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  • : Le blog de Ampad Embiem
  • : Culture intra-utérienne d'une fleur technologiq : cheminement d'une réflexion de l'esprit sur les bords brillants de lyrism du théatre alternatif ~
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  • Ampad Embiem, je ne suis la qu'un jour sur deux, mais je le vis plutot bien
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Archangelism scientifiq

" (...) proche le moment ou, par un processus de caractere paranoiaque et actif de la pensee, il sera possible (simultanement a l'automatisme et autres etats passifs) de systematiser la confusion et de contribuer au discredit total du monde de la realite. " Salvador Dali, Minotaure No1, 1933.

Un tres beau site sur DALI

 

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Ce blog créé il y a un peu plus de 2 ans maintenant de l'association uniq de la surprise et du tant attendu, restitue intactes les bribes

de restes d'authentiques retrouvés ici ou la, de ce que les littérateurs et créateurs de ce monde, ont contribué,

avant nous déja, est-ce a dire et, encore aujourd'hui, a élaborer le Beau pour qu'il vienne jusqu'a nous

dans l'état merveilleux ou nous avons le bonheur de le trouver pour tenter d'y toucher.

J'ai pour but ici et ailleurs, Ici Et Maintenant, dans cet IEM permanent et constant d'instabilité, de le propager, de l'expérimenter, de le faire travailler, de le dédoubler, de le transposer et de le faire permuter avec ses doubles et avec ses moitiés, de le mettre tour a tour en exergue, en abime, en difficulté, en chaloupe meme et en page pour enfin et a terme, pouvoir le remettre a la retraite d'ou il se trouvera la force apaisée et sereine méritée d'une vie multiséculaire sur toutes les plages des temps, de mener devant nous, et pour nous, de lui-meme des actions pour s'autorégénérer sans plus s'en laisser conter ~

3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 12:45

Liquefaction des sens
(attention ce qui suit est tres long,
ce recit constitue le debut d'une aube, en forme de sucette,
et ses suites ~ entre cinq heures et onze heures du matin)

Au reveil, ce matin-la, etrangement-ou-meme-le-plus-etrangement-du-monde, pour la premiere fois depuis trois ans que je fis l'antique connaissance de celui qui devint mon maitre a penser et m'a un temps soit peu-ou-enorme guide dans l'ecriture d'une pensee, tombe du lit a l'aube, j'ai avant toute chose, et avant d'ouvrir les yeux meme je crois me souvenir, pense : A quel genie vais-je m'associer aujourd'hui les sens et les envies de creer quelque chose qui, exceptionnellement et sortant de tout cadre, soit juste Beau ?
Quelle drole de facon de se reveiller, n'est-ce pas. J'ignore a quel reve subcutane cette pensee devait sa raison d'etre, mais j'etais euphorique.
N'est-ce pas merveilleux de se sortir-et-de-s'extraire-s'extirper-autant-dire des bras d'Orphee avec, sinon le desir de plaire au jour, celui de creer du Beau !
Et ce matin-la, je le confesse, je fis une decouverte qui m'aida a traverser un champs jusque percu comme l'infranchissable Auteur, l'autre-introuvable Ailleurs, le palpitant-mais-repoussant Pallieur des mondes en chairs.
Je me suis mis en tete que le nouveau roman que je ne deciderai pas d'ecrire, serait juste une revelation, et, choe plus rare en soi, il en fut.
J'aurais aussi bien pu poursuivre ma toile en attente dans la piece voisine - mais non, elle sechait et l'etape suivante attendait que celle-ci en ait fini.
Repandre de la musique qui symphonise le rythme cardiaque d'une armee lancee a pleine vitesse dans l'epopee antique d'un tragique revelateur de photoraphies instantanees peintes a la main qui superposees forment ce que deja au Japon je nommai les non-step life d'un balet de non-stop bus, et que les artistes performers amateurs nomment sur Dailmotion du Stop motion (epattant pour certains, maisavec de vrais acteurs contrairement aux miens qui se limitaient a diffuser la vie telle que je la prenais, ce qui revient a dire faire poser des bus entiers !...)
J'aurais pu aussi et encore poursuivre celui en attente, de roman, mais non ! Le Beau qui m'appelait la, n'avait plus rien a voir avec celui que deja je m'etais cru capable de connaitre tellement bien que je le reconnaitrais partout et parmi une foule aussi considerable qu'artificielle de possibles imitateurs professionnels...
Il m'a semble, a mesure que se couchait et se relevait ma main en revelant quelque chose de plus que je e relirais pas avant d'avoir fini, que ce qui se creait donc, n'appartenait a aucun registre connu de moi, ni plus connu d'autres d'ailleurs en ce monde, qui puisse faire l'objet, au premier abord, d'une conversation interessante, pourtant !
Il me suffisait de somnoler devant l'aube, la regarder paraitre et oter a mes yeux leur indelicate et translucide cataplasme sinapique et autosoignant, qu'il me suffisait donc d'ignoer non seulement quelle heure il pouvait bien ne pas etre pour mon plus grand plaisir, mais aussi et meme surtout, ou et qui j'etais. Je somnolais donc aussi parfaitement qu'a present je suis euphorique de la relire, devant cette premiere bribe de roman qui ce matin-la naquit devant moi sans nulle nurse qui soit assez sage pour prendre la peine de me reveiller ~ Andalouse, tu n'etais pas la.
Mes yeux couchaient sur mes doigts, les forcant a pousser assez bas que le crayon frole suffisament le papier pour  laisser une marque nette - maiss difficile a relire, quelques morceaux, tombes au compte-goutte, de ce cataclysmique cataplasme a huit franges (une sorte de feuille d'erable grandeur nature), pour qu'apparaisse, impreignee d'octomorphes sensibles des restes de la nuit, a deux vis pour tete, un jumeau identique a celui qui en d'autres temps, se sacrifie pour que se puise devant lui la possible victoire des envies de son frere, en lui faisant gagner ce precieux de temps aux taches diverses du quotidien - un gachis, vou l'admettrez si l'on sait quelle courte esperance de vie nous est promise et la lente avancee des travaux entrepris (rapprochez l'un a l'autre et vous pourrez penser : La vie est une vaste farce et il faut plusieurs hommes pour n'accomplir meme qu'une tache a fond.)

Alignes, parfois superposes par erreur, les mots que s'infligeait d'elle-meme, je le compris plus tard, la feuille elle-meme, voulaient pour commencer dire ceci a mon esprit :

D'ondes malleables a reflectons interieures
que tu puises sur les flancs calines de nos esprits endormis
tu crees a chaque eveil le souhait en moi de me realiser.
Qu'es-tu sinon l'alcove ecarlate, de mon propre desir,
et que me veux-tu snon ta propre peau revetir,
que je te donne qui sache etre suggere,
pierre a tailler, et criniere a brosser dans le sens de la gravite.
Je mets instantanement d'arrache-pied a ton service, le mien,
qui veut, pour mieux t'etre garrant de quelque succes,
qui sait, qui se joue de savoir trouver, a chaque mot, sa plus juste equivoque,
l'idee, pour qu'abordant l'ascenseur, s'y laissant embarquer pour monter,
je sache te trouver dans le temps, te retrouver partout,
comme jadis je disais sans encore savoir penser bien que je voulais ma vie comme art.
Avec ta lettre dans chaque pas de vers, pour guider ma marche sur les temps d'un air,
musical, spiral, ombilical, soucoupal,
je me sais investi, j'oublie le reste dont a l'aube aujourd'hui je n'ai pas encore pris connaissance par chance !
et tu relaies, nous amarrons ensemble, ta fabuleuse epopee, que d'abord tu me redises comme tu viens de le faire:
de quoi aujourd'hui tu me voues le desir de creer de toi dans une oeuvre terrestre ?

Et il en fut ainsi de suite, alors que j'etais en train de revasser ces mots, en continu, qu'a tout le moins mon roman avancait. Sur d'autres spheres.
Prenant le temps de parcourir, piece par piece et sans faiblir du retard, sans meme sourire de l'ampleur du travail engage a l'insu du reste qui m'attendrait.
13 Arts Allegoriques figurent sur ce qu'alors sur douze pages j'abordai.
Et Catherine Bodum s'insinua. A la dixieme page, prenant meme gravement plus de voix que je ne lui en aurais imaginer, pour s'exclamer quelque chose que je n'ai malheureusement pas su retranscrire bien ~ sans doute par trop surpris, j'ai ete a cet instant deconcentre, et je riais, c'est fou !

Apres deux heures d'une ecriture phrenetique, je suis ressorti de la piece ou je m'etais enferme depuis le reveil, le soleil s'etait leve. Je voulais revenir a mon lit, mais deux hommes me barraient le passage - car je n'etais pas chez moi. Je n'y avais pas dormi. Mais dans ce lit-la, si. Aussi pour cela, peut-etre tout ce fracas dans ma tete, et ce melange des envies, de la contrainte, le sommeil leger, etc...
J'etais dans le hall de la maison, je ne l'avais pas reconnu. Pourtant il y avait bien cette piece que j'avais transformee en atelier pour faire avancer ma toile, car je m'etais aussi et quelque peu approprie une partie des lieux deuis quelque temps. Pour cela aussi, peut-etre, tout ces degats, l'age mental en chute libre, la roue rendue libre elle aussi, la chute rendue au temps que je ne voulais plus me sentir concerne de suivre avec la meme minutieuse attention que depuis des annees sans relache je suivais comme un fieffe Suisse regle a l'heure d'ete, toute l'annee.
Bon, comme rien ne me paraissait aussi clair ce matin que si j'y avais passe plusieurs nuits d'affilees, j'avoue que c'etait pourtant la premiere nuit que je restai a l'atelier de la rue Pasteur. Je n'y avais jamais songe, d'ailleurs pas plus la veille de ce matin-la, mais la veille, mieux vaut l'ignorer. J'avais fini dans les draps soyeux de Justine. Et Justine, justement, que j'allais vouloir sous peu rejoindre a son lit, m'etait invisible. Qu'est-ce qu'il y a, je demandai aux deux gaillards ?
Par-dessus l'epaule de l'un d'eux et sans me soucier de ce que cette scene etait particuliement bizarre, je vis Justine, bien dans son lit. Je n'ai pas dit "Cassez-vous", mais j'ai tout mis dans le coeur, et j'ai franchi la barriere. Je suis alle a Justine. Justine. Douce et divine. Elle ecarquillait deux yeux morts incredules, et ses cheveux chatain clair resplendissait de son sang. Quel pire etat que l'incredulite pour mourir n'est-ce pas ?
Je me rapprochait de son visage pour decourvrir le semblant de drap qu'en reve je lui avais passe, et je savais que ca n'avait ete qu'un reve. Je l'entendis dire "Ne t'approche pas de moi". Elle pleurait en fait.
Cette scene et l'aube radieuse que j'avais vecue en transe, tout ceci, tant de chose, de me retrouver dan sune situation aussi bizarre, tout ressemblait tellement, sans le cote dramatique, a ce qui deux ans plus tot il m'arriva lorsque je creai ma plus grande fierte, l'homme indivisible.
Je n'ai pas cherche a comprendre si ce sang sur sa tete avait a voir avec moi, si ces deux gars voulaient me garder ou non, j'ai couru vers la salle de bain, j'en suis ressorti par la piece voisine, j'ai traverse un salon ou quelques cadavres gisaient presque nus, certains sans doute endormis en copulant a ce que je pus en voir de ridiculement petit et vil, et bien avant que les deux gars sachent dans quel atelier j'etais entre, j'avais pique soixante euros a une depouille de fille endormie ivre, j'avais pris la premiere sortie sur une rue interieure, et j'etais, en passant par la cour interieure fleurie d'un immeuble voisin, sorti sur une rue que personne ne m'aurais imagine atteindre. Je me figurai rapidement ou je pouvais me trouver, j'etais gele, mes dents claquaient, et le faux jour qui commencait de venir me faisait tout voir bleu, je n'avais qu'une envie, etre dans un metro et ne rien avoir a craindre.
Je pensai immediatement : mon calepin. Et par chance, je l'avais plonge au fond de la poche de mon jeans.
Quel calme tout a coup.
Apres l'exces, les exces qui tous me sont revenus a l'esprit pour la premiere fois tandis que je courais, l'entousiasme qui m'a porte jusque ces moments intenses sans me faire voir le jour dans ses true colors, la folie passagere de me retrouver nu-ou-presque dans une rue inconnue, l'angoisse de savoir ce qui  avait pu se passer, la foule des metros a l'heure de pointe, l'urgence de m'endormir pour refouler tout ca, le ridicule qui fort heureusement ne tue pas, de me retrouver torse nu en debut d'hiver, en jeans, dans le metro, en suppliant deux , trois travailleurs de me filer une cigarette jusqu'a en obtenir une, d'une vieille dame improbable avec une cane blanche bruyante troop longue pour sa petite taille, apres aussi le raffut, l'envie, l'empressement, d'une envie de pisser plus monumentale que tout, la passion que j'y ai mis dans les chiottes d'un cafe, l'audimat de cette scene que je me voyais deja vous compter lorsque je le faisais a fond, apres tout ce son, aussi fort, la crainte encore, de devoir me retrouver dans le quartier un jour ou Justine, Florian ou Sebastien (je crois que ce sont leurs noms) seront dans les parages, la fusion de tous ces genres, la precipitation, la double, la triple penetration, l'emprise, la prise, les multiples prises - oula - l'oubli, l'anonymat, la soudaine celebrite que je m'imaginais partout avant d'arriver a Montparnasse puis encore la, jusqu'a Chatelet, la cadence, tout a coup, a chute.
Se precipite vers le bas. Subitement, puis de plus en plus doucement.
Jusqu'a ce calme. Je ralentis le pas, lequel prend sans plus que je m'inquiete, le rythme inconscient, irreel, mais juste motive par mon profond soulagement, celui d'un vieil homme. Je le suis sans le doubler, le trottoir est pourtant large. Mais je me sens en securite. S'il est arrive jusqu'a notre epoque, le papy...
Et soudain tout est tellement calme. Je viens de pisser et le serveur du cafe me demande ce que je veux, j'ai plein de fric en poche, des Anglais mangent des pattes a cote de moi : nous sommes vers le boulevard  Sebastopol a quelques rues pres, il est 7 heures du matin et le Cafe s'appelle (ne s'appelle pas en fait, il est juste devant l'entree du metro Bonne Nouvelle).
Et je demande un plat de tagliatelles aux noix de Saint Jacques. Mon Dieu ! ... Je deguste ca, lentement, tres lentement, j'y passe une heure, demandant, redemandant du pain, du vin, de l'eau, et meme un cafe en plein milieu, pour apprecier la cigarette tiree d'un paquet que je viens de payer six euros cinquante. E je me sens comme un roi. Sans etre tiraille entre ces deux sentiments, je me sens comme utopique-chose-venale, et humble-createur, c'est un momen privilegie que je vis la.
J'avais vraiment trop faim et etonnament meme le vin passe bien, alors je commande une biere, juste pour voir.
JE VIS CA...
Je me passe un squetch de Raymond Devos, et je ris seul, a la terasse chauffee. Les marcheurs matinaux et les coureurs font l'accompagnement musical, le reste, je le donne pour donner raison a Andalouse dans sa precedente citation de Mark Twain :  peu mporte la biographie, ce qui se passe dans ma tete a ce moment, ne se passe que dans ma tete. Un accompagnement musical dan sle pas de coureurs, qui l'eut cru,un sketch de Devos devant un plat de tagliatelles aux noix de Saint Jacques entre 7 h et 8 h du matin, qui l'eut cru ?

Rien encore, n'est aussi cataclysmique dans ce que je viens de raconter, que la suite, qui n'a de merite a avoir existe, que parce que je ne me sentais ce matin-la pas vraiment reel. Tout etait tellement improbable, et avait un gout de ce qu'est la Vrai que l'on veut vivre en Reve...

Les Anglais partis, je suis donc seul pour terminer mon repas. Ce que j'ai ecoute de leur conversation - la fille qui les a rejoins lorsqu'ils ont du partir, leur disait dans un anglais francais pourquoi elle etait partie plus tot, et qu'est-ce qui la rend parfois si imprevisible ~ et je me souviens tres bien avec quel talent de mante elle argait les merites de la french touch, quand j'aurais moi parle d'une french connexion...

Cette aube radieuse pour quotidien, perdrait tout son charme.

Je bosi une deuxieme biere en pensant a ca. Je souris dans mon verre, mon reve sourit dans la biere, brune, cette fois-ci (la premiere etait bien passee, oui).

J'ecris ceci, a cette table, a ce moment, me refigurant la scene du vieil homme (desole pour ce desordre anachronique, esperons que je parvienne a le rendre thematiquement, et conceptuellement interessant pour la suite du recit) :

"Je ne vois plus devant moi, je vois derriere. La candence tout a coup se precipite. Vers le bas. Subitement d'abord, puis plus doucement. Jusqu'a ce que mes pas ne soient plus des pas. Ce vieillard, je m'en rends compte, marche a reculons. Le brouillard a rempli les pleins feux de sa lourdeur passive, je ne suis plus qu'un vieillard. Ces lumieres justement ~ je voulais decrire une star dans une scene similaire apres les pleins feux de la scene, justement ~ se sont dissipees, je ne vois plus devant, mais derriere moi. Ce vieillard. Je lui vois ce sote moutarde, ce cote bon enfant, ce cote bon vivant, ce cote insomniaque, et ce cote survivant, qui me donne un courage a penser que n'importe qui peut vivre ce que je vis s'il s'e donne la peine et sait ou chercher. Je vois son dos courbe derriere moi. Sa forme dodue et acharnee au travail dans son bureau administratif des annees cinquante. Il doit bien avoir quatre-vingts ans. Il devait bien en avoir trente en soixante. Et qu'il s'emmerdait, sans songer a ce que serait le futur, cette ville, comme elle a change. Mais il avait dans la tache, le patient engouement pour le travail bien fait. Il est sept heures trente du matin mais c'est comme s'il etait midi, comme s'il etait quatorze heures trente ou bien deux heures du matin, meme dix-huit heures, rien n'a de sens, c'est comme ca, il marche. Je vois sa patience equitable ~ j'ai vraiment passe un long moment derriere cet homme je pense, car je suis surpris sur ce qui suit soit si long et si plein d'images ~ je vois sa lenteur eco-equitable, eco-equilibre, auto-balancee, la pesee lourde des pas qui s'en vont bien trouver au plus pres chaque centimetre carre de terrain sillonne, comme une tache a accomplir avant la fin. Pesant de tout son sens, plus grave et solenel que n'importe quelle demarche qualite en tout, je vois devant moi tout ce qui n'est donne d'usage de voir qu'ailleurs, et partout sauf ici. Absolument en dehors. De cet attroupement de petite foule passive, ou fusionneront dans quelques minutes et dans le rush integral, les coeurs euphoriques devant une journee nouvelle. Emporte, je vois gravee sur son dos la poesie romantique,la legere interpretation distordue du vieillard a tout ce qi l'observe passer, comme moi, qui l'observe avancer. La metaphorique attitude betamorphique d'un nouvel etat, qui devient le liquide, qui s'ensuit du leger, qui va vers l'abstraction, et sort meme de soi completement. How to disappear completely. Big town ain't enough for the old man. Sa lourde et efficace tentative de deviance suffit en soi a le rendre propre a tout envoyer se faire voir, sans laisser de marque qui l'y ramene a son insu. Sa massive presence contentee par le moment, consiste en ce dernier inventaire, conteste passivement, constate crument et sans pitie, intransigeance et devoir accompli en silence. Il eclatte meme de l'interieur vers un autre espace. A chaque pas. ~ je crois qu'a un intant j'ai souhaite sa mort, je me suis dit qu'il allait chute, devant moi ~  Un autre temps. Et quel calme tout a coup. Je bois ma deuxieme biere (comme je vous l'avais dit).
Puis j'ai poursuivi ~ sans transition, toujours porte par ce sentiment exceptionnel d'un moment unique :
"DEVOS, sa recreation de l'ame, l'insolation permamente, sa vigueur d'un soir de rires euphemiques, sa conciensieuse minutie a defaire du reste la part reelle du reve decu debout les yeux grand ouverts DEVOS, l'anmour du verbe bien dit, et de la justesse de l'adjectf qui s'en va trouver sa place dans l'aphorisme lymphatique dans un systeme de decrochements larynxiens de premier ordre et sans suite. Sa conscience tranquille de se savoir dans le vrai depuis toujours, l'amour de la scene jouee et de la vie prise sur le vif dans l'une d'elle, a repetition, pour des evasions spirituelles du coeur dans celui de l'au-dela qui le bercera pour toujours.
La resolution d'une equation toute simple du type y=ax+b, il n'a pas cherche ailleurs que dans la plus simple reduction, deja, de l'equation difficile de-la-vie-de-la-mort-et-du-reste.
Il a trouve reponse avant de poser question. DEVOS: a-t-til meme jamais pose une seule question autrement que pour s'amuser de la reponse qu'il savait obtenir ? Joueur planetaire, astre-et-abime."

Et puis deux filles sont arrivees. D'environ six-neuf ans. Quel miracle des coincidences. Elles ravaillaient des maths quand je finissais d'essuyer de sa sauce mon assiette de Saint Jacques ! (quand je finissais d'ecrire cela, surtout !)

Loi NORMALE, elles revisaient, il devait etre huit heures trente du matin. J'ai alors arrete d'ecrire, longuement, prenant un, deux, trois cafes, je ne sais plus, j'ecoutais seulement ce qu'elles avaient a m'apprendre de remarquable, sans leur parler, et meme faisant mine de ne pas m'interesser a elles ~ ce qui echoua bien vite et l'on se mit a parler de moi ~ :

"J'ai une revelation surprenante, ecris-je enfin apres quelques dixaine de minutes qui caracterisent un debut seulement de l'etendue infinie de ma patience, une revelation surprenante a vous faire (m'adressant d'abord et avant tout a Andalouse, que je ne vouvoie pas pour un sous mais que je savais deja melee a un public plus vaste, et je souhaite en reportant la ce recit, qu'il le sera, bien sur) : C'est une confession que je vous fais meme en ce moment.
Mais surtout ne le repettez a personne, cela pourrait etre dangereux ! (j'avais deja toute la suite dans le fond des idees) Seules ces deux etudiantes matheuses de debut de matinee, savent et ne le disent qu'en ricanant pour l'etouffer dans un formidable exploit de dissimultion rate, que douze moins neuf, apres tout ce qu'elles ont su retrouver des details d'une tres complexe demonstration de leur prof sur la loi NORMALE, et apres tout ce qu'elles ont tourne en rond pour remettre dans leur ordre logique les elements d'un puzzle qu'elles savent ne faire encore que caresser du bout d'un doigt et encore est-il plus timide que ceux de ma veille devant l'impeccable blancheur d'un solide chaud et froid a la fois, font deux et quelques. Ceci pourrait, sinon chambouler le reste de leur demonstration, et tout la discours de leur criminologue de prof de maths, en plus ! et surtout, revolutionner le monde de nos idees. la champs de notre pensee, la matiere de nos vetements, l'ambition de la clarete de nos songes appropries, la nette clairvoyance de notre lendemain et meme ! les premisses de notre appartenance san contraste au present moment!
La vie, la mort, et : Ce qui gravite (''TOUT") autour. Atelier des surprises en tous genres.
La revolution du second degre et de ceux qui suivent (attentifs, dans l'ombre).
Je me suis echappe un petit moment (que je vous passe ici) et un autre encore (qui suit) a des elucubrations tentantes, mais tachez de poursuivre et de ne perdre PAS-le-Nord.
Macrorealisme ascetique et confusion sentimentale, science de l'absolument improbable et de l'absolument infini.
Mise en garde de l'abime d'une mise en pot integrale de l'art qui n'a de cesse de trouver le talent de surprendre !
(je suis parti de plus en plus loin, tres vite, des lors, jusqu'a me percher sur quelque chose qui donne des suites, secret d'un travail base sur la methode dite paranoaique-critique enoncee, denoncee, avancee, devancee par S. Dali lui-meme.) : la terre ne pourrait, elle ne saurait ere sauvee de pareille incontinence, ses arbres vont etre chies en liasses indelibiles ! (je m'amusai beaucoup de cette replique) et, avec cette seule revelation, s'il venait qu'elle soit prise au serieux (d'ou ce recit en guise de vecteur, preuve de ma volonte a y contribuer) toutle monde s'en doute evidemment il ne serait alors plus, ineluctablement, aussi refutable et contestable qu'ajourd'hui en son paroxysme deviant, que Dieu existat vraiment !
Il suffirait de comprendre et de comparer qu'on puisse comprendre et ne pas piger, de quelles haute entite cette verite basee sur rien vient l'ordre de faire reparaitre apres de millenaire sans doute de dissimulation et de disculpation abusive, pour revoir naitre, dans la fleur intestinale d'un beurre au coeur tendre, la mollecule a la base des premiers chamboulements physiques, metaphysiques, moraux et immoraux.
(chacun est libre de comprendre que je suis un scientifique refoule et mal-sentant.), et pour faire parler bien-parle mieux les bonnes gens des mirages subaquatiques dont ils n'ont jamais entendu parler qu'en reve. Pour se rendre compte aussi, et je touche le point desensible du beurre parce qu'il est universel et 'exclut que les diabetiques, que je me permets de laisser libres de penser ce qu'il veulent, tant je me persuade qu'ils recevront dans un deuxieme temps, de leur propre medecin les nouvelles verites de base comme consigne a suivre ou traitement a prendre, se rendre aussi compte donc, e je ne m'etends ainsi en longueur das mes phrases que parce que je trouve frormidableque l'on puisse le faire a l'ecrit alors que verbalement non (abusons-en, donc, c'est un privilege de l'ecrit !), que cette verite peut aller jusqu'a ce faire arreter la vie nette, sur place, hors-champs, et sans sommation.
Cette piste, deja passee dans le cadre de l'une des plus valables que j'ai entendues, cependant, pour cette meme raison, vaut d'etre suivie. Et pour cetet raison encore, j'en fais maintenant le coeur d'un debat entre les litterateurs qui ont le vent en poupe Bernard Henri Levy (BHL) et Michel Houellebecq (avec ou sans H selon l'epoque de l'annee) :

Michel : (...) Ne crois-tu pas, puisqu'on va par la, que l'on pourrait alors aussi bien se dire que des lors qu'on y va et que dans le meme temps tout s'est arrete de se deplacer, que l'on s'eloigne en fait !
BHL : Michel ! J'ai adore ta derniere lettre, et surtout la derniere replique, et , pour autant que je la comprenne (que moderement quand meme), et la saisisse ou la pige parfaitement jusqu'a m'en approprier l'idee et le theme central, et la teneur, dans tout ce qu'elle a plus juteux, de plus authentique, a mesure donc, que je m'en impreigne, elle me glisse des doigts parfaitement jusqu'a ne plus ressembler qu'a ce qui se donne de soi-meme corps et ame en toute chose exterieure a moi, comme aussi d'une volonte de faire dire exactement l'oppose de ce qui est suppose, volonte conre laquelle je ne peux rien faire. Alors, Michel, aide-moi, extirpe-moi, et dis-moi enfin : qu'est-ce ?
Michel : Bernard, mon nanard, tu as sans le savoir et dans ce que tu dis, tout saisi de ce que cete idee et son theme sous-jacent contient qui ne cesse d'evoluer, jamais. en volutes impalpables, en cristaux liquefiants, de parade en marasme instantanes, e ne cesse jamais de prendre de l'ampleur dans un espace qui devient de plus en plus petit, tout en continuant de grandir dans l'univers des possibles. (on est en droit de se demander s'il n'a pas pique cette replique a Werber mais bon...), et de ce que notre travail ne fait la que commencer.
Si notre but, que je te suggere dans cette phase de la phrase d'un premier temps, de limiter a une premiere etape, si ce but donc est et devient des los de la cerner parfaitement et de l'identifier pour lui donner un nom, le classer, et, pire !, aire dans un univers ou se developper de facon individuelle et isolement, defini pour sa croissance, ce but, mon nanard, est deja immense !
Car il nous faut, mon nanard, et nous asseoir un peu pour en parler sagement, posement, et il nous faut, crois-le bien parce que ce que tu me dis la est (pour la toute premiere fois) incoherent et cerne de doute, l'eradiquer !
Ta faiblesse - ne ressemblant pas moins a de la jalousie pour ce qui existe independament et ne repond d'aucune hierarchie des priorites et des sens a suivre, est sur el point de te couter cher !
Je suis fou de devoir te voir te savoir impuissant !
BHL : Michel, arretons veux-tu, tu m'as seme un doute, c'en est irrespirable. J'en suis parasite, je ne pense plus qu'a ca, ecris-moi, ecris-moi plus. Me voila affaibli, je redoute chaque nouvelle venue de mon facteur car je sais que je ne serai non seulement pas rassure mais qu'en plus il me faudra attendre avant de croire pouvoir l'etre de nouveau !
Me voila vulnerable ! Et sensible a tout !
Moi qui me croyais si serein et absolu, certain et confiant en tout, qui n'avait plus a craindre que quelque chose m'arrivat, je suis touche.
Neuf heures trente. J'avais faim, de nouveau, j'ai mange des croissants, sans m'arreter d'ecrire.


Il etait donc neuf heures trente, je mangeais deux croissants aux beurre, toujours attable a ce cafe brasserie du Boulevard Reaumur, et ecrivant encore ce que se disent Michel Houellebecq et Bernard Henri Levy au sujet de ce virgule quelque chose disparu dans une loi NORMALE detournee par le plus grand enchantement et grace au genie impertinent de deux etudiantes ~ vouees si vous voulez mon avis a un grand devenir.

BHL encore : Pour la premiere de ma vie, moi qui suit l'etre-abouti-meme, d'usage si serein, me voila investi, devetu, nu, a poil en d'autres termes, mu-et-a-remuer, mu-et-a-remouvoir ! emu et touche ! Comme perce par l'erreur, nous avons donc ete dans le faux ! Tout ce temps, Michel, mais qu'est-ce ! Si longtemps dans le faux ...

Michel : En parlant de faux, et puisque l'on y entre sans precautions, t'ai-je deja dit le reve - non, laisse-moi e le raconter - que recemment je fis. Un vieil ami de bourlingue, un frere d'enfance, Romain, ca te dit quelque chose sans doute, Romain Mougel etait son nom, enfin pas son vrai nom, mais puisque ceci doit etre publie, je devine qu'il sera deforme, s'est transforme a mon esprit, dans mon reve, en tout ce que je n'aurais pas imagine. Cet ami d'enfance qui en rien n'avait un  haut sex-appeal, et qui au contraire, me regardait plutot faire quand il s'agissait d'aborder les filles les plus extasiantes et les plus intimidantes pour la clique que nous formions sur les bals du village, cet ami, dis-je, s'est transforme a mon esprit cette-nuit-la-tordu-et-meme-un-peu-retourne-al'envers, en une espece de sex-smbol. Maitre et roi sur son salon, il s'etait laisse entourer de demoiselles de luxures, des filles bien, luxueuses jusqu'au bout des bijoux, aux charmes eclattants jusqu'au bout des cils, et a l'attitude aussi plaisante et seduisante que si ca avait ete la une caracteristique de leur genre aussi affirmee que le sexe qui leur fut attribue a la naissance. Comme d'authentiques reines investies pour etre a ses cotes, ces filles n'avaient pour raison d'etre dans ce reve, que l'immense emotion qu'elles faisaient naitre des lors qu'on posait sur elles des yeux imprudents.

Peux-tu t'imaginer, Nanard, toi qui a connu Romain Mougel puisque je me souviens que vous avez ete dans les memes boites de nuit a Moscou (ceci est bien sur faux mais sert l'interet du recit, excuse-moi donc, mais tu n'avais qu'a le connaitre vraiment, ca aurait assurement evite cet ecart), peux-tu te representer un frigo rempli de fruits frais, ce qui fait de lui non plus un banal frigo mais un authentique verger, eh bien dis-toi que c'est ce a quoi a ce moment de mon reve, ressemblait Romain... Et son salon entier ressemblait a une confiture deja toute faite, et les sucres de s'y balancer gracieusement, jusqu'a abimer le regard. Ce salon ne ressemblait bientot plus tant a un salon mais plus a un veritable et fabuleux royaume de femmes. Et peux-tu t'imaginer ensuite, des fruits et des legumes qui n'existent que pour etre devores et plaire a le penser, juteux et tendres pour cette raison et dans cette fin, attendrissantes...
Romain Mougel etait un roi majestueux et puissant.
Il a jailli hors de son fauteuil sans plus porter attention a moi qui m'etais jute arreter de penser et meme d'etre, et il fit des bonds, tranquillement. Dexu, trois bonds, deux en avant, trois sur le cote, et ainsi encore, hasardeusement jusqu'a trouver un frigo, justement.
On eut dit une parade sexuelle, mais sans le cote animal-bestial, dans un style au lieu de ca evolue, deja oriente a seduire une espece qu'il savait dotee de sa propre liberte de refuser ce qui cesserait delui plaire. Romain Mougel etait ce roi consciencieux et soucieux, sur deja de ses fins, et conscient de l'histoire et des limites du regne. Il vint oter de sous mes fesses les lauriers sur lesquels je m'etais assis. Cela me donna a reflechir au reveil, tu t'en doutes. Il continua a faire ses bonds, jusqu'au fameux frigo. Il l'ouvra en grand et m'exposa de son interieur la richesse d'un decor superfetatoire, fou d'extravagance et d'une incontestable irrealite, tant ce qui s'y trouvait n'avait non seulement rien a faire dans un frigo, pas plus qu'un lombic dans son propre souvenir du reve de la nuit, ou que ses restes sur les premieres pluies du matin, et tant les fioritures qui s'y trouvaient pour rendre belles ces choses n'avaient rien d'appropriees a se trouver non plus dans un frigo. Attention, je ne dis pas que c'etait de mauvais gout. Car au contraire, cela ne repondait que de ce gout aesthetique, tout etait oriente ~ vers moi precisement ~ dans ce seul interet aethetique, et vers rien d'autre. lI se retourna sans se soucier de ma reaction ~ parce qu'il etait tres sur de lui ~ et il me souriait. Ce sourire m'extasiait, je me sentais attire par lui. Il m'attisait, tu m'as bien compris. J'etais comme toi plus tot par ces virgule quelques chose qui ne t'ont pas laisse marge a l'erreur des possibles, parasite, et je fulminait interieurement de ressentir ceci sans pouvoir me refaire. Tout mon esprit ne reclammait que son attention, j'etais comme obsede a l'idee qu'ilme possede aussi !
Je n'avait qu'une hate, qu'il s'adresse a moi, qu'il me parle. Tout mon esprit n'avait d'attention qu'a ce qu'il allait bien pouvoir me dire, qui se laissait tant attendre. Je voulais l'entendre me parler, comme si je m'attendais a une vive surprise. Et de ces femmes qui plus tot m'etaient apparu si belles, me sautaient maintenant aux yeux les details rates, les points noirs, les rougeurs, les malaises et le sourire foireux, et bientot je les trouvais meme laides.
Deplace, a mes yeux, que ces femmes sans structure, fassent l'objet de cette parade, je les jalousais.
Je voulais prendre leur place, il me semblait parfaitement injuste qu'elles fussent la par esthetisme alors que l'esthetisme tout entier baignait cet endroit, sinon grace a elles, pour elles. Je me disais, jeme souviens parfaitement ce detail de mon reve, qu'elles n'avaient pas plus de raison que moi de lui plaire, car elles n'avaient rien de plus que moi. Je songeais que ce roi, beau et puissant, c'etait a moi qu'il devait s'interesser, parce que ... parce que ... et je ne trouvais rien d'interessant a dire qui le prouvat.

Et la ! Chose improbable dans des correspondances ecrites, Bernard, l'interlocuteur exclusif de Michel depuis maintenant bien vingt-et-un jours, lui coupa la parole. Sa pensee depassa litteralement toute tenue et sa retenue ne parvint a faire un seul tour sans exploser, il ne put se contenir et lacha comme son esprit la l'appartement de Moscou, surgit et balanca sechement :
" Quel delice, Michel ! Laisse-moi t'interrompre, Michel, mais que c'est normal, que ton esprit haut et hautement perche envie ces succubes glacees puisque par tous les diables !, de toute ta pensee,


Tu ne m'en veux pas, hein, il me fallait vraiment quelque chose de tres beau pour illustrer cette page ~
C'est peut-etre racoleur, mais qui a pretendu que je n'etais pas un personnage paradoxal ~

 

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commentaires

F
Ampad ! Personnage paradoxal entre tous ! Fils de Dali présent, comme lui, en toute distorsion d'espace, de temps et d'espace-temps ! Faiseur et défaiseur de songes ! Explorateur de rêves ! Sondeur de cauchemars ! Aventurier de l'inconscient ! Esclave de toute blanchissime page qui s'offre à toi avec joie ! T'ai-je dit aujourd'hui combien j'aimais lire tes délires conceptuels décousus recousus ? Oui ?! Bien ! Je t'en supplie le supplice ! Poursuis ton voyage ! Fou celui qui oserait te conseiller ! Il te détournerait de ta route ! Mais toi, dis-moi pourquoi cette petite fille semblait si en colère ce jour-là ? En colère contre qui ? Contre quoi ?
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F
Très long, dis-tu ? Oui mais non, ce ne sera jamais assez ! Tu le sais... Je veux et j'exige la chuite ! dit-elle emportée par un froncement de sourcils amusée... Bon, que pourrais-je te laisser ici en échange équivalent à un remerciement infini ?... J'hésite entre la recette des tagliatelles aux noix de Saint-Jacques à manger avec les doigts et une insomnie sortie d'un précieux coffret...<br /> <br /> Insomnie<br /> <br /> Voici le matin ridicule <br /> Qui vient décolorer la nuit,<br /> Réveillant par son crépuscule <br /> Le chagrin, l'intrigue et le bruit. <br /> <br /> Corrects, le zinc et les ardoises <br /> Des toits coupent le ciel normal, <br /> On dort, dans les maisons bourgeoises. <br /> Je ne dors pas. Quel est mon mal ? <br /> <br /> Est-ce une vie antérieure <br /> Qui me poursuit de ses parfums ? <br /> Ces gens vont grouiller tout à l'heure, <br /> Dispersant mes rêves défunts. <br /> <br /> Je me souviens! c'étaient des frères <br /> Que, chef bien-aimé, je menais <br /> A travers les vastes bruyères, <br /> Les aubépines, les genêts. <br /> <br /> Oh! quelle bien-aimée exquise <br /> Au doux coeur, aux yeux de velours ! ... <br /> Une autre terre fut conquise <br /> Où le soleil brillait toujours. <br /> <br /> L'or dont on fit des broderies,<br /> Les gemmes, cristaux des couchants,<br /> Les fleurs, énervantes féeries,<br /> Les aromates plein les champs <br /> <br /> M'ont enivré. J'ai mis des bagues, <br /> Et des perles dans mes cheveux. <br /> Les bayadères aux yeux vagues <br /> M'ont distrait de mes premiers voeux. <br /> <br /> Aux monts où le soleil se couche<br /> Emporté par des étrangers,<br /> J'ai pleuré, muet et farouche,<br /> Tous mes ravissements changés, <br /> <br /> Les aromes en fades herbes, <br /> Les diamants en froid cristal, <br /> En loups gris les tigres superbes, <br /> En sapin banal le santal.<br /> <br /> Puis, mal consolé, sous les branches, <br /> J'épiais dans les froids vallons <br /> Les filles qui passaient si blanches, <br /> Si graves, sous leurs cheveux blonds. <br /> <br /> Mais ce n'était pas l'oubliée <br /> Aux lèvres rouges de bétel<br /> A ma vie autrefois liée ! ... <br /> Que je souffre d'être immortel ! <br /> <br /> Corrects, le zinc et les ardoises <br /> Des toits coupent le ciel normal, <br /> On s'éveille aux maisons bourgeoises, <br /> Je crois que je meurs de mon mal.<br /> <br /> Charles Cros
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