L'une des plus grandes surprises de ce siecle est encore et loin devant toutes les niaiseries de ces derniers temps, celle qu'a pondue, tel l'oeuf propulse du derriere d'une poule degarnie, JR REG : entrelesmainsdudiable.
En un seul mot parce qu'il a voulu donner a ce titre un air pretentieux, l'air de dire comme ca qu'il n'en dirait pas plus que ce mot-que-un-mot, car ce roman est, a lui seul, une page. Une page unique, et encore est-elle presque blanche, et cette blancheur nette et impeccable, cette partielle virginite du papier tout ce qu'il y a de plus banal, est choisie, volontaire, elle nous parle, et elle a pour but de faire sentir au lecteur le vide absolu dans lequel baigne son oeuvre entiere, celui dans lequel en le lui ayant vendu au prix de la plus chere des merdes du monde, il veut le plonger aussi. Un vide sideral, un vide qui aneantit le moral et a pour premiere cause directe et immediate de se sentir con, la, bete avec sa page. Et en droit de reflechir plutot que d'en pleurer le porte-feuille.
C'est un defi que JR REG s'est lance pour ultime flamme avant de mourir de l'attroce souffrance d'une maladie qu'on lui sait trop injuste, a un age si jeune et sans plus de precisions sur le pourquoi qui continue de nous pendre aux levres, de nous crever les yeux par son aussi mpeccable et nette blancheur sans rumeur, de nous faire tomber la machoire au sol tant on en reste bouche bee.
Le defi que s'etait lance cet ecrivain qui ne fit paraitre, d'une pile colossale de textes qu'il entreposa dans son petit appartement de Montmartre les deux dernieres annees de sa vie, c'est un defi sur le stylo. Il l'a regarde, l'a tourne face a lui comme il aurait fait d'un micro, et il lui a dit : aussi longtemps que tu tiendras, je tiendrai.
Le stylo, malheureusement, s'il ne manquait pas d'encre, manquait ironiquement de foi en lui, et dut s'arreter net.
Mais le malheureux personnage, qui vecut quoi qu'il en dise, quoi qu'il s'en plaigne dans ces desormais tres fameuses longues-plaintes-cinglantes comme il eut ete lui-meme la poule du derriere de laquelle il voulait faire s'extraire ce jus de chaussettes vehement d'odeurs anoxiques, n'a fort heureusement pour nous qui en recueillns aujouhrd'hui petit a petit les bribes et, peu a peu, l'oeuvre entiere a mesure que sa famille la veut publier, ne s'est pas arrete a ce signe du destin, et il l'a jete en criant
Rien a foutre, ce sera sans toi. Il commenca donc naturellement et ans la foulee, avec le talent qu'on a pu lui voir dans bien des breves et de traits-d'union-illegitime, un recit facetieux sur la lachete sombre d'un stylo stupide et d'un gout douteux, lequel stylo reviendra par la suite de son oeuvre, et ce pendant deux ans, sporadiquement, regulierement, tel un fidele compagnon d'e calvaire. Le calvaire de l'ecriture. Un fardeau presque mystique. Car il avait beaucoup a nous dire, et il ne s'en est pas prive.
Ce blog entier a pour vocation de lui rendre hommage et de propager sa douce parole d'evangeliste.
Car il fut et sera, restera toujours et ne sera en meme temps jamais
Completement cet
Antigone martien des illusions musclees nees de l'imagnaire d'Audiberti, que trepassent les orques-doriphores de l'outre-tombe, comme il s'est nomme une fois sans avoir ete Belge une seule fois pourtant ~ sa vie ayant ete trop courte.
Que voulais-tu nous dire, JR REG ?
"Up thru, this way, that was a nonsense." Ecrit-il en conclusion de cette page.
Triste fin et pourtant quel humour de l'ironie !