Indeed, there's something rotten in the Kingdom of Denmark. I guess it's nothing but an egg. Hamlet : Omelette !
Omettre, permettre, promettre, promis, promu, promouvoir, mouvoir, mu, nu, sec, sac, sachet, cachet, cachette, pochette, poche : oeuf !
Neuf, nouveau, mene-vaux, bele-faux, belle-tot, moche-tard, mouffetard, mouffeter, moufflet, mouffle, morfle, morfler, morve, torve, tordu, tordre, mordre, ordre, corde, corne, connu, con, cou, col, colle, collet, tolle, tole, tonne, ton, thon, thin, teint, teinte, peinte, pinte, ponte, pondent, pondre: Oeuf !
Boeuf, bouffe, boive, soif, coiffe, coffre, offre, offert, defaire, refaire, ressert, concert, cerf, cerfeuil, cueille, oeil : Oeuf !
Enfonce, defonce, fonce, once, Oince, coince, corse, Corse, Corse, corset, Orsay, hors-sec, fort-sec, forcer, force, force, froncer, foncer, fonce, fond, fondu, fendu, pendu, pondu : Oeuf !
Rien a y faire. Hamlet conduit l'oeuf.
Irremediablement, il a l'oeuf en lui. Qu'y faire ? Faut-il meme y faire quoi que ce soit, pourquoi cela devrait seulement lui deplaire ? Hamlet est un oeuf, il aime l'oeuf, il fait l'oeuf, il tait l'oeuf, il ne le fait pas, il l'est, l'oeuf, en pantouffle, pantagruelien, panagreen, bof, quel boeuf, Hamlet, sale boeuf, bleu-fait-de-neuf, refait neuf, tu sembles ignorer les comptoirs qu'on accoste, Hamlet omet tes sacs tu n'as rien a faire la, illegal cheval a vapeur, fulmine amazone, sculpteur Spirit et extsasie-toi, tu expires deja tandis qu'on commence a peine a parler de toi. Tais-toi, l'oeuf de ta tete nouvellement degarnie ne te fait pas moine, combien diable fais-tu fable en trottoir d'automne, hibernation de tes connexions montees en derivation ou en serie, merde.
Une roue de velo vers l'avant continuant de tourner en roue libre, et comme une poupee qui perd l'equilibre, tu es libre !
Ta jupe se retrousse et ton pantalon blanc seche lentement, gravit le feu gentiment, tu peux enfin crier d'en haut, tu vois toute la vile ville, qui a grandi, et bien change entre-temps. Comment t'appelles-tu ? Melodie comment ?
Combien de temps, ca ne regarde que moi, Hamlet, defais-moi, sauve moi princesse de l'histoire ou bien des tenebres, princesse en jupon long, blonde aux ronds yeux rouges sous ces feux de cieux aux cheveux de dieux chauds-ardents, t'anticipent et te vouent-quand-te-louent des destins tragiqement acheves dans l'ete d'un foie d'ensemble, quand la poupee sourit. C'etait un piege Hamlet, ton attrape-oeuf inte ! gralement apparu dans le ciel au-dessus de ta tete etait pour te defaire de ta premiere assiette, promis ! Transfigure-toi, dix figures affables qui attendent que ta figure se defasse de ces rides qu'apparement tu revets avec joie chaque nouveau soir de scene, en piste, artiste, artisan de mille et un courtisans, remets sur la table tes collants blancs, travesti trouble aux dents doubles dedans, simple en dehors, si primaire en apparence, sans pareil pourtant, fanfaron sans fioriture, tordu personnage, troglodyte, dis-tu, reinventes-tu le registre de Shakespeare qui te fis monte sur toile, monte sur ane, monter comme tel, qu'en fais-tu, ta poupee t'attend, elle te tend ces deux bras qui tentent de te tromper, trouble-fee des fetes en fait faite de douze-et-quelques tetes, plus maligne que toi, un peu mijoree, un peu naive comme ca, te manipule et te confond, tombe et repousse tes limites dans les siecles qui suivent, tu te tournes vers le ridicule il t'absorbeet t'aborde de toute sa gratitude, on dirait bien qu'il te comprend, j'en veux a ton, je veux te prendre, raide bete des baies de l'antre, ta chute tendre m'a remis une fois sur scene devant le gout du jour d'un apparat qu'a part je prends comme tu prends part a mes rires dans la foule en folie, qui te veux plus de mal que le bien de ces autres, qui te peux mettre sous l'estrade pendant que tu continues de jouer dessus, tu te reposeras un peu, ces liens feront l'affaire.
Fier et haut sur tes talons aiguilles, Hamlet, mou molet de cycliste epuise parles temps qui t'ont couru dessus tu devrais te defendre un peu, ton nom baffoue celui de ton creature, tu es la creature d'aurore integral, l'identique qui ailleurs introuvable dans cette meme et seule ville vieillit mal et tourne sur toi-meme, tords-le-cou, trompe les corps des morts qui ne t'ont pas survecu, sur qui tu pleus les tombes, vaches ameres, aux airs tendres mais amers, rependus dans l'air et dans la mer de Londre, tondus comme ces moutons, belant que tes freles representations d'aujourd'hui n'ont plus de commun avec celles d'antant que ton nom, et encore se feminise-t-il, tombe-t-il dans le desuet filon des marchands qui le bradent et le fondent, le font fondre et le vendent au prix devine de quoi : de l'oeuf.
Poupee des siecles, viande bonne a traire, bonne a te taire, te refaire et te mettre sur les piedestales de la petite perte des primeurs d'un marche qui te veut pourri dans devine quoi : l'oeuf ! malgre ton age, tu restes a eclore, tu festoies sans en decoudre avec tes doriphoriennes ivresses des premiers clous de ton anonymat, il y fait dire des paroles e toi qu'en eclats prononcer meme en francais est prune-en-pres pour toi, et pour notre plus pur bonheur. Hamlet a l'honneur, omelette au beurre tendre, meme bourgeois et francomptois, gilet de facilite qu'onces de folie te sublime sous ces feux forts defaits de frais de tournee, la magie opere devine quoi ?
Etre, ce n'est plus la question. On est, c'est tout.
Les rencontres essentielles sont souvent des rendez-vous différés. Après avoir mis en scène Othello, Titus Andronicus, Le Roi Lear, Macbeth et Richard III, Matthias Langhoff se mesure enfin à Hamlet. À sa façon bien sûr : entre Old William et Heiner Müller. « Le prince Hamlet est vieux et fatigué. Dans la chambre à coucher, Gertrude, sa mère qui est restée jeune, et Lady Macbeth dansent autour du lit et font un concours d’airs d’opérettes tandis qu’Ophélie, ivre, attend l’amour et chante. Shakespeare comme auteur de séries télé ? Hamlet, un exercice d’improvisation pour des comédiens errant sur le marché du travail dans le but d’une meilleure approche du kitsch médiatique ?». Il y aura de la musique, des chansons et des musiciens sur scène, « Hamlet, un cabaret ? Et pourquoi pas, puisque c’est une tragédie. »
Le fait est que Langhoff, brechtien convaincu à l’humour ravageur, invente des fictions contemporaines qui n’ont de cesse de nous tendre un miroir. Hamlet n’a-t-il pas usé du théâtre pour acculer l’usurpateur ? À quoi faut-il s’attendre, alors ? « Rien d’aussi navrant qu’une idée nouvelle ou qu’une vision contemporaine, non : rien que du beau ».
Et pourtant, en filigrane, Langhoff dévoile ses intentions : « l’hiver approche et les sans-abri aspirent à une omelette plutôt qu’à un Hamlet. Et cela ne dérange personne qu’il y ait quelque chose de pourri au royaume du Danemark ».
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