Culture intra-utérienne d'une fleur technologiq : cheminement d'une réflexion de l'esprit sur les bords brillants de lyrism du théatre alternatif ~
L'immeuble faisait une vraie, longue, muraille de deux enceintes espacees irregulierement de quatre a deux metres cinquante, filants parallelement sur une longueur humide de plusieurs dizaines de metres de gris, basculant tantot vers les plus profonds obscurs, tantot culminant a une couleur grise vaguement lumineuse qui permettait d'en apercevoir en fait la reelle couleur ocre, ocre-rouge.
De l'autre ote du fleuve, on ne voyait qu'une facade lugubre, terne et presque se l'imaginait-on abandonnee.
On pouvait s'en decrir les couloirs sinistres, pourtant des lors que s'allumait une lumiere, l'atmosphere evenait pire encore. Car habite, c'est la qu'il devenait vraiment effrayant.
Il se donnait des cours d'arithmetique, au rez-de-chaussee de l'escalier central de l'enceinte nord, dans la plupart des quatre salles qui appartenaient a la meme ecole. Quelle ville et quelle epoque.
Et il y avait "chez nous". Nous venions de faire acquisition de l'un de ces sinistres appartements du troisieme etage. L'escalier ne montait pas plus haut. Plus haut c'etaient les toits, et on n' accedait que par deux escaliers de service, en extremite des deux immenses ensembles, et on y circulait .. on n'y circulait pas d'abord, parce que c'etait interdit, que les seules conditions pour que l'immeuble fut conserve, etaient que leur acces en soit condamne, et aussi ou surtout parce qu'il s'y trouvait plus de dangers que n'y sont les combles d'une batisse qui venait de resister a l'ultime epreuve du feu. Des gravas, voila ce qu'etaient les poutrelles des combles, et les poincons n'existaient plus, et les arbaletriers formaient de jolis planchers, couches au sol, et des pannes elles-memes, ne restaient meme que figuratives persiennes de l'etat de delabrement qu'on souhaitait rester si immobile que reordonne dans le chaos.
Les voisins n'etaient pas tres nombeux, alors nous parcourions l'immeuble a la recherche e quelques decombres a recuperer pour aggrementer le peu de mobilier qui nous rendaient l'appartement unique au monde. Mais parfois nous tombions sur des voisins et ce n'etait pas tres beau a voir. Nous voulions eviter a tout prix nous croiser, entre voisins. Mais nous aimions tant savoir qui vivait sous, et a cote de chez nous, qu'a plusieurs reprises nous avions emprunte un de ces couloirs directs de l'enceinte sud, pour nous retrouver face a notre fenetre et epier tous mouvements. D'ici nous n'avons jamais rien trouve de fantastique, que decombres de gens, que familles ruinees, et gravas de couples, parfois meme les grises solitudes d'un homme en age de decrepitude nous rendaient aussi tristes que s'il s'etait agi de porter atteinte a sa vie en le regardant seulement, de la fenetre d'en face. Cette courette centrale, ces courettes separees de murets de trois metres, qui filaient tout le long entre les deux enceintes, nous n'avions jamais trouve une porte qui nous en permette l'acces. Mais nous avions ruse comme les fins renards que nous pretendions etre.
Nous etions descendus une fois, depuis la salle de cours de langues ~ etait-ce de l'allemand, du russe ou un autre dialecte slave, nous n'en savions rien car aucun de nous ne s'y connaissait en langues, meme de l'anglais aurait ete evoque si l'un de nous n'avait tout bonnement dit que l'anglais ne pouvait sonner aussi rugueux apres nous avoir en effet imite l'aspect d'une inscriptio qui etait demeuree sur le tableau. Nous avions reussi a ouvrir la fenetre sans trop casser le cadre, mais le verre en etait tombe. Ce n'etait pas de la maladresse, mais ca prouvait deux choses : que les cours de langue n'avaient pas le vent en poupe et que les etudiants n'ouvraient jamais les fenetres. Ce sont des cours de russe, reaffirmait le plus fute.
Un jour nous avons penetre ces courettes, et les avons traversees, une a une, de part en part avons parcouru cette allee centrale meconnue de nous, de notre porutant tant-aime immeuble.
Nous y avonstrouve des restes de tout ce qui peut ne pas etre imagine.
Ossements, de chiens et meme nous l'avons cru, humains.
Et des fruits et des legumes, gros comme des pasteques. Un tresor ~
Un soir que nous epiions les voisins depuis l'appartement vide de l'immeuble d'en face, nous avons entendu des bruits au rez-de-chaussee. Alexandra venait de suggerer qu'on y passe la nuit car elle avait trouve cosy cet endroit, elle l'avait meme trouve propre a emmenager. Nous avions passe une partie de la soiree a demenager quelques uns de nos rares meubles et les avions transportes discretement jusqu'a cet appartement ~ exactement en face du notre, meme etage, meme numero, meme escalier.
Mais depuisle rez-de-chaussee, et alors qu'il etait au moins deux heures du matin, nous avons ecoute ces bruits et les avons entendus se rapprocher. Quelqu'un frappait a toutes les portes. Lentement, parlait avec les gens qu' lui ouvraient, et montait encore. Jusqu'a nos etages !