Culture intra-utérienne d'une fleur technologiq : cheminement d'une réflexion de l'esprit sur les bords brillants de lyrism du théatre alternatif ~
ESSENCE
C’est une de ces constellations où l’on accède par voie maritime, après s’être longuement perdu, avoir cheminé, avoir toujours su conduire en quelque repère, mais avoir longtemps douté, pas un instant ce sentiment n’avait quitté l’esprit depuis le énième détour, la quantité de points de chute trouvés plus inattendus qu’il n’avait été décrit dans les guides qu’en théorie on élaborait à la clarté des jours heureux sur le port avant d’embarquer. Comme tous ces voyages qui mènent vers une certaine richesse après avoir longtemps mis en déroute, on trouve la faille dans les ficelles du ciel pris pour coupole ou vague limite, qui ont par tout temps tiré sur tous les bords saillants, dans la tempête jusqu’au naufrage la fragilité de l’esprit même robuste, et le côté sanglant des larmes chaudes – chaudes parce qu’en état d’ébullition, même si la source de ces feux qui font frémir ont perdu tout ce qui permettait qu’ils soient identifiables – et au bout de ces cordes qui ont fait des mailles dans les toiles tissées que des réflexions du soleil font passer pour humides dans les effluves aux estuaires, aux sorties des fleuves d’humus ou d’absinthe, d’opiums ou de livres jaunes, bouillons où voguent qui se laissent porter par le relac, flux & reflux de création et de récréation, au bout de ces cordes où s’arriment des convois inespérés, à la fois tant espérés & inattendus, derrière une première barrière de formations rocheuses qui émergent des eaux depuis la veille ou l’avant-veille seulement, derrière la deuxième ligne de sables de leurres érigée verticalement, quand se calment les remous & que s’agitent les couleurs de civilisations habillées de pigments, que les voix circulent dans la vasque éblouie que concentre entre ses façades naturelles le havre de paix nourri d’échos, le cheminement de l’esprit trouve son point d’orgue, la mesure. La mesure qui avait cadencé la motive à chaque kilomètre parcourue, qui avait démesuré dans les instants du doute, l’ombre de nuages parus colosses austères et menaçants, bat un cœur alors, dans la respiration du plus englouti des rivages pris pour escale. Je rêve de vivre à Split, non parce que seulement il y est des ferries qui mènent sur la superbe Korcula en trois heures, non parce que seulement c’est un bassin qui frémit des adages de tous les temps et se fait respecter comme une authentique, une véritable exception culturelle, non parce que seulement le climat y est clément, Clément y est architecte, l’architecture y est abondante, l’abondance y est rime, et la rime y est facile, non, mais parce que surtout c’est là un point vital, une artère qui fait transiter les sèves les plus vives, et battre paradoxalement à pleines pulsions les surfaces les plus douces en violentes irruptions gorgées de la force de ses couleurs probablement, de ses dégradés, des strates qui font par tranches de température se lever quotidiennement un soleil comme un évènement ailleurs attendu toute l’année : sans savoir où il aura lieu cette fois, exactement. Il est toujours encor possible de se perdre.
Toute la crique – et ce n’est plus de Split que je parle, mais de ces vasques qui en donnent une représentation aussi générale aux ports de cette région, que très différente de ce qu’est le port de Split en fait – est un bouillon où l’eau prend une voix particulière, absorbe les odeurs d’une façon très spécifique, retient et s’imprègne d’une musicalité propre à elle, qu’il n’est plus à trouver dans les rues poissonneuses qui remontent derrière la vaste façade qui parait un leurre au premier abord.
Toute la pierre – habiter les murs ! – de ce palais du Dioclétien, est un nid d’improbabilités. On devrait pouvoir dire Vous êtes ici en pointant du doigt sur la carte l’exacte courbe discontinue que dessine l’ancienne enceinte impériale. Il y a des profondeurs sondées, d’autres à ciels ouverts, à l’intérieur même de ces murs, entre les couloirs qu’ont formé dans la pierre les habitants de l’ancienne cité au moment où tombait cette partie centrale de l’Empire Romain – on est là juste en face d’Ancône ! ~ qui s’atteint maintenant en ferry en à peine onze heures –
C’est un repère qui permet que ne soit plus sondée aucune vérité profonde sur le monde, de celles qui rendent toute résistance inutile, qu’au contraire on voie demain sur tout pavé dès qu’une goutte de couleur y tombe, que perle en musique l’entrebâillement permanent et propre à cet endroit, de l’outre-perception. Celle que l’artiste en poussant le portail, oublie de mentionner une dernière fois en des termes intelligibles qui permettent d’y recourir le cas échéant, dans les circonstances où l’invocation se fait la plus pressante.