Culture intra-utérienne d'une fleur technologiq : cheminement d'une réflexion de l'esprit sur les bords brillants de lyrism du théatre alternatif ~

Publicité

Coucher coulant de soleils gris liquides - Liquidations Totales !

Nous sommes Mardi. C'est la sixieme semaine de Juin, il y a des le matin coulant des gris liquides, du bleu adorateur qui danse dans ma baignoire. De mon 2eme etage, avec la fenetre grande ouverte sur la place, je laisse un peu la folie du jour penetrer mon interieur. Je ne peux plus dormir, il fait deja tres chaud. Et dehors, tout s'agite : la Guerre des Prix a commence.
 
-2o, -3o, -4o et meme -5o % ! Le 42 de juin est un jour que je hais. Par-dessus tous les marches, par-dessus mon couvert, je dois encore nager, comme l'annee derniere sur la vague de foule pour gagner mon magasin et mon beurre derriere lui car c'est une copropriete. 
Ce jour que je hais. Il commence a 4h, et dure toute la journee, des efforts faits de chacun a laisser des marques a vie. L'offre du jour ! Les meilleures demarques ! On croit voir tout se liquefier.
L'annee derniere ce fichu jour a ete redoutable. J'y ai perdu mon commerce, que j'avais pu refaire d'un neuf a trois volets s'etait volatilise. Dematerialise dans la cadence folle des prix qui chutent. Je n'ai pas sonde, je l'ai laisse s'enfouir. Heureusement moi, j'etais sauf. C'est bie tout ce qui compte en definitive. Heureusement aussi, je me suis leve tard aujourd'hui. Pas encore assez cela dit pour l'esquiver entier.
Un courrier m'attend dans la boite a publicites, c'est une offre exceptionnelle, je l'ouvre. Pour moi l'offre est une demande en mariage. Je n'y coupe pas, je file directement retirer mon lot. J'etais gagnant, quelle chance.
Un peu plu tard, maintenant marie et sans enfant, je rejoins ma boutique. Au 142 de l'Avenue Gabriel Peri. Tout sent bon et est frais. Tout est calme, surtout. Pas de promo chez moi. Je prends le risque. Je n'aurai probablemeent pas a deballer de plastique aujourd'hui. Cette seule idee me rend assezoptimiste. Je m'affaire plutot a des vieux effets. Je me mets spontanement a deballer de vieux albums, a depoussierer des cartons que j'avais pris l'habitude d'oublier.
Je tombe sur des tres vieux disques de collection, jour reve pour les regarder passer. Je les manipule avec precaution. Je joue de ces raretes que je perds l'habitude de contempler en patience.
Aux premiers retentissements violets, au loin dans les quartiers les plus miserables, je monte la musique. Me voila isole. Si je pouvais carrement fermer boutique. Je ne veux rien savoir. Un vinyl d'Aphex Twin, Selected Ambient Mix. Du bonheur parfume glissant en pente douce comme une epingle d'ongle docilement figee sur la maille interieure d'un debord d'onde glacee sur eponge humide d'une unique terre fertile pour cette nouvelle ere a la porte des dernieres epoques revolues qui ne peuvent plus parler.
La gravite de l'annee, elle commence le 43. Un homme entre chez mon voisin. C'en est un. Un vendeur. Un enroleur. Pour quel compte joue-t-il ? L'antiquaire le refoule, l'odeur vient jusqu'a moi quelques instants plus tard. Je ne peux pasle mettre a la porte aussi facilement. Un client baisse sur des vieux albums de Kruder & Dorfmeister leve les yeux. Un vrai humain, qui ne joue pas les plastiqueurs du dimanche. Il me conseillerait volontiers pourtant d'expedier vite le robot. 
"M'sieur REGNIER ?", "Monsieur JR REG, auteur de la page-qui-fait-mal-au-cul ?" Tiens ? "Une nouveaute qui vient d'Ecosse. La promo vient de commencer. Il faut absolument que vous l'ayez dans vos rayons. Un album de lancement ! Schwarz est reste comme deux ronds de flans. "C'est qu'elle commence a avoir la cote ta boutique" Va falloir se mefier. Toujours pas la moindre trace d'un Coyote Agglutina, ce qui est bien normal, puisque c'est une autre histoire. Celle-ci bat tous les records pour seduire le lecteur, allant jusqu'a se laisser brader, ou a vendre son ame et corps pour attiser l'etre conquise. C'est la guerre des Prix, nous sommes a Paris. An 2o5o. Les loyers n'ont plus de prix. C'est une guerre politique.
Je me precipite a la devanture de ma boutique a qui je demande naivement de rester discrete un moment ('S'il te plait', 'Chut!', 'Pas un bruit', 'ma louloute', 'ca va passer', lui dis-je pour me rassurer...)
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article