
Dernieres chances d'assister, en peinture faite a l'huile, au caractere juteux et ephemere du massacre sur toile du spectacle, epoustouflant d'illusion, de cette fin d'Automnisation-vite! de mes deux vues sur Hector Berlioz au cimetiere de Montmartre.
[enieme phase (cinqiieme couche) ~ et encore loin d'etre la derniere]
La peinture de cette toile m'a jusque la deja beaucoup amuse. Car a defaut (et loin) d'etre un artiste du pinceau avere, je prends assez de temps a trouver l'accord parfait de l'existant avec chaque nouvelle couche que je veux l'y superposer mais c'est tellement a chaque fois un resultat que je juge satisfaisant que j'eprouve donc un plaisir indescriptible a redouter d'abord en en riant, le moment ou je ferais l'erreur ultime de tout saboter jusqu'a rendre la toile ideuse et parfaitement foireuse, puis, ceci ne venant pas, celui ou je constate, ravi, que la mesure est juste, de cet accord.
Ma peinture sans doute est comme mon ecriture : aesthetiquement experimentales, a l'oppose de ce que l'on a l'habitude de prendre le temps de regarder tant on aime, c'est a dire a l'oppose direct ! et antipodique !, de ce qui d'usage est aime, qui resulte d'un travail toujours empiriquement esthetique. (Lire + sur cette distinction)
En pratique, ma peinture comme mon ecriture, donne a penser que l'oeuvre est inachevee lorsqu'elle est fait finie, alors que c'est quand je n'en suis qu'a poser une trame de fond, que l'on pense que j'en ai fini.
Maismoi, ce dont je reve, c'est d'une peinture qui soit une gravure dans la peinture, sorte d'orgue a plusieurs dimensions, qui fleurirait a chaque saison selon un procede parfaitement inexpectable, intenable, insupportable puisqu'encadre par un bois tellement travaille et surtravaille par des vrais professionnels du metier, que l'on eprouverait un sentiment de culpabilite ~ ou de fleme ~ a la seule idee de le deplacer. La, pose un bonne fois pour toutes sous la fenetre, devant le radiateur, a hauteur de genoux ou de tibias, la toile, que l'on pourra efleurer a chaque ouverture de la fenetre, s'illuminera tantot de la clarte du jour, tantot prendra-t-elle l'eau qu'un fin crachin parviendra a atteindre ~ sans qu'on puisse y faire quoi que ce soit, encore une fois, et de telle sorte que l'on pourra considerer cette toile comme une monogravure faite par nature dans le sein desequilibre, incalculable, des scenes propres de ladite toile : si possible ~ et je vais m'y tenir lorsque je pourrai regnagner ce doux reve ~ en Bretagne, sur le Golfe du Morbihan.
Pour cette toile j'ai la chance inouie de pouvoir admirer aussi longtemps, aussi fixement et auant de fois que je le desire, mieux donc que n'importe lequel de ses contemporains, de son vivant, l'authentique et authentiquement historique, Hector Berlioz a qui je destine cette toile. Pour l'heure et parce que je ne peinds pas a Vannes ni a QUiberon ou a Carnac ou Auray comme je le desirerais, cette vue m'est un privilege dont je tiens a jouir pleinement et auquel je tiens a rendre justice. Justice !
Plaie, fair-play, fairy tail, queue de pie, cette toile n'est pas seulement la forme avalee ovale d'un coin de tole mal developpee, mais aussi et surtout l'inouie, j'insiste encorela-dessus, l'inouie chance que j'ai de devorer comme boulimique, le destin tragique des tables de sepultures de Montmartre, avec d'autant de reconnaissance que de philosophie a leur approche.
Anticipations sur les suites de cette toile :
Une marque ferme et franche va tranher obliquement le morceau de reverbere jusque la rond, biaise, va baiser ce dernier obliquement de droite a gauche, pour en faire la demie-sphere aesthetique que je lui veux prendre l'apparence. Peu a peu, l'automne apparaitra pour faire, a rebours, disparaitre ce semblant d'hiver qui hier matin m'a semble approprie de deposer comme un fin voile bleuterne, et faire apparaitre a sa place, un bourgeonnement pullulent, rapide et intense, de feuilles ~ oui, dans cette toile, le feuilles bourgeonnent et deviennent d'authentiques et febriles fleurs de cimetiere ~ rouges, oranges !, jaunes !, et quelques unes, vertes, surle devant, feront office de cypres, faisant, aux fils, de si pres, d'arrangements floraux comme d'autant d'ikebana de cimetiere ~ car il est injuste qu'ils n'en aient pas. La Toussaint ayant ete traverse-vite!, lui aussi par la lente progression de cette toile, comme l'objectif a longue obturation ~ et tant de poses aigues ! ~ apparaitra lui aussi, comme un fantome, deguisant partiellement la vue en un champs d'improbables coquelicots. Le resultat evidemment, me plaira puisque j'eprouvera a la realisation de cettephase, un intense plaisir lie a la crainte ci-avant mentionnee, de tut faire derapper, et donc de tout tuer ~ le comble pour une peinture de cimetiere.
Cette blague depassee et la peinture secheee, il me sera alors possible de reprendre la tache entamee bientot deux mois plus tot (eh oui, je sais ...), de rendre au poteau Valmont, non seulement forme conique a base hexagonale, mais encore sa parure superbement automnale, un manteau rouge et cyan (!!) de plantes grimpantes qui devaient etre une espece quelconque ou particuliere, je ne sais, de lierres, detachees du reste de la scene puisqu'avide de hauteurs !
Musicalement et en meme temps, je composerai sur le cote droit, des flutes qui sont en realite trois caveaux erriges aussi peu gras que maigre en base, eleves aussi haut que possible, et defaits de tout detail, ainsi qu'il m'est possible aujourd'hui comme hier de les observer, impassible au temps, indifferent de la saison et donc parfaitement defaits de toute notion de couleur : blancs.
A gauche et en plein milieu du cimetiere, qui en demi-mesurera la profondeur, ainsi que le feront, devant, le mur, et au fond, les cypres ci-avant evoques : bleue, une Vierge montee haut sur le sommet d'une guitare verticalement posee sur une tombe, nous tournera le dos et priera comme elle fait maintenant encore, devant un arbre qui sera aussi quelconque sur la toile qu'il est en realite un hetre.
Un quadrillage, idylliquement droit et a angles droits, de lignes verticales et de lignes horizontales, se dessinera peu a peu quand avanceront les bords de quelques sepultures inegales vers les allees, et les bords de ces memes sepultures vers leurs voisines, car ma vue de cette fenetre, est celle de tout un chacun, qui veut que les lignes de fuite soient autant, au centre, de lignes verticales, tandis que celles de ses extremites, font savoir qu'elles peuvent laisser entendre vouloir faire croire se rejoindre quelque part ~ mais ou, le mystere restera complet et ne signifiera rien de plus que l'unique et reel peu de profondeur du cimetiere a cet endroit ou une allee d'arbre marque la rupture nette du paysage bien avant les horreurs de la Place de Clichy.
Enfin, et plus important quetout, que j'ai pris en croquis deux fois et en photo trois voire quatre hier matin lorsque je l'apercevait enfin pour la premiere fois, la tete de la statue de Hector Herlioz, discretement, fera office d'hallucination en meme temps qu'il fera office de trois vues sur lui-meme, puisque le titre, vous l'aurez compris, est autant une supercherie qu'il fait allusion en fait au mutiples facons que je puis depuis ma fenetre, observer ce lieu d'une rare aesthetique metaphorique.
Alors, mais pourquoi deux vues et non pas trois ?
Je saurai prendre bientot le temps de l'expliquer dans une fresque qui aura le merite d'avoir ete vecu en vrai avant meme d'avoir ete pensee ~ car c'est toujours mieux ainsi