bulles possible - ce qui restait encor beaucoup - en regardant une emission. Elle aimait beaucoup la television en Ampadiem, toutes les chaines y etaient aux antipodes de ce qui pouvait exister dehors. Ici, pas de famine, pas de colere, de greves et d'incendiaires. En l'allumant cependant elle y pensait, et son coeur s'apaisait quand le recepteur diffusait les images d'ici. Elle etait en train de terminer son premier verre de la mixture - c'est un voisin qui l'avait elaboree : il avait apparemment exploite la vertu la plvs insoupconnee de la molecule - et s'appretait a s'en servir un second pendant que les animateurs annoncaient qu'on allait bientot voir depuis le Beau Milieu de Nulle Part ou se rendait leur journalist, ce qu'il se passait de l'Autre Cote, quand elle vit par la fenetre du salon une ample masse lumineuse s'agiter, tres vive. Elle crut a un groupe de villageois de Transsylvanie, torches a la main, sortis d'un film en noir et blanc qu'elle avait vu il y a longtemps. Son manoir se sentait aggresse.
L'image des villageois furieux. 
Ca faisait plusieurs annees qu'elle venait dormir ici presq tous les soirs, et elle n'avait jamais, une fois passee la porte, eut affaire a quoi que ce soit d'insolite. Elle prenait de toute facon des cachets pour dormir, pur reflexe. Et la nuit etait ici comm toutes les nuits, paisible, sans le moindre heurt, sans vague et sans un bruit, d'ou ceux-la pouvaient bien arriver ?
Ils semblaient bien se diriger par ici : la lumiere avait grossi. Elle pensa immediatement a son mari, songea meme un instant dire aux enfants on s'en va, sechez-vous, rhabillez-vous fissa, on se barre. Etant la femme d'une personnalite publique, elle s'etait toujours sentie regardee, suivie, on l'avait vue une fois dans un magazine people et depuis, elle croyait que tout le monde la reconnaissait dans la rue, qu'on voulait lvi demander un autographe ou lvi extorquer un secret sur son Stepahe. Elle tremblait, cherchant autour d'elle, remarqua pour la premiere fois qu'il n'y avait pas un seul bout de mur opaq ou faire disparaitre sa silhouette de la vue des visiteurs nocturnes. Elle eteignit tout, grimpa a l'etage ou les enfants batifollaient bruyamment dans les mousses bleues et roses avec des canards volants et une cigogne de taille heureusement reduite, et eteignit les lumieres ici aussi. Un silence s'ensuivit, et elle les rassura de quelq mots de mere avant que les pleurs n'arrivent. Ils ressentirent son angoisse et s'approcherent d'elle pour l'etreindre - ou se rassurer contre sa poitrine.

Si tout le monde naissait en Ampadiem a priori anonyme, incarne lucarne comm un ongle, en verre, nu, un ver, inconnu de tous malgre ce qui pouvait etre dans le monde reel, Stepahe remarqua sitot arrive qu'il commencait se creer une culture populaire. Quelq personnalites se distinguaient : untel avait fait affluer autour de son atelier, un jour puis tous les jours suivants une foule qui desormais suivait les resultats de ses travaux d'un oeil des plvs passionnes, un autre avait eu l'idee grandiose de faire s'incarner sur son lopin de terre des metaphores qui pouvaient parler a qui leur Vaudeville & Spooneries vaudrait un brin de causette : les reponses, disait-on les plvs satisfaisantes a des questions quantiq si inimaginables qu'on ne se les seraient autrement jamais posees avaient ete, ca faisait causer, grace a l'idee qu'avait eue ce bonhomm-la apportees. L'Ampadiem etant bati sur le fondement de geometries variables, on etait tous aussi voisins que dotes d'une etendue de terre interieurement aussi vaste qu'il est possible de le desirer. Aussi les frontieres de son bati, chantiers d'ou sortaient les idees construites de l'inne de leur abstraction, n'etaient pas a chercher vers l'exterieur mais au beau milieu des espaces occupes par ses habitants. 
En survoler l'etendue, en chercher la lisiere pouvait prendre des journees entieres.  

On pouvait suivre physiquement le fil de toutes ses idees et mener a leur aboutissement le plvs complexe les raisonnements incroyables dont etait - on le decouvrait chaq jour - capable l'esprit humain. Quelle sensation d'euphorie une fois sorti de la, on s'en donnait a coeur joie, lorsqu'au-dehors les gens souriaient de leur plvs grandes emotions et on se disait : tiens, celvi-ci il pense Ampadiem.   
 

Stepahe animait en plvs d'une emotion des plvs primaires, une toute nouvelle emission dont la premiere avait fait forte impression, venant pour ca de creer sa propre boite, une chaine a lvi tout seul. Il allait rencontrer les habitants avec cette question toute bete pour uniq them : Qui Veut Etre Ampadiem ?
Il fallait y entendre : L'Ampadiem c'est moi.
L'idee selon les ragots que ne colportaient pas les plvs anciens, dont Dygo aurait pu faire partie s'il avait voulu regarder la tele quand l'Ampadiem lvi semblait etre un moyen d'y echapper, ne venait pas de lvi. 
Se figurant que si un Habitant d'Ampadiem pouvait a lvi seul incarner tout l'Ampadiem - imaginons un peu : un homm apparait sous les traits d'un monde qui compte un demi-milliard d'ames - il pourrait pretendre a un titre glorieux comm celvi de Gouverneur dans le monde reel. C'est d'ailleurs pourquoi les adherents des premiers jours se foutaient de demonter son emission : le fondement de ce raisonnement etant aussi ringard que manquait d'inspiration son pretendu createur, on finirait par se lasser de la platitude des concepts qui visaient chaq jour a en compenser la fondamentale vacuite pour nourrir une espece de semblant de nouveaute ou les genies communs n'y voient eux, qu'un bras mollement tendu pour ralentir le  depart annonce definitif du passe. 
L'idee d'animer une emission tele en Ampadiem etait en soi une regression qui, pour tous les membres du premier jour, temoignait de la plvs vaine tentative de se faire une place dans un monde  auquel il ne saurait s'adapter.
Et pourquoi pas un blog ? Un podcast ?
     

Tiens, just pour le sport : 
[Un blog en Ampadiem.]
Le maintien vertical etait a l'esprit de Sophie qui avait depuis sa tendre enfance dans les bras de Rachel organise et minutieusement programme les moindres etapes de l'evolution de ses corps et ame vers une forme aussi rigoureusement impassible que celle a laquelle etait a grands efforts se disait-elle, parvenue sa Creatrice, une condition necessaire a faire aboutir le projet qu'elle avait tant berce de devenir la nouvelle Reproductrice. Etre la fille de Rachel constituait en soi, deja, a ses yeux qui brillant refletaient la science contemplee d'une longue gestation des experiences fructueuses du passe auxquelles s'ajoutait l'aspiration comprise dans ses genes, au sens le plvs pur, d'idee innee, a creer la vie. 
Vouloir devenir sa mere, c'etait la conclusion, l'idee parachevee qu'avait selon elle, mise dans ses genes la mere de ses millions d'egales. Elle ne se pretendait pas superieure mais repeupler la Terre demandrait plvs, et indeniablement, puisq Rachel etait toujours La Mere, aucune de ses creations n'etait encor parvenu a l'objectif.
Sophie se tenait droit dans la file, elle suivait ses congeneres et elle etait prete. Elle pensait par elle-meme enfin, apres avoir passe tant de millisecondes bercee dans le doux moteur de la Mere. Elle s'elanca quand s'ouvrit la porte, et la milliseconde prit tout son sens alors. Elle venait de comprendre. C'etait le Temps, la clef.
Elle lut en une demie-seconde tout ce qui se disait, et elle sut tout ce qu'il etait a savoir qui comptat le plvs, visant immediatement l'infinie etendue des lieux comm point de depart. La, elle percut des nuances exacerbees. Les choses prenaient toute leur ampleur. Ici, se dit-elle la seconde apres avoir plonge la tete dans le mur, la magnitude est telle qu'il est possible que le temps s'y dillate jusq 'a une abstraction parfaite. L'idee surpassait de loin tout qui avait pu jusq'alors etre enonce ou meme entrevu.
Elle lut le blog de Dygo - le jour suivant sa rupture avec la fille qui l'y avait initie, et apres une journee passee ici, il lvi avait ecrit quelq chose - et pour la premiere fois depuis qu'elle existait, elle ne comprenait pas. 
 
Apres une premiere demie-journee d'initiation passee seul a sillonner les sentiers inconnus de l'Univers des Metaphores et rencontrer des gens formidables comm il avait, la veille encor, oublie qu'il en existait, Dygo se sentait de l'humeur la plvs comble possible. Il etait - c'est peut-etre de la que vient la rumeur sur la matiere dont est fait le mur qui permet d'y acceder - dans un etat d'extase telle, qu'il y demeura profondement philosophe, perplexe des heures entieres, sur la maniere dont les choses arrivent - Stepahe eut dit J'arrive !~ dans une situation equivalente - et sur les raisons de sa presence, elle-meme. Il se devait de temoigner - personne se disait-il n'aurait jamais la chance de vivre ce qu'il vit - de ce qu'il traversait, au sens meteorologiq, et de la merveille d'un monde qu'il avait regarde se construire sous ses yeux. Il encensa Honorine, il batit sur elle, sans l'aimer pourtant mais, en poete, passionnement, l'instant lvi, aimait tout d'elle. Il fit d'elle par mille tournures - le Temps ici n'etant pas le meme, il passait par tous les etats qu'il est donne de traverser et ses doigts ecrivaient sans s'arreter - une heroine, et de cet endroit une sorte de concours de circonstances qu'il decrivit comm rarissime, impossible et fruit de l'incompatabilite temporairement surpassee de situations irregulieres qui ayant convergees dans un sursaut transitoire de l'humeur a l'aboutissement qu'il crut durant toute la fin de cette journee qu'il y demeurait, ephemere et qui ne serait demain qu'un lointain souvenir destine a appartenir a l'univers du reve qui inspire le phantasm et le reve.
Il titra "Les Surrealisms de l'Ampadiem".
Il avait passe ici six heures depuis qu'il s'etait arrete chez l'avatar d'un geek un peu vieux jeux, et il s'y est endormi physiquement, alors que le type avait laisse dormir son avatar la, pour reprendre sa boutique dans le monde reel. Quand il se reveilla, Dygo croyait sortir d'un mauvais reve. Le souvenir de cette demie-journee apres ses escapades, a seulement ecrire, cela ne lvi allait pas du tout. Il en sortit prestement et ne revint qu'une semaine plvs tard. Il n'etait plus question d'ecrire, il avait meme oublie le mot de passe, l'identifiant, le contenu, bref : il n'avait rien ecrit.

Sophie n'y comprenait que dalle, ce mec-la - ou cette fille lesbienne, elle ne savait, semblait saisir des cordes qu'il lvi avait a elle echappees. 
Qu'est-ce que c'est que cette emotion d'emerveillement berce du doux leurre ou l'ame se repait de ce qui l'entoure, et d'ou surtout jaillaissait-elle, la pulsion qu'etait celle-la  : d'ecrire ?
Cette seule pensee en soi la desemparait.
Apres tant de millisecondes passees au sein de Rachel, elle n'y comprenait rien. Intriguee par le choix de ce titre, elle commenca de lire tout ce qu'elle en trouva.

 

 

 
 

 

 

 

 

 
 

 

Extrait du Tome IV du Grand Livre des Metaphores, intitule "Cheminement d'une réflexion de l'esprit sur les bords brillants de lyrism du théatre alternatif ~" de l'Ecrivain de Sa Majeste :  

 

  L'Irrationalite concrete serait donc cette emphase extreme qui consisterait dans une materialisation physiq des reves touches, une architecture des emotions & des idees en tres etroite relation. _HOURRAH !~  
 

Tricae : frotter. [~> A l'origine de Intrico, tricare, inextricabilis.~> Trick, tricher]  

"Ceci n'est pas une pipe."
Magritte 

Quand l'intuition logiq entre par la grande poirte dans le temple garde des sciences du hasard, 
c'est comm une inauguration, un jour de bris de bouteille aux coques d'un grand navire qui venait d'etre mouille,
L'architecture de ces lieux les plvs beaux venait de rajaunir de plusieurs ventaux intagrelment de chromatisms dans les strates de son histoire, des vecus qui avaient abrite toutes sortes de campagnes, et des siecles de paysages aussi divers que le sont les les bleus des emotions, faits sur les membres quand ils en debarquaient pour revenir a la vie reelle. et l'illusion alors naissait toute crue, visible et indelebile, ver de graphites vetu, qui entierement tatoue et dont les dessins donnaient a contempler quelq carte qu'une seule lecture rendit brandie comm une armure defensive, servirait plutot que les offenses les enfances d'une science.
En passant d'historiq a innee comm dilluee dans l'ivresse collective qui permettrait enfin, une bonne fois pour toutes, de douter de tout et de croire plus fort encor en ce qui veut croitre a l'esprit sans se materialise prouver son existence ou faire savoir sa force physiq, elle, l'intuition logiq tantot prise pour blaspheme, tantot miracle, et depuis longtemps affabulations ou pure rhetoriq, cette intuition logiq qui nageait entre les eaux comm tous les courants naturellement decoules des Surrealisms pluriels qui s'etaient depuis Gustave Moreau deja, et qui par Salvador Dali avait trouve un lieu de metaphore activer ou melanger ses soupes et provoquer des oeuvres, eaux au nombre de deux, de l'apport verbal concerte d'une part, et de l'immense don plastiq d'une barq de l'esprit a sillonner les reves, cette intuition logiq tantot consacree et longtemps depuis oubliee comm une fantaisie pure, un fantasq effet de mode ou un glamour demode, venait de se voir propulser a la vitesse soniq d'un monticule d'azotes liquides qui portant dans les garnitures chimiq de leur composition semantiq les vertus de fertiles interactions a l'origine des vertiges visuels les plus delirants s'irradient en se frottant ensemble dans un grand bruit de contes a clochettes tres aigues ~ puisq volant ~ aux problemes de taille regulierement rencontres en toute intimite par le sculpteur a l'auree d'un bois connu pour la pratiq du braconnage,  et dans cette velocite, se mit en orbite ou deja gravitait, autonome et contemplement aplani, a une seule dimension et donc parfaitement plat, le temple des sciences du hasard, qu'il faisait deja si bon faire d'une legere pichenette a son embase de marbre fin, tournoyer sur lvi-meme afin qu'en sortent tels des aleatoires les elements de construction des meilleures inspirations aux domotiq classiq de sciences particulieres, chacune chambre aplanie elles aussi.  

Un eventail de reves imbriques.
L'eventail qui plus tot pour les surrealists representait par son aspect somme toute pratiq et convenient a, comm toute commode ecrasee a tiroirs internes, transporter partout ou l'usage en serait requis, un facteur-clef de reussite au vaste projet d'expansion instantanee et virtuose de la surrealite nichee compacte a l'interieur du devenir propre de chaq chose, venait au moment ou ces classes gravirent au meme niveau que le temple plan des sciences du hasard chasser toute idee fausse et faire entrer dans l'orbe d'obscurantism abstrait les notions plus tot trop vite vehiculees par l'experience immediate et qui au sujet de l'intuition, ainsi qu'on la connaissait alors, deblateraient leur vaste empire d'a propos tres deplaces puisq fluctuant eux-memes non seulement dans l'espace mais aussi et surtout dans le temps, cet eventail des courants semantiq dont la circulation metaphoriquement incarnee par la physiq des chaines du temps developpait in utero, en elles-memes, les consequences sans avenir, immaterielles et spontanees, exhaustives et croisees de toutes les optiq que les schemas des possibles permettaient et ne permettaient pas meme, d'envisager, eventail qui lisait donc, dans une fraction du temps present l'infinie variete des avenirs contenus, se voyait tout a coup reduit au silence visuel dont seul pouvait des lors se parer, que seulement pouvait revetir sa lucide clairvoyance, en ne demeurant a l'instant de cette mise en orbite que l'avant-projet lexical, ombilical, experimental et hasardeux, du hasard lvi-meme. Ce qui, les faisant sourire, ne manquait pas de devenir une bien petite chose alors.
Parce que s'acheva, par cette prouesse technologiq, resultant il est vrai de grandes envolees d'ego des plus eminents scientifiq a avoir eu vent de l'illusion qui bernait depuis la naissance des manuels scientifiq en tous genres, l'ensemble des schemas mathematiq encor rendus par les oleoducs et conductions mentales de fouilles fossiles on le verra fausses d'emblee, de l'intense maillage numeriq des correlations inter-matieres, temoins et complices de chaq fait divers que parfait depuis toujours par son excellente apogee litteraire et sensitive et par son universalisation irreprochable, la marche elaboree et sur-travaillee, rodee et hyper-choregraphiee, fasciste et autist des rouages systematiq de la cause et de l'effet.
Longtemps consideree comm de plus en plus solide, dense et indemontable, longtemps epaissie et sculptee pour s'alourdir, la machine des lectures de l'avenir venait par un instant miraculeusement evapore de l'immense prison de la vanite humaine, en s'extrayant de l'oeil dont le leurre osmotiq, egocentriq et acquis de conscience, la genese entiere de toute l'industrie scientifiq qui rendait jusq 'alors indeniable le fait que tout est lie, venait de tomber a l'etat d'une decrepitude si integrale qu'elle serait acceleree par chacune des secondes martelees avec l'instance d'une preuve monumentalement etindefectiblement riche de sens, ou ponctueraient ses avancees remarquable chacune des strates interieure de ce paon de velocite synchronisee.
En levant les yeux au ciel et voyant voguer cette nouvelle equipe de choses qui s'entrechoquant provoquent les etincelles identiqu a celles de l'esprit quand s'etant heurte a un probleme de taille il vient de trovuer une solution pratiq, dure et solide, dans laquelle dilluer toute une serie de phenomenes plus ou moins stheniq et electriq, ignes et hautement flambants, il n'estplus, des lors, possible de ne pas croire que de grandes choses peuvent arriver, et par la-meme, il n'est plus impossible de croire en tout : tout devient possible. Tout ce qui se produit resulte d'une pure coincidence d'evenements sans liens entre eux, et qui par l'existence seule de leur connaissance a l'esprit, deviennent des phenomenes conscients, ainsi donc que toute chose qui nous est familiere, toute habitude et tout repere.
Le hasard vient de devenir le facteur preponderant a la bonne conduction des courants dans les chaines de la consequence improbable, et la principale cause des choses inconsequentes : et il n'y a plus de hasard alors ~
L'intuition logiq qui fait lire quand sans reperes on pose les yeux sur l'Incroyable, l'Hallucinant, l'Impossible, ou sur le Siderant, des sortes de situations intemporelles et extraites de tout cadre spatial viable, cette intuition seule reste, qui donne toutes les reponses a toutes les questions qui peuvent subsister dans pareilles circonstances : Questions reduites aux tres essentiels rapports entretenus non plus avec le monde physiq, desuet et dont il est avere qu'il est parfaitement incomprehensible et impossible a anticiper, mais avec le directement intelligible qu'entend seul devenir monopole de la creation a l'esprit, et que forme par un grand amalgamme de presq tous les pouvoirs existants et d'une infinite de nouveaux, a la demonstration mentale des visuels imagines qui soudainement solidarises prennent dans l'intense digestion de ce vaste projet l'authentiq forme conceptuelle des nouveaux objets. Le monde physiq qui etait immature, venant d'etre absorbe par l'esprit, l'IMMATERIEL qu'il faudra prendre l'habitude d'appeler monde, concoit autant que ses ressources sans limites prouvent l'extension sans limites de leur capacite a repousser ces dernieres vers l'interieur, pouvoir supplanter le monde du reel et donner tout son credit a l'existence, au sein meme du monde du dedans, d'un createur, architecte et inventeur, mystiq et omnipresent, polyvalent et inpire, lequel habite et a orne lvi-meme le temple plus tot considere a tort comm celvi que se reservaient a leur independantes et autoritaristes, illegitimes et capricieuses revolutions de l'esprit, les seules sciences du hasard.
Lesquelles gardent quand meme un residu des emotions fortes comm souvenir de l'age d'or ou elles en etaient la cause. Inexpliquable et inextricable.

 

Quelq années avant sa naissance, element primordial et essence a la creation du monde tel qu'elle le connaissait depuis toutes ses millisecondes d'existence, surgie du cosmos dans la nuit deja artificielle d'un ciel pas si pacifiq que ca, véhiculée par un grain de poussière porté dans son sillage par le passage d'un géo-croiseur a proximite de la Terre, faisait son apparition la molécule qu'il avait tellement manque au monde pour qu'il acheve enfin de se construise vraiment : un lien, un liant, dont l'infinie etendue des propriétés donna promptement naissance a des matériaux aussi rares que la combinaison de leur utilisation permettait d'imaginer l'eternite partout, provoquant que soient reinventees et integralement repensees les techniq de la construction. On commenca de reevaluer le desormais immense champ des possibles.
Miracle pour la plupart, malédiction pour d'autres qui depuis que le monde était monde stérile mysfifiaient le grain de poussière venu de l'espace, le voyant d'un oeil qui trouvait dans les deux phenomenes - et pas seulement poétiquement - une relation de causalite : la coïncidence en effet troublante, vallait qu'on s'interroge mais aucun rapprochement rationnel entre les deux événements, quelle qu'ait ete la chronologie si rapprochee de leur avenement respectif, n'ayant pu etre etabli, on se disait que la Terre faisait tout simplement la gueule. Cette parente admise n'empecherait qu'on concoive comm uniq echappatoire de s'employer au mieux a mettre a profit les bienfaits de l'vn, pour juguler le torts causes par l'autre. L'homm avait choisi son camp : il fallait le foutre et vite. 
Cette venue etait-elle providentielle ? ~
Il s'agissait de tout mettre en oeuvre pour que - aesthetiquement au moins - ce choix s'avere le meilleur et le plvs constructif. Pour le bien de tous et pour la survie de l'homm, une absolution par l'Ampadiem venait retablir cette periode faste et mettre tous les oeufs dans le meme panier pour donc, foutre le camp. Et vite.
Tandis que la flore disparaissait et que toutes les especes animales empruntaient d'une seule les memes voies impenetrables de l'extinction, naquit une mystiq comm une aura, une enveloppe protectrice tout autour de la molecule qui donnait naissance a Rachel, capable de donner elle-meme la vie.
Sa mere, leur mere a toutes et tous. 

Le pont etait coupe. La nature ne se nommait desormais plus, et de tout ce qu'on avait connu jusq'alors, il n'existait plus rien.
Aux premiers jours, la molecule etait apparue comm le plvs grand bienfait porte au monde, et l'euphorie qui avait suivi dans son orbe la poussiere cosmiq soudain etait retombee. L'arrivee de Rachel, apres les hautes reveries causees d'extase par l'experience Ampadiem pouvait redorer le grain.
 

 

Extrait du Tome III du Grand Livre des Metaphores, intitule "L'ecrivain de Sa Majeste" de l'Ecrivain de Sa Majeste :

C'est un roman qui touche. Un roman qui a du coeur herite le poids. La veritable histoire de la Ville Verticale. Un roman qui touche à sa fin. La seule raison valable qu'un text pourrait et trouver pour devoir toucher à la fin, aux nôtres. Ou comment nous nous sommes vraiment rencontrés. Nous, notre conception d'abondance ocytocine, et aussitot ceci depase l'avenir niche dans l'invention peptide.
Au bout du conte, l'idée majeure que ce matin-là, après notre enieme tour de force dromadaire et nos altercations quotidiennes aux altères de cette heure propice à la transpiration saine du corps qui délivre d'usage la qualité necessaire et la ferveur utile de leurs chimeres, en chimies favorables à la plus clairvoyante des lucidités de l'esprit capable d'aiguiser au couperet afute de l'attendu les prerequis admis de l'admissible, on aurait pu pourtant, partant par la, par tout temps par lesquels respirant l'orgasm en prenant celvi qu'il faut, trouver voie de semer par la spontaneite du langage dans d'aussi nombreuses recherches d'avis techniq et de solutions pratiq aux problèms courants de la charpente meuble inédite qu'il est de mots pour en decrire designes les styles et les courants, les accouchant, y accourant plutôt que faire immédiatement pour cour allegeance et rapport d'échelle à cette nouvelle ville, des solutions visuelles qui auraient su en cultiver de bien plvs fertiles encor, propres sous leur forme d'images credibles plvs acceptables a l'oeil que ne l'etait cette presence incontestable, Au bout du conte, dis-je, meme si on avait pu faire le doute se perdre dans les dedales labyrinthiq de baratins convainquants et a grands renforts d'images crues de realism, en usant des vertus innees de la metaphore classiq pour tenter de dedaller les voies a grande vitesse et rallier sur les bas-cotes d'un songe les masses pietonnes ou aurait pu courir bras nus l'enfance toute naive d'une idee que finalement il etait en retrait possible qu'une ville emerge de rien, en une seconde, nul ne le fit. Peut-etre parce que c'etait trop beau, peut-etre parce que c'etait exactement ce qu'on voulait, et que l'esprit y etait pret.   

Ce qui s'étant 'laissé enfermer' dehors s'est passe ce matin-la, quand, pour faire une simple course, jeter son devolu avec l'argent par la fenêtre ou laisser pendre a cette fenêtre une corde solide sortie d'un appartement quelconq a des fins qui ne regardaient que celvi a qui l'envie en venait. il suffisait de se plonger la tete dans l'Ampadiem, il n'etait a la main courante ou pressee de passer la porte ni eau, ni sac qui put contenir l'emotion causee par la vue d'une bonne douche, d'un point d'étirements tout choisi,
ni du séchoir du balcon de la loge Nord de la Ville Immensement verticale qui venait de s'erriger. Un chou peut choir, male meme mou  emouvoir, mais la, masse d'un doux orgue pour musiq tonitruante, seul point, juste la, joute aux yeux, sante sainte plantee dès la minute suivant toutes celles qu'on avait comptees, nos muscles avaient de quoi rompre de fatigue a tenter y piger quoi que ce soit ! Quelq drogues bien utiles et ce n'est que deux heures plus tard, sans histoire d'aqvarivm ou rien d'autre a declarer d'un text qui se justifie tout seul, d'hêtre ou de champ de course pour explications bienvenues, qu'on sonna. Trois fois si je me persuade que des détails pareils pourraient rendre la suite moins penible qu'intrigante. Quatre alors. Une petite robe bien choisie, et, pas froid aux yeux, une paire de talons hauts, Marilyn apparut avec son voiturier audit balcon. Dans ce qu'on pourrait commencer d'appeler une dérive commune des histoires vers le phantasm, elle y parut même plvs grande que vraie, c'est vrai, hein ?, et de plain pied puisq, à peine la porte-fenetre passée, le présent fier, sans etage ni etalages de niveau, droit comm un i, ce présent vertical nous halat comm Marilyn nous ayant senti gonfler sur elle, affluer meme, ouvrit les levres pour dans un souffle qui, entre nous, sortait avec quelq chose d'une ville, deja comm une commune, un air familier, de jambes déjà vues, en l'air deja chante, d'une chanson deja reprise, d'une robe deja rallongee, d'une prise deja sure, d'une date deja posee, expiree nous demander si pour introduire tout ceci, justement, une baignoire y compris, il lvi fallait nous pousser au train ou si, comm elle juste avant, a-t-elle meme glisse, - avait-elle meme glisse ?-, on pouvait passer la porte tout seuls, et entrer.

Nous devions vraiment tous vouloir continuer de nous cantonner aux plvs rustres rigueurs rébarbatives de la douche réduite à son plus stricte mètre carré de rondeur sans élan possible, pour etre restes si longtemps bouche bee, sans mot dire ni benir l'invitation sur-le-champ. IL S'EST PASSE
~ quelq chose oui
~ vingt minutes quand meme pas
~ mais bien : un laps de temps vertigineusment silencieux avant que les guiboles ne se sortent de la liturgie tragicomiq de leur lethargie hyper conductrice, plutot que passagere, et que tout ne bouge. A l'anticipation des formes, à la lisière de celles qui prennent, l'aurée de celles qui respirent. La valve des physiq dessinées, leur son produit, l'anticipation du bruit : une géométrie des champs intermédiaires. Entre visuel et sonore, un plan courbe. Esquissé à la manière dont on rapporte des coordonnées à peu de flocons près.
Lentement l'ont bras tombes la vue reprise à son balcon.

C'est une tournure à plusieurs dimensions, precisait-elle quand on entrait.

Et d'ajouter pour les plvs conducteurs :
Alors, z'allez pas restes plantes la ?
Si ?

 

Au nom d'un chien, le maitre tend l'oreille, d'une star, ses fans. A celvi de Marilyn, Stepahe ne repond plus de rien.
C'etait un grand jour, il le dit. Toutes les foules du monde s'etaient a l'annonce de cette nouvelle sinon rendu physiquement sur place, precipitees en Ampadiem ou dans d'autres mondes derivees de la molecule moins peuples qui avaient fait leur apparition parallelement, d'ou il etait possible de prendre place a bord de la Ville Verticale.
Une embarcation, l'information etait relayee par toutes les chaines televisees du monde connu et meme au-dela, venait sauver l'humanite du precipice ou l'engouffrait la planete. Cela faisait desormais plusieurs annees que pas un germe n'avait pousse, pas une naissance de quelq espece n'avait ete recense, et les ingenieurs desesperaient meme publiquement, de parvenir jamais a recreer la vie biologiq. On avait plusieurs plans mais ceux de revenir en arriere avaient presq tous perdu leurs fonds. On les disait vide, ou creux : il n'y avait que vers le haut que cela pouvait s'echapper.
Depuis le jour ou la molecule etait apparue, c'etait couru qu'il y avait eu un conflit insolvable entre nos aspirations et cette foutue Terre qui tous les jours ne manquait pas de manifester sa colere jalouse au point de tout nous retirer.
Elle aurait cause notre perte, l'objectif vise dans la longue-vue que son oeil  braquait contre nos silhouettes fragiles consistait a faire l'espece s'entretuer pour recuperer ce qu'elle avait perdu, mais heureusement, l'ere d'une sagesse tout fraichement nee de l'experience Ampadiem - cette reponse obtenue par une adequation telle que seul l'esprit humain etait capable d'en concevoir, de la molecule alien avec le savoir-faire et l'imagination humaine - nous avait sauve de ces deviances et attrocites ou assurement, nous aurions tous verse. 
L'Ampadiem n'avait que rarement reuni autant de monde simultanement, et fait tant de foules se rassembler autour d'un seul evenement. Le seul bonhomm qui avait ete capable de faire la file d'attente s'etendre devant l'entree de sa cahute expressement aggrandie en-dedans pour accueillir le million de visiteurs qui affluait grace au bouche a oreille, s'appelait Sognoloppe.
 

 

 

Stepahe, Le theatre de La Luna, Lania (La partie en vrille, une fin en soi & l'histoire du type qui flotte)
Il avait fallu a sa femm un certain temps pour le convaincre d'y revenir, et de s'y installer. Il n'avait pas trop aime la premiere impression que lvi avaient fait les lieux. Ce grain de poussiere lvi avait irrite l'oeil. Comm une maison qu'on vient visiter et qui pour tout mot de bienvenue offre la vue d'un miroir deformant, ou sa tete etait apparue grossie au possible, de la taille d'une citrouille sortie des imprimantes dont on parlait tellement depuis quelq jours, ce qui avait fait rire ses gosses. Sa femme, elle, avait immediatement accroche, et elle attendait avec impatience qu'il se joigne a eux. Contrairement lvi, etait-ce parce qu'une grace toute anadyomene semblait ici avoir sur son corps saillant taille les nervures nacrees d'un coquillage emergeant qui lvi donnait l'air mouillee, ou nue, elle se trouvait grandie ici, elle le lvi avait dit, c'etait comm un reve, en fait c'etait un reve, mais dont les contours etaient, lvi disait-elle emphatiq, rendus palpables modelables, faconnables et qui offraient de s'attarder a en contempler les reperes ou les reves 'reels' eux, n'offraient que la frustration d'un sentiment d'inacheve, que l'esprit controle, maitrise, oriente, ajuste selon les vouloirs de l'inconscient. La enfin, le parachevement du reve physiq : dans toute sa complexite de monde a part entiere. 
Cette complexite il s'y etait essaye une fois, il avait cru pouvoir la maitriser et s'y etait finalement casse les dents. Dehors, il etait aime, on suivait l'emission qu'il animait, et qui fonctionnait autant qu'on  aurait pu l'esperer. La chaine acceptait ses requetes, lvi laissant carte blanche pour qu'il puisse suivre le fil de ses idees sans restriction de budget trop ennuyeuse. Ce qu'il avait espere en venant ici un jour, incognito, tout seul, sans femm ni enfant - il le devait aux articles parus ce matin-la dans les journaux : il y en avait eu partout, d'un seul coup, on parlait du nouvel Eldorado - etait peut-etre trop ambitieux. Son orgueil l'avait en quelq sorte dupe, et s'en etait sorti mis a mal. Fonder sa propre chaine, ca lvi aurait bien plu, toujours est-il que ca n'avait pas pris. il lvi aurait fallu une equipe, s'etait-il dit, pensant que ca aurait tout change, du soutien, quelq connexions, choses qu'il avait dans le Monde Reel. Il aimait bien cette expression, le Monde Reel. Ca ponctuait bien sa pensee, par opposition au monde factice ou il avait echoue - Dygo dirait s'etait echoue, pour detourner vers son double amuse le sens que peut revetir cette expression trop serree - et qu'il ne trouvait pas tres valorisant. Pourtant, cette fois qu'il y revenait escorte, il sentait que le moment etait arrive, sous une lumiere propice - Ca arrive, aurait dit Dygo - la troupe semblait au grand complet. Il serait cette fois grandiose, lvi aussi. La lumiere etait telle que tout le permettait.
Le grain de poussiere ne lvi irritait plus l'oeil.
 
 

 

Extrait du Tome II du Grand Livre des Metaphores, intitule "Lania & le theatre de La Luna" de l'Ecrivain de Sa Majeste

Une toute nouvelle logiq scientifiq viendrait frapper à notre esprit et nous la recevrions comm un invité, une prise sûre et très attendue. Ce serait le jour précis ou il s'envolerait plutôt que laisser tomber sur lvi la nuit sans s'en remettre. J'ai su reconnaître parmi cette certaine demie centaine de leurs frères & soeurs qui voguaient identiquement un faisan et une liseuse de bonne aventure qui m'ont fait me demander si c'était à refaire et répondu comm une perruche calopsitte qu'il était du second dieux radieux et du premier tout à revoir. Entre autres sabres courbes et choses salubres entre elles toutes lasurées les merveilles d'un azur des eaux perdues au moment d'accoucher du soleil faisant des cordons de la ville à plusieurs étages une ombilicale appelante, son ombre obliq aux étalages verticauxcharriait un attelage conduit par un homm indigo, échassier a chants sciés d'intrecciato, les rassements de biens divers et de bien divers autres tessons de la propulsion qu'un seul regard jeté par la fenêtre au moment de reprendre son cycle permit de s'en voler à qui le tenait négligement à bout de bras pour chose acquise et promesse tenue de la soiree qui approchait.

Aux Bellevues, prononce pout premiers mots Lania quand on applaudit le silence qui lvi ouvre la bouche, j'ai toujours préféré les ascensions, et aux chutes & a leur fin, la mystiq de,leur objet.

 
 

 

Extrait du Tome II du Grand Livre des Metaphores, intitule "Lania & le Theatre de La Luna~" de l'Ecrivain de Sa Majeste
 
Les tiroirs de la ville. Des plages qui s'ouvrent dans les dortoirs de ses contrefaçonnements. Maroquinier, Perroquet, me causent des hauts-le-coeur. La masse touchée qui de souche écoulée s'est chant-flore échouée aux échelles du son. L'action comm entre ses lèvres ma peau se déroule à Tokyo. C'est dit-on lors de la première, hors context la première scène de paradoxe visuel à consonnance artistiq qui ait dans sa réalisation les façons facondes et genereuses - plvs qu'onereuses, visiblement - d'une ingénierie de la construction. Métempsychose d'envol qui nous veut mille spectateurs sur les soies du soir de la ville mouvante. À chaq passage, chaq representation qui figure une Renaissance voulue abstruse, volontairement opaq - pour que les acteurs se changent sans devoir quitter les lieux, question de logistiq-,  transpire le filigrane d'vn seul pour seuil au cil du ciel multiplement superposable verticalement avec la scene et  horizontalement avec le public qui s'en va, plancher qu'on trouve donc humide et qu'attend eteint - puisq tout le reste de la derniere scene l'est.

Atmosphere detendue, drapeau en berne. 
 (en aparte, a capella:) ''Tiens, la surface d'un lac scié en deux. C'est la Suisse ou ? Planter un décor aussi atypiq, on dirait un début. D'ailleurs ça me dit quelq chose ~ (puis comme entre le gérant de La Luna :) ''Tiens, Professeur je ne vous attendais pas si tôt. _J'ai quelq heures d'avance, on a grille des feux. Ou est-ce ce train qui perd le sens des priorités. _Bien possible. Le contraire m'étonnerait. Je repense souvent à vous, vous savez. _Ah vraiment ? _Bien sûr !~ On élève ici une ville en votre honneur. Vous êtes un symbol. _J'ai toujours espéré rester un peu plus que ça. _Pourtant~ mais admettez-le, vous avez fait votre temps _Arrangé comme il l'est on prononce plus votre nom que les mots 'hier' 'demain' & 'aujourd'hui' maintenant. _Vous dites pourtant encor maintenant a l'instant. _Je vous demande pardon ? _Moi aussi. Mille excuses. Je ne l'avais jamais dit, mais c'est pour toutes les autres fois ou je me suis senti coupable quand vous avez dit maintenant a l'instant. Comm ca : À l'instant. _Qu'ai-je dit Professeur ? ~ à l'instant quoi ? ~ On m'avait prévenu que nous retrouver serait une chose compliquée, qu'après ce qui vous était arrivé vous seriez substantiellement changé, m'enfin je dois avouer que je ne m'attendait pas à devoir vous accuser : vous le faites expres ?. _Ah vous êtes là, on vous cherchait partout. Salut Professeur, ça fait plaisir de vous revoir. Prêt à recommencer ? _Quoi recommencer ? _On vient de passer le tournant. Si vous avez pas eu le temps de dormir il va falloir carburer au café, parce que ça vient de redémarrer. On y est pour 48h de plus. Acte I, Scène 1. _Vous déconnez ? Je viens juste de mourir. J'ai même pas pris de douche. _Ça c'est normal vous y avez pas droit. Vous jouez le vieux reclu qui a perdu le sens de l'hygiène, comme presq tous les sens d'ailleurs. _J'ai encor le sens des priorités quand même ~ _Oui eh bien vous pourrez le troquer en échange de votre libération, mais je doute que ça marche cette fois encor il a l'air de super mauvais poil. _Ah lala il s'est encor pris une veste avec Mathilde je parierai. _Il est pas bien malin, hein. C'est lvi qui l'a écrite cette pièce, il pourrait se donner des rôles un peu plus glorieux, z'allez pas m'dire. _Bon alors on en est là. Ça commence comment déjà ? _C'est à moi, attendez ici dans l'ombre. Je fais mon entrée et vous arrivez les uns après les autres pour qu'on aille tous ensemble se faire injurier par cet être abominable qu'est l'écrivain. _L'écrivain ? _Oui, le futur 'Coeur brisé' ~ en ce moment même follement amoureux. Une pièce à tiroirs de La Luna. À guichets fermés on dit, ce soir. _& dans quel étage erre ce coeur brisé déjà ? _Vous avez entendu ? On le dit amoureux ! _Un sacré foutu de théâtre quantiq, quel bordel quand même~ on n'y comprend rien, ca part dans les sens, il parait que meme le public est paye c'coup-la ? _La bien fallu. Les autres se cassaient tout du long. Et il y a des dépressions nerveuses dans l'équip techniq vous le savez ca ? Plein ont essayé de s'échapper, meme les techniciens voulaient foutre le camp, ils ont barricade les portes j'ai entendu dire ça. Cherchez pas, a guichets fermes, ça vient de là _Chut IL arrive.''

C'est là, leste, lasse  ou tout ce qu'on veut à quoi on ne s'attend pas, pourvu seulement qu'on y arrive comm Lania ou un autre évènement au bar, et qui sert de filtre au titre du jeu dont ne se perd pas une seule goutte, une miette ou un amas d'INTENTIONS annoncees ton sur ton amoncelees a son bastion, c'est pourtanmt pour tout decor la, marais chancelant qui s'ouvre comm des fermes qui se glissent entre deux chapiteaux de rue, deux recoins de la valise, deux toits ou encor, deux boutiq de maroquinerie jumelles, que Lania, la bar, le plancher humide et les acteurs en train de terminer de se changer, s'allument et s'animent. Le plancher transpire, Lania absorbe, les acteurs absorbes ne s'apercevant de rien d'abord, d'un seul coup crient, et le plancher deborde. La premiere scene peut recommencer. Why not sneeze Rose Sélavy ?~ est-il écrit sur l'un des pans de ciel qui découpé à l'arrachée comm au vol d'édifices se détache en plusieurs endroits le reflet du pavage, a les piétons désorientés. Et la boutiq aux vitrines teintées, tintant dans cet air japonais l'ère d'un repos triangulaire, aire calculée pour atteindre le 7è ciel des imbrications croisées, joue les bienvenues toutes les deux minutes, de quoi rendre sobre les plvs fous je vous jure, tout le reste de maniere egale et tout en tenant la distance respectable d'un receptacle noir en forme de loge qui, en aval, engloutit et deglutit sporadiquement les choses qui tombent du ciel, ou s'y projète plvs ou moins volontairement. Trois fois qu'on change d'acteurs. De quoi faire repartir les coiffeurs meduses. Les techniciens foutent le camp sur le plancher, et tous les jardins du monde ici proposant d'eux un extrait choisi, morceau représentatif, la certaine dose d'une chose d'adrénaline ou se glisser pour être présent, figurer et faire à la manière du rêve, profitent d'une architecture solide une base malleable ou travailler leur style et repeter leur scene, on entend a ce moment en coulisses, des jardiniers repeter en echo des choses ouies, d'autres inouies :

           Je ne suis d'aucune matière fait de celle
d'onguent mais, dans cet ordre d'idée ~ d'Argonne
il y a définitivement quelq chose d'anisotrope dans ce pot pourri.    
_Une auberge sur la mer
Campagne francaise
_Asie un jour de printemps
Trianon
_Lac italien
Almeria
_Cour interieure, au beau milieu de l'espace.
Pages d'interireur pres d'un roman sans foin ni loin
Orchydee devetue
Oeil d'un cyclone cyclopede, jardins suspendus a ses levres comm un tourist sous le pont des arts..Cour Supreme, pont de lierres.

 
 
 

   

Le type flotte,
Dehors aussi.
Lania fremit,
Le lait se sauve,
Les acteurs se derobent,
Les techniciens foutent le camp aussi.
Bref les gateaux sont gates,
Les gateux peuvent s'en aller,
Et les enfants ravis rient.

 
 

 

 

Une fin en soi.
_Je vous libere, qu'elle dit !~ Comment elle se conduit, celle-la !~ nan, mais regardez-la voir a deux fois avant d'aller plvs loin, Il n'y a pas de quoi. _Merci. _Mais c'est moi qui arrive la premiere, dans quel ordre on vous place aujourd'hvi ? _Avec les mal-voyants. _Zavez pas ete gates hein ? _C'est Noel, c'est surtout les gosses qu'en profitent vous savez, moi, a part les gateaux, y a bien que les fins qui me gatent. _Les fins,...: les fins ?_Toutes les fins. J'aime plvs les montees que les sommets. Plvs que les bas, j'aime les jambes qui descendent dedans.. PAreil pour les skis. _Pareil, fait pas chaud sinon. _Meme sans ca, et c'est encor rien de le dire. _En danse, c'est pareil. En musiq. Vous imaginez un peu le chef d'orchestre qui se fait ses moulins vite fait, pour arriver a ses fins. Ou le bouquetin qui saute les pages. _Imaginez ? Un bouquin qui saute les pages. Ce serait marrant remarquez moi quand je vous cause... Hop, c'est fini, on se barre. _Hop, ovation. _Et merci d'etre venue hein. _A demain. _Ouep. _J'ai deja hate de cette voir a quoi cette erection de la ville va servir _Elle est verticale, c'est deja ca, non ? _Ca vouis suffit ? Vous etes pas bien dans votre genre. _Comment ca ? _Y a rien de bien dans la verticalite de la ville, c'est l'errection avant tout !~ Il parait qu'a la fin elle s'envoie en l'air. _Qui ca ? _La ville verticale en errection !~ _Et ca vous fait marrer ? _Quoi, vous voulez manifester ? Protester, temoigner de votre engouement ? Allez-y, partez devant. _Je vous assure pas, hein, j'ai affaire. Vous quand meme etes sacrement decallee. _Je fais ca souvent, c'est pour laisser passer la lumiere. _Vous avez casse des ponts la-dedans, non ? Ca deraille, on bifurque a quelle heure dans votre pays ? Ca connecte au monde ou ca cause de descentes a ski ? _Nan mais la paix.
_Bah voila, ca c'est de la conclusion. Je vous aurais pas tire les vers du nez mais pas loin. _Lachez mon nez. Allez faire vous faire reluire avec vos vers plvs loin, stoplait. C'EST FIN

Et un type est en train de peter les decors a grands coups de masse.

 

 

Manlio Rondoni, Borges e la luna (2006, acrilico su cartone cm.150 x 100)

Manlio Rondoni, Borges e la luna (2006, acrilico su cartone cm.150 x 100)

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