Culture intra-utérienne d'une fleur technologiq : cheminement d'une réflexion de l'esprit sur les bords brillants de lyrism du théatre alternatif ~
Par Ampad Embiem
Je me laisse faire, sans résister. Parce que j'ai détecté dans le voyage aventureux un moyen d'endiguer la course des heures sur la peau de ma vie. Je n'ai pas découvert le secret d'immortalité, sinon mon corps ne vieillirait pas. Or il change lentement, presq placidement. À la manière des éléphants. J'ai les muscles qui gonflent, le cœur qui ralentit. Déjà, les temps qui s'usent. Mais je me suis enfin réveillé de ce cauchemar dans lequel le temps s'enfuyait comm s'il avait commis une faute. Grâce à la route, je me suis mis en marche. Grâce à la marche, je me maintiens en mouvement et, paradoxalement, c'est quand j'avance devant moi que tout s'arrêt : le temps et l'obscur inquiétude de ne pas le maîtriser. (...) J'en suis arrivé à la conclusion que le nomadism est la meilleure réponse à l'échappée du temps. Mon but n'est pas ee le rattraper, mais de parvenir à lvi être indifférent. En réglant son compte à l'espace, le nomade freine la course des heures. Peu lvi importe que passent les instants, puisque, obstinément, il les remplit des kilomètres qu'il moissonne. Opération d'alchimiste : il change le sable du sablier en poudre d'escampette. Il brise le cadran de l'horloge et se sert des aiguilles pour piquer sa propre croupe. Le temps n'est pas un cheval dont on peut enrayer l'emballement en lui tirant la bride, il est donc préférable de le laisser galoper et de se venger de sa course en bouffant soi-même le monde. Au tic-tac de l'horloge, le voyageur répond par le martèlement de sa semelle. Un kilomètre abattu, c'est dix minutes gagnées. La marche à pieds oppose aux rouleaux du temps le mesure de l'espace. De cette lutte le voyageur sort vainqueur. Qui aura arpenté le monde au moyen de sa seule énergie aura exploré une autre dimension du temps. Plvs epaisse, plvs dense. Le temps de l'Occident est un courant d'air qui passe par la fenêtre de nos vies, il se mue sur le chemin en une pâte généreusement pétrie. (...) Avec la solitude pour compagne, les minutes comptaient pour des heures, et les journées des années.
(...) Pour échapper à la course déclinante que nos âmes mènent sur la terre contre la montre, rien ne vaut de se déplacer lentement. Pas à pas. Baissons l'allure et le temps lvi-même, par un étrange effet d'imitation, ralentira à son débit.
Sylvain Tesson
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Manger intégralement JACK-KÉROUAC-SUR-LA-ROUTE,
Puis revenir Joseph Kessel comm on dit À soi quand on reprend ses esprits, et qu'on revient d'un coma : À la vie.
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