(Article que je republie aujourd'hui pour le hasard des choses que j'y ai rencontrees ce matin au reveil)
Je trouvais une fois sur un site de psychologie feminine, c'etait en 2oo5, un Atelier d'Ecriture dont le sujet etait 'Vous etes Invisible'.
J'y etais "coton-tige", ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais moi-meme pas grand'chose.
J'y ai ecrit (et je vous conseille de faire de meme lorsque vous trouver ateliers de ce type, tellement ces sites, sinon debordant d'informations psychologiquement en place psychologiquement planes, fournissent aussi un large reflet de ce que les graines d'ecrivains du haut de leurs 26 principes actifs savent reagir aux themes, originaux...) :
Voila un sujet qui me correpond bien plus que celui sur le train Moscou-Vladivostok, commencais-je par dire.
Car si je n'ai jamais pris le Transsiberien et ne m'y interesse pas plus que du reste de la terre-ferme qu'on voit souvent defiler a bord des trains de compagne, je suis en revanche moi-meme, justement : invisible. Et s'il n'est pas particulierement de caractere extra-ordinaire ici, la superposition de ce caractere avec un autre, bien plus grave, ne manquera pas de vous faire supplier que me soient epargnees les annees qui me sont encore comptees.
Car croyez bien, si vous vous etes precipite sur le sujet comme des petits rats enerves pour conter vos phantasmes les plus fous, que ce n'est pas formidable, l'invisibilite. Du tout. Et il m'est impossible de vous dire quel est l'autre caractere extravagant et impitoyable qui me rend tellement plus irritable que toute autre creme a base de graisse a traire, sans vous y mettre quelques points de suspension, c'est qu'en plus d'etre penible a dire, c'est penible a detacher du reste : car je suis, en plus d'etre invisible, Indivisible. Et la, croyez-moi, j'ai atteint depuis ma naissance le niveau d'inconfort que je ne souhaite a aucun de toucher, pas meme en reve, ni meme en exploit d'escalade, qui soit le plus haut et le plus ... indefectible (quelle saloperie, ca vous colle a la peau comme du tartre, ou du clore). C'est pourquoi j'ai decide de nommer ce que je viens vous conter 'L'autre indivisible qui chantait tard ses peurs'. Ce qui suit est le temoignage touchant, grave et honnete, de ce qui m'est arrive sans debordements exageres, la semaine derniere, c'est a dire au moment ou je m'y attendais le moins.
C'etait lundi matin pour tout vous dire, il etait 9h passees et j'avais, de par mon caractere irreversible d'indivisibilite, un bout de bras, que j'ai d'aussi indivisible que la concordance des temps et que tout le reste du corps, accroche dans la portiere d'une voiture de taxi aussi indivisibles l'une de l'autre que le mauvais accord des temps avec moi-meme dans la situation presente ou future, entremelees, portiere et voiture dont je ne parvenais pas a me defaire.
Cela faisait 4 heures que la pluie tombait a torrent, 2 que j'etais en-dessous et bientot 12 minutes que je me faisais trainer par les rues de Paris au bout d'un voiture pas vraiment decidee a me lacher le bout de bras que j'avais d'aussi indivisible que le reste du corps, ce qui est bien le propre de l'indivisibilite, vous en conviendrez.
Et soudain je fus pris d'un doute. Celui de Sonic Youth, dans l'ombre d'une question. Sur l'existence meme de l'etre invisible. Jeu de reflexion de soi sur soi-meme. Drole de moment, me direz-vous, devant une portiere qui avance vite en meme temps que moi, pour faire dans la philosophie et tergiverser a torrent sous les trottoirs ou sur tous les toits, mes etats d'ame et mes crises d'angoisse. Inopportun, jugez-vous ? Pourtant, comme incongrue cette situation, ce moment ou je m'y attendais le moins, ces double fonction et double propriete combinees, c'est bien la dans celle-ci, entremele et fondu, que cela me prit, et tant pis, c'etait imprevisible, il y a pire comme attribut... Il y a toujours inidivisible, bien sur. Donc c'est la , et ttandis que le taxi continuait de rouler alors que je l'avais paye en lui disant que je m'arreterais ici - le doute n'etait pas possible - que me venait le questionnement indefectible de son point d'interrogation, lui-meme indefectible d'un probleme global, le tout formant une chaine assez pesante qui m'agravait la situation ~ si vous voyez ce que je veux dire, puisque ce que je veux dire, lui, n'est pas invisible - c'est deja ca de pris. Questionnement sur son appartenance a une quelconque categorie d'etre reconnu. Le propre d'un individu est bien d'etre reconnu comme tel, comme personnalite individuelle. D'ailleurs, un etre ayant souffert de l'orphelinat de son enfance ne dit-il pas, dans plusieurs films et de facon tres recurrente, marquee, ponctuee, pompeuse et jouee avec gravite, et de facon tres recurante a force, que son papa ne l'a "pas reconnu". C'est la que je m'identifie a l'orphelin que j'ai toujours defendu, ainsi que sa veuve epleuree lorsqu'il meurt tragiquement, et c'est la que je me mets a pleurer de mes larmes indisivibles. Une longue flaque d'eau salee qui, au lieu de goutter et atteindre comme tout le reste le sol accueillant de l'eau du monde entier, me mouillait le corps en restant pendue la, lasse et abominable au bout de l'oeil comme une idee, oeil que j'avais deja de plomb pour ne rien arranger - ce que ceux qui deja me connaissent deja peuvent savoir. L'idee de n'etre pas connu ni reconnu, par nature, m'infligeait ces violents coups de portieres. C'est devant le buste du musee d'une Marianne de la marine, sur la Place de la Concorde qu'on me jete comme un indivisible, tout le devolu, c'est-a-dire sur la plus belle femme que la pluie battant son plein ait jamais fait paraitre ou disparaitre de facon plus reelle, et de facon plus reellement craquante, ce qui est bien la propritete premiere d'une femme indivisible vous en conviendrez, ni meme taire, ni d'ailleurs de terre. J'etais la, indivisiblement plein, suspendu au-dessus de mes gouttes de pleurs, songeant que la chauffeur avait du prendre peur lorsqu'il se rendait compte qu'il m'avait peut-etre emmene gratuitement - alors que, bien entendu, je voulais le payer. Mais que voulez-vous, je n'ai pas dit mot, je n'avais pas meme demande ou aller, et il etais parti, sans meme m'avoir cause, ni tort ni autre chose de drole.
La femme attendait la, sous son parapluie, quand l'homme indivisible vint la cueillir fraiche. Et moi, tout invisible, qui n'avais plus grande estime de moi depuis quelques minutes, apres m'etre fait une scene a mon plus grand dedain et a ma propre personne, sur ma propre condition que je n'avais plus tres propre, je les regardais faire et tenter se defaire.
Pour cela, mon vieux, ca va mieux, je vous rassure, seulement si vous permettez que je vous appelle mon vieux. Mais a ce moment-la, ca n'allait pas. Du tout. J'etais en morceaux, ce qui est bien le comble, pour un etre indivisible, vous en conviendrez. Je fus simplement triste qu’elle ne m’aimat pas des la premiere seconde ! J’etais a ses pieds. Tres beau sans doute, sous cette scene de pluie ou elle etait tres belle aussi. Et elle souriait delicatement, regardant tout autour ce qui ne pouvait resolument et en aucun cas etre moi.
L'indivisibilite me frappa net. Je fus profondement solidifie, je me rigidifiai, alors que mon coeur, lui, tombait bien en morceau. Car elle me regardait.
Je n ai pas gagne beaucoup a etre invisible depuis la naissance, croez-moi. Pas d'ecole, pas d'enfance, meme, et surtout tres peu d'amis qui etaient comme moi. Car je ne les trouvais jamais. J'aurais bien prefere etre une passe murailles, ca va de soi.
J'aurais bien prefere etre une sabine, qui a le don d'ubiquite, avoir un don de cubicite, d'ovalisme, ou encore de television.
Me transformer en objet, voila, pourquoi pas ! Avoir un sens dans la geometrie, au moins, moi qui aimais tant les sciences, et les sciences de l'espace. Je n'avais pourtant aucune profondeur.
Mais elle, authentiquement !, elle me regardait.
Sans doute la dote pour une raison que cette femme a de ne pas aimer spontanement autrui, ni plus apres peut-etre, ces facons de me voir et de me decisager pour me faire entendre que meme visible je ne l'interessait deja plus comme qu premier jour des debuts des derniers jours de la fin. Ni debut, ni rien, ca, c'etait une femme de caractere. Et qui disait en vous regardant
Tu peux toujours rever, les femmes comme noi ne sont pas des femmes pour toi. Je n'ai pas de profondeur, et je suis trop integre, parait-il, pour profiter de la situation et de ma condition (il parait que c est rare, cette combinaison ?) d'homme invisible.
Je m'en fous. Un peu en apprarence. Je ne regarde pas a la rarete, je ne regarde meme pas au profit. Je veux juste y voir clair, qu'on arrete de voir a travers moi comme dans un livre ouvert. car ce n est pas un livre ouvert que je suis: je n ai meme pas d'histoire.
Je suis dans le doute ce livre inacheve.
Achevez-moi, bon sang !, dirait la voix off pour se moquer de mon etat de Mona Lisa.
Quel hasard, alors, avec ce que ce matin au reveil, je trouvai de commun avec les choses qui s'en vont bien droit la pipe au bec et l'ame apaisee de voir revele un nouveau jour de travaux devant ma propre fenetre.
C'est Hector Berlioz, lui-meme, qui est face a moi ~ attention, pas Berlioz, Hector Berlioz.
C'est cette peinture dont cette nuit j'ai fait grandir encore la profondeur technique avec celle que l'huile en y refelchissant un peu, m'a inspire un peu plus tot dans l'apres-midi. Pur hasard des choses : comme souvent, au moment ou j'y pensais, je ne pouvais pas immediatement mettre en application ce qui me venait a l'esprit. Alors comme toujours dans ces cas-la, et en depit - ou au mepris presque - de ce sur quoi j'etais cense tacher de rester concentre une fois de plus, faute de quoi je me risquerais a de dures reprimandes, je n'ai pu faire que cogiter l'idee et lui faire, comme il m'est si souvent possible de m'en trouver conquis, prendre l'eclat que cette nuit grace a cela, a pris comme je l'en charge, ladite peinture ~ dont je parlerai dans un nouvel article, plus tard sans doute dans la journee sous le titre mirobolant mais pas tant finalement de Derniere Occasion d'admirer en peinture la fin tordue de l'Automnisation-vite ! de 2oo8, de mes trois vues sur Hector Berlioz au cimetiere de Montmartre.
La peinture dont il est question de reparler, eh-oui, je sais bien que nous sommes en hiver, a traine jusque la, mais j'ai pris un plaisir delicat a la faire attendre et un autre, a chaque nouvelle couche que je decidais de lui donner pour en accroitre la densite et la profondeur physique que je lui trouve deja et de plus en plus, de vivifiante ~ parce qu'en relief et en couleurs ~ a oser encore douter et craindre jusqu'a etre satisfait de la parfaite harmonie de ces reliefs avec l'existant,cette peinture donc, trahit comme je ne l'avait pas decide initialement, la trop rapide automnisation-en-effet, de mes vues sur le cimetiere. Trois jours a peine ~ le temps de l'observer et de le voir marcher plus vite que le desormais paisible Hector Berlioz, et le phenomene etait fini, pret a etre oublie pour tout ce qu'il contenait d'exceptionnellement beau qui lui valait de devenir peinture, ou a etre peint justement, pour devenir et rester la contenance exceptionnellement belle de ce qui se laisse librement apres cela observer ~ a tout jamais ~ tout comme l'est le desormais tres paisible Hector Berlioz.
Quel hasard, alors, me direz-vous encore, puisque vous n'avez pas eu de reponse a cette question qu'en titre je suggere ? Voila un mois que l'automne a fini de se laisser disparaitre les derniers signes de son existence, et qu'en ses lieux et place l'horrible et insupportable hiver sans nom acheve de rendre tout phenomene exceptionnellement beau, une chose morte, degarnie, sarcophaginique, momofiee et en attente de lendemain mais remplie en meme temps de cette assurance qu'assez certainement ce n'est pas demain qu'ils arriveront ~ c'est en cela que l'hiver est horrible et abuse de son pouvoir ! ~ et voila donc le meme temps que j'ai ecrit, publie pour la premiere fois sur ce blog, cet article date de 2oo5, repris et corrige.
Il faisait encore automne et nous etions encore prets ~ surtout moi d'ailleurs ~ a voir naitre a l'esprit l'idee seulement de me faire le peintre d'un paysage qu'a cet instant ou je me le suggerai, je vis comme indivisible. Indivisible parce que plastique, parce que Hector Berliozien et donc indivisiblement indivisible
par nature.
Je pensais sur la page 56 du guide des cimetieres parisiens ~ une version de 1978 dont m'a rendu heritier le proprietaire de l'appartement en meme temps qu'il m'a fait digne proprietaire d'une collection de livres aussi vaste qu'elle parcourt a peu pret touteles epoques et les contrees du monde ~ et observais l'emplacement exact de cette tombe de Hector Belioz en me situant du bout de l'index de la main gauche l'appartement avec vues, les idees, et les envies ~ tout ca, simultanement ce qui n'est pas rare pour moi. Authentiquement, immanquablement, Hector Berlioz etait la, devant moi, mais de l'oeil en cherchant la forme de cette sepulture dont j'ai trouve sur internet quelques photographies plus ou moins ratees, les plus ratees ayant ete celles qui m'aiderent le plus a le trouver visuellement sur le terrain physique traverse non-pas-nu-mais-vite-oui quelques heures plus tard, je ne le toruvais donc pas si aisement et me rendit entre les murs pour l'aller pecher
en vrai.
D'indivisiblement fixe, d'invisible et d'ntrouvable-Ailleurs, sa sepulture me fit faire plusieurs fois le tour de la partie Nord-Ouest du cimetiere, ou elle etait censee se trouver, cote sur lequel donne mon appartement, donc.
D'immanquablement introuvable, la sepulture devenait peu a peu indivisiblement absente de ce champs de marche qu'inlassablement pourtant je poursuivais de parcourir en long en large et en travers jusqu'a meme m'eloigner pour ne pas dire eviter, du coeur ou j'etais le mieux cense le trouver.
Hector Berlioz, aussi fige etait-il cense etre dans l'etat desormais tres paisible qu'on lui sait, m'a maites fois esquive, il m'a detourne, m'a contourne, et meme m'a-t-il laisse tourner en bourique dans les sens les plus improbables du parcours automnal et alors superbement fin du cimetiere, de telle sorte que je rentrai chez moi en deux heures, sans l'avoir trouve ! Ce matin, au reveil, le cypres qui a penche a cause de je ne sais quoi, vient de me donner a voir,devinez quoi : la tete authentiquement verte du buste en bronze de la sepulture introuvable de Hector Berlioz. Et je me refuse absolument a aller, avec ce hasard fascinant de l'avoir peint imaginairement hier au soir ~ a peine six heures entre les deux evenements ~ sans le voir jusqu'alors, trouver phsyiquement en traversant nu-non-mais-vite-oui encore le cimetiere de Montmartre.
Defi suivant, me suis-je exclame seul devant ce spectacle qu'accompagnaient a fracassants rythmes de maitres les pics du marteau fou des quatre employes de la dde qui me sont desormais aussi familiers que sympathiques, peindre cette illusion d'optique qui m'est donne de voir de loin, ephemere je le souhaite, du buste introuvable de Hector Berlioz, lequel je le redis avait quand meme deja donne son nom a la toile.
Si la concordance des temps elle-meme n'est pas indivisible comme peuvent l'etre les choses indivisbles en soi, je laisse cet article cette fois-ci encore en attente de suite, avec cette meditation : les evocations que ladite concordance des temps fait correspondre les uns avec les autres, elles, sont indivisibles, et indefectibles ~ aussi souvent qu'un artiste est present, et aussi longtemps qu'il choisit de le rendre tel.
Peinture : paysage ou chose longtemps.
J'appelle ca La Preuve par le titre :