L'ampadiem

  • : Le blog de Ampad Embiem
  • : Culture intra-utérienne d'une fleur technologiq : cheminement d'une réflexion de l'esprit sur les bords brillants de lyrism du théatre alternatif ~
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  • Ampad Embiem, je ne suis la qu'un jour sur deux, mais je le vis plutot bien
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Archangelism scientifiq

" (...) proche le moment ou, par un processus de caractere paranoiaque et actif de la pensee, il sera possible (simultanement a l'automatisme et autres etats passifs) de systematiser la confusion et de contribuer au discredit total du monde de la realite. " Salvador Dali, Minotaure No1, 1933.

Un tres beau site sur DALI

 

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Ce blog créé il y a un peu plus de 2 ans maintenant de l'association uniq de la surprise et du tant attendu, restitue intactes les bribes

de restes d'authentiques retrouvés ici ou la, de ce que les littérateurs et créateurs de ce monde, ont contribué,

avant nous déja, est-ce a dire et, encore aujourd'hui, a élaborer le Beau pour qu'il vienne jusqu'a nous

dans l'état merveilleux ou nous avons le bonheur de le trouver pour tenter d'y toucher.

J'ai pour but ici et ailleurs, Ici Et Maintenant, dans cet IEM permanent et constant d'instabilité, de le propager, de l'expérimenter, de le faire travailler, de le dédoubler, de le transposer et de le faire permuter avec ses doubles et avec ses moitiés, de le mettre tour a tour en exergue, en abime, en difficulté, en chaloupe meme et en page pour enfin et a terme, pouvoir le remettre a la retraite d'ou il se trouvera la force apaisée et sereine méritée d'une vie multiséculaire sur toutes les plages des temps, de mener devant nous, et pour nous, de lui-meme des actions pour s'autorégénérer sans plus s'en laisser conter ~

18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 10:23
Et s'est fait bien des lueurs au cheveu en attendant l'apparition de son propre front devant ce miroir peu teint,
et s'est fait bien de blancs cheveux sous ces lueurs bleutes en attendant de front l'apparition de ce miroir qui jamais ne lui viendrait que par vagues, et encore : plutot d'incandescents flashs d'inconscients subversifs et sans veritable consistance, jamais constante.
Et s'est fait bien des idees, et encore vagues, sur le teint que devait revetir l'inconscient subversif d'un serviteur qu'en attendant l'incandescente naissance d'un materiau assez descent pour accueillir des incantations devant ce miroir qui jamais ne lui viendrait en apparition que de facon terne, oblique-presque-couchee, de front devant le cheveu teint de blanc d'un bleu miroitement celeste allonge face a ce tout submersible d'once de ronces et de mures etherees.
Et s'est fait bien des murs pour sortir sans se faire pendre et echapper a l'antinomique et molle anatomie des miroirs admirables qui lui voulaient prendre l'ame en formant cet attroupement inaffrontable de guerriers en Chariots d'Or.
Est-ce Apollon ? Non. C'est son charriot aile, et c'est Albert Samain qui en lui, en sa main econduite, detruit les restes un tant soit peu maintenus solides ou rigides, des portieres et des sieges qui le rendaient jadis si prestigieux. Leves haut comme d'une main, la coupe fraiche et nette, pure du matin, devant les yeux ravis a Apollon, des derniers Dieux dont il etait tenu de garder secrete la beaute et tenu de ne pas degrader l'embleme figure comme un souvenir de naufrage ou comme un autel a s'abaisser a louer, les restes tombes en putrefaction de sa perissable marchandise, elle-meme tombee dans l'oubli ou dans le langage populaire comme dans un berceau sans poil pour couverture, ces restes se consumment dans cet air ambiant, dans cet air degardant, et se savent prets a la chute.
Leves hauts dans ses deux mains comme d'une main il leverait la coupe fraiche indemne du matin pour prononcer comme d'usage l'illustration muette de ses mets nets et juteux : la benediction d'un patrimoine bati sur la punition et sur la reprimande, les restes du chariots sont souleves par poignees, comme poussieres ou cendres, et s'envolent lentement, se dissipent en cet air, y disparaissent confondus, engloutis, dissemines et eparpilles, comme ils n'eurent jamais ete, comme le chariot n'eut jamais existe ~ et encore, qu'en reve.
Albert Samain, qu'est-ce qui vous a pris. Qu'est-ce qui vous prend si bien l'esprit qui doive nous faire subir que l'on s'inflige nous-meme en vous lisant le devoir accompli, pareilles deceptions ! et pareille desillusion ! C'est tellement beau que l'on croit que le monde n'a pour tete qu'une vulgaire chaussette trempee dans du formole a cote de ces textes.


Alain SAMAIN, A Marceline Desbordes Valmore

L'amour, dont l'autre nom sur terre est la douleur,
De ton sein fit jaillir une source écumante,
Et ta voix était triste et ton âme charmante,
Et de toi la pitié divine eût fait sa soeur.

Ivresse ou désespoir, enthousiasme ou langueur,
Tu jetais tes cris d'or à travers la tourmente ;
Et les vers qui brûlaient sur ta bouche d'amante
Formaient leur rythme aux seuls battements de ton coeur.

Aujourd'hui, la justice, à notre voix émue,
Vient, la palme à la main, vers ta noble statue,
Pour proclamer ta gloire au vieux soleil flamand.

Mais pour mieux attendrir ton bronze aux tendres charmes,
Peut-être il suffirait - quelque soir - simplement
Qu'une amante vînt là jeter, négligemment,

Une touffe de fleurs où trembleraient des larmes

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 12:24
J'aimerais tant que Jean-Romain, en minoen ancien, signifie bouteille de rhum, ce serait tellement mieux ...

Mais comment, Andalouse-pas-qu'Andalouse-mais-farouch'-aussi, pourquoi diable-dis-le-moi devrais-je Y aller "doucement", "a-petites-doses", "oui-comme-ca", alors que , sinon presse par le temps, je suis presse par toi, qui plus tot, me disais que non-enfin-ce-n'est-pas-long-j'en-veux-plus-toujours-plus. Eh bien, mais que veux-tu je me suis plie a tes exigentes exigences-d'engeance-de-Muse, et je produis, je ponds, tout court, voila, aujourd'hui, moi, que veux-tu, ce que tu me veux (justement) !
Avec un oeuf qui en ce moment me pousse dedans et me repousse dehors plus loin les limites de l'envie de produire qui fasse eclat, il faut que j'evacue, enfin !! Trop, trop-a-faire, top, trop-a-dire, trop, trop-a-penser encore, qui doive par quelque orifice sortir et aller se coucher plus loin le devoir d'en finir avec la suggestion pour enfin prendre place dans le terre-plain-central ou savoir comment jouer d'un instrument-pour-continuer.

Et parce que c'est une amie, que je dois bien me faire pardonner de n'avoir pu de moi-meme ni dans le corps d'aucun de mes proches ou parents, me rendre a la matinee de dedicace a Cuisery (c'est a cote de Chalon s/ Saone, ca fait loin, hein) a l'Harmattan pour son livre-que-je-devine-genial L'Oiseau bleu de Cnossos, je veux dedier a Honorine Ploquet ce billet, comme on dedie un livre sans pour autant le dedicacer, faches.

Elle me tuera si elle sait ce que je suis en train de faire, pourtant je le fais : je m'inscris dans les pages que sur google en tapant son nom, on trouvera parmi les premiers, loin avec Evene et son site perso, et j'en profite pour dire que pour rien au monde je ne voudrai manquer la naissance prochaine de son nouveau livre.

L'Oiseau bleu de Cnossos, de Honorine Ploquet :

Au XVe siècle avant notre ère, Djeik réussit à survivre à un naufrage et échoue sur l'île de Crète où il est recueilli par Issia, une artiste de la somptueuse cité de Cnossos.
Un livre dans lequel Honorine Ploquet membre, et demembre un par un les liens degraphes entre eux de chaque piece de connaissance qu'il est dieu possible de se concevoir capable de rassembler sur la civilisation minoenne.
Aux editions L'Harmattan.

Esperant que tu ne m'en veux pas trop ~
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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 11:50

Premier episode de cet episode de l'histoire dans lequel on n'explique pas comment Andalouse est arrivee jusque la.
 
Andalouse est une fleur violette, une farouch' des pres. Un eclair d'or nuptial qui s'endort chaque fin d'ete et revient avec les doriphores, qu'elle mange, sans relache, pendant toute sa periode d'ovulation ~ probablement parce que cela accroit ses sensations et fait jaillir en elle ce on-ne-sait-quoi de noble qui donne a tout le gout de l'authentique.
Andalouse a beaucoup voyage, en barque surtout. Avant de devenir farouch', elle etait belier, et elle belait, naturellement ~ enfin, parfois c'etait de la comedie aussi, car elle etait surtout et avant tout belier de scene, contrairement a moi qui fus belier de chene, juste et encore a peine bon a donner de la tete ou on me la mettait sporadiquement pour enfoncer une porte, simplement en tant qu'arme dissuasif ~ ce qui n'a pas toujours fonctionne ~, pour se proteger de ceux contre qui la dissuation n'avait, justement, pas fonctionne, moudre du cafe, ou encore ~ mais plus rarement car heureusement Andalouse est la depuis longtemps ~ tuer une colonie entiere de doriphores, ce que je fais tres bien d'ailleurs.
Elle est partie de Pondichery en Inde le jour ou on a annonce qu'on nommerait le lieu Pondichery (ca ne devait paslui plaire, je ne sais pas ~) et bien avant, etonnamment, qu'elle devienne PONDICHERY L'IMMACULEE, et est arrivee comme par magie ou par detours de passe-passe, et presque sans le vouloir, a Pondichery en Ille et Vilaine, avant bien avant meme que ce nom soit donne a ce petit bled paume en Bretagne, quelque part non loin au Nord de Rennes. Peut-etre d'ailleurs est-elle a l'origine-allez-savoir-pourquoi-pas de cette apellation (d'orginie incontrolee).
On peut imaginer la scene ~ ANDALOUSE ! ~ comme il faudra plus tard prendre l'habitude de l'appeler fort a lever les tons de tous ces pastels jaunes en tout qui nous rendront fous - parle encore tres mal le francais, ce qui n'est plus le ca, loin de la, elle le manie avec une dexterite qui rend jaloux les plus vieux Francais venus d'inde et meme les autres :


Incomprehension :

"Vous venez d'ou", qu'il demande, le livreur en arrivant a Pondichery, a six heures et demie du matin, la trouvant a l'arriere de sa charue remplie de poissons en provenance directe de St Malo. Elle a peur, elle a froid, elle est fatiguee et elle n'a plus faim apres ce qu'elle s'est mis dans le fond du bide entre Saint Pere, La Richardais et Miniac Morvan, et alors que la charue devait la secouer comme c'est difficile de se l'imaginer aujourd'hui. Il est furax il voit du feu.
Comme elle ne repond pas, il va vers elle, leve la main sur elle a plusieurs reprises, menacant meme ! de la frapper ~ ordure ! ~ et dit "Bon sang, je sais pas ce que tu fous la, mais tu vas decamper, ma jolie" ~ ils ont ca de commun les types dans son genre qu'ils appellent les jeunes femmes sans defense "ma jolie", meme s'ils ont encore la main levee ~ sans aucun scrupule, ca parait dement et pourtant ...
Il la fait sortir du camion et l'envoie paitre-ou-quelque-chose-comme-ca dans les fleurs sur le bas cote. Elle est alors au milieu de rien, Pondichery en Ille et Vilaine ressemble encore a un hameau de village ~ ce qu'il est reste fort heureusement ~ principalement constitue d'un HLM pour deux personnes ~ sit un cabanon qui fait vaguement pense a ce que sont les restes des maisonnennettes de fond de jardins des campagnes, et ou, il y a un siecle encore et meme moins, on allait evacuer ce qui avait besoin de l'etre, dans un trou, sans plus d'accesoires.
Une maisonnette, donc, voila a quoi se resumait l'actuel Pondichery-en-Ile-et-Vilaine le jour ou Belle-Andalouse y est arrivee. Elle ne s'appelait pas encore Andalouse, pas plus qu'aujourd'hui d'ailleurs, mais ne portait pas le surnom qu'aujourd'hui ele porte au cou comme un troisieme oeil ~ puisque c'est moi qui le lui ai donne, et que moi, je n'etais encore que belier ~ probablement occupe alors-oui-ca-doit-etre-ca-les-dates-concordent-et-Concorde-n'existait-pas-non-plus a enfoncer les portes de colonnies de doriphores pour dissuader l'ennemi Orleanais d'envahir le morceau de jardin si difficilement acquis par ma fiere et colossale armee de Bourguignons faits de chair et d'os ~ et surtout de chair d'ailleurs.
La charue repartie, Andalouse a dormi dans les paquerettes, parmi les farouch' aussi, et ne s'est reveillee d'un long et profond sommeil dont on dit qu'il fut a l'origine de tous les reves independantistes de la Bretagne moderne, laquelle sait et a toujours su inventer des fables extraordinairement belles et incroyablement surrealistes, deja, que sous la rosee du petit matin. Enfin, le petit matin, c'est une facon de le nommer tres mignonne mais c'etait quand meme une sacree fichue de glaciale de rosee a la con en verite, on etait en novembre. Elle a couru tout ce qu'elle pouvait jusqu'a la source de chaleur la plus proche ~ menee par des instincts tres primitifs, humant les airs et dressant une tete farouchement excitee par toutes sortes de conneries - ainsi le parfum d'une fraise des champs, ainsi l'odeur nutritive d'un sanglier qui lui serait impossible de terrasser seul, ce qu'au contraire je suis capable de realiser - c'est une fumee de cheminee qui l'a guidee comme un moustique par la chaleur du corps humain ~ hmmm. Pique-moi Andalouse (~ je crois rever ...) !
Et allons savoir par quelle mouche piquee justement, elle essaya brusquement, sans la moindre adresse puisqu'elle avait tout quitte, ni grande agilite, de monter sur la maisonnette, dans le but de rejoindre une cheminee qu'elle prenait sottement pour un carre de peau ou se poser. Quelle tete ne fit pas l'homme de l'humble et modeste cabanon de fond de jardin quand il ouvrit sa porte, la surprenant tombant encore dans sa chute libre et sans parachute ni botte de paille pour l'accueillir en douceur sur un sol degueulasse au possible ~ ce qui est aujourd'hui evidemment impensable pour femme de son ampleur chaste et gracieuse ~ quelle epoque ! ~
Elle lui chuta devant le nez. Et meme !, eternua devant le meme nez, qui venait de se baisser plus pres !
Imaginez un ogre "Hmmmm... Grognobologneubeu ! DH!eumolieu!Hmneudeubeu ! .... Hmmm... Sorolokeugneudeubeuleu !! Hmmmm..." Sa femme, comprenant qu'il l'avait appelee, accourut (d'au moins deux pas) jusqu'a la porte de la cahute (et faillit en meme temps marcher sur Andalouse ~ vraiment !: quelle epoque ~).
"Qu'est-ce-c'est-qu'ca", qu'elle fit.
"Qu'est-ce-c'est-qu'sait-qu'est-ce-qu'ca !" Elle avait raison de se reprendre, la mere, je crois qu'elle avait deja fait une faute de grammaire dans la premiere proposition.
"Qu'est-ce sex a ?" Cette grande fresque de l'histoire de l'humanite, avec ses quelques erreurs volontairement glissees, a inspire plus tard a un auteur du nom d'Andre Breton, rien que ca - ses ancestres sont originaires de la deuxieme hutte qui s'est construite quelques mois plus tard a un troisieme pas de la ~ mais avant encore que le nom de Pondichery ne soit attribue ~ il faudrait pour cela attendre que la cite comprenne un principe de base sur la vie en societe, et aussi au moins une troisieme maison, ce qui ne viendrait que six ans encore apres cela - un texte aujourd'hui celebre de son anthologique et immanquable Antologie de l'Humour Noir. Andre Breton, pour les moins savants des Bretons de ces contrees (je ne critique pas), etait bien loin d'etre ne encore. [Il faudrait pour cela attendre environ tres tres longtemps, voire un tres de plus, et surtout plusieurs generation de legendes et de contes de coin du feu ~ merci a eux - pour voir encore timidement paraitre dans l'encoignee sous-jacente d'une envie debordee de faire quelques bonds de l'esprit autour de la revolutionnaire et sensationnelle envie de se tourner la poesie a la page d'une histoire, et commencer ensuite, dans le visage des petits-enfants de la creation qui en decoulerais, celle qui forgerait disons, les premisses deja bien etablies, a un nouveau rejeton de la Bretagne, lequel s'en emeciperait pour devenir !~ paradoxalement, le veritable BRETON, tel qu'on le connait aujourd'hui : mort et inscrit dans la plupart des bibliotheq francaises, comme un ecrivain a l'illustre et novateur talent.]

La femme, perdue dans ses idees sans savoir encore tout ca et des lors qu'elles arrivaient en groupe excessivement nombreux et sans hierarchie dans l'ordre ~ [coutume conservee jusqu'a aujourd'hui dans nos files d'attente a La Poste ~ merci a eux.] se baissa finalement pour recueillir cette petite chose ecrasee comme une merde andalouse, notre chtite Andalouse, toute chtite encore dans ses poils de laine chopes le matin-meme sur le port de St Malo ou elle s'est gele les miches une bonne heure en attendant que le chaloupier ~ un authentique pecheur a la ligne de l'epoque embarque sur une barque qui ressemblait d'avantage a une maisonnette de fond de jardin elle aussi ~ decidement ~ se decide donc a refiler le paquet de gauche, de deux livres, ou celui de droite de deux livres et quelques, au livreur de Rennes. [Il avait finalement choisi d'attendre encore un peu. Et Andalouse, perdue dans tout ca, arrivee cachee sous une barque un peu apres le chaloupier, s'etant refugiee deja dans un cabanon-je-vous-dis-comment, se gelant les miches, y a pris ladite couverture, qui etait en fait, en plus d'ere impregniee d'une vraie-bonne-odeur de poisson plus-tres-frais-de-la-veille, etait une authentique serpiere qui avait entre servi une autre veille aussi foutrement fraiche a nettoyer le sol du cabanon-je-vous-dis-toujours-pas-comment ~ enfn, juste le seuil, c'est a dire presque tout quand meme.]
"Oh mais pauv' fille", qu'elle dit la mere encore perdue dans toutes ces idees arrivees en grand nombre et comme si elle avait vu dans ses yeux toute l'hstoire que je viens de vous raconter, "Pauv' chiotte fille", qu'elle ajoute, "pauv' Chtite chtiote fi-fille", qu'elle a continue jusqu'a ce que la hierarchie des ordres reprenne le sien dans son esprit tout bouscule par pareille heure de pointe, "Mais t'sais ou qu'c'est-qu't'es?", qu'elle lui demande, visiblement au courant qu'une Adalouse das ce genre n'etait pas d'ici ~ du tout ~
"T'sais ou qu't'es ou t'sais pas?", "T'sais qu't'es pas tout a cote d'chez toi ou t'sais pas?" (par la suite je ne donnerai plus, de ces repliques, qu'une version definitive - la plus synthetique des trois ou quatre, et parfois plus ~ dans un souci aesthetique et semantiq qui me parait evident ~ et a vous aussi je parie.)
"Pondichery", qu'elle dit, la chtite.
C'est reste. On s'est raconte l'histoire, et encore, jusqu'a comprendre et croire devoir comprendre qu'elle voulait donner ce nom a l'endroit (ou dans l'autre sens, mais Yrehcidnop ne sonnait pas bien). C'est donc un des ancestres des voisins de la famille historiquement modeste de Andre Breton qui a donne a Pondichery le nom qu'il a aujourd'hui ~ pour ceux qui n'ont pas tout lu et n'arrivent qu'a cette derniere phrase (ne relisez donc pas), je parle de Pondichery en Ille et Vilaine, hein, pas l'autre. (Qu'on dise pas des trucs encore...)

Alors, mais ce matin de novembre y a longtemps-tres-tres-longtemps, comment Andalouse s'etait-elle donc debrouillee pour arriver a St Malo en barque ? Et surtout : d'ou venait cette barque. C'est drole a dire, hein, mais elle etait partie trois heures plus tot : de St Malo, precisement.
Et Andalouse avait passee toute la fin de cette horrible nuit de novembre ~ sa troisieme fin-de-nuit-horrible-de-novembre en France ! ~ dans une barque, deja, a se geler les miches ~ et sans serpiere sur le dos ! Quelle horreur. Heureusement, les choses depuis ont bien evolue, et il est inconsevable que pareille aventure soit le dur lot d'Andalouse, que Mere-Nature protege, que l'Homme gate, que l'Histoire aime, mais elle a pour cela gagne des galons et elle l'a bien merite. A cette epoq, non, o que non. Andalouse etait une horrible petite fouineuse au nez grassement empate, moche, ou que laid-que-laid-que-laid, elle grattait se frenetiquement la joue, elle mangeait ses croutes du coude et elle gardait ceux des genoux pour le lendemain, elle parlait un patois indien de Pondichery (pour ceux qui n'ont pas suivi, ce Pondichery, c'est bien celui d'inde, faut lire, hein ~ bordel... Je le dirai pas deux fois de plus ~ ), qu'elle prononcait comme si elle avait deux gros morceaux de pain dans chaque fond de joue ~ c'etait peut-etre le cas, car, heritiere d'une autre vie, encore anterieure ou Andalouse etait en fait ni-plus-ni-moins-jolie-mais-encore-juste un prototype encore assez mal foutu de l'actuel petit animal qu'on designe familierement Hamster, elle avait tendance a faire ca, beaucoup meme. Ca la rendait vraiment pas sympathique tous ces petits trucs du quotidien ~ un tue-l'amour doriphorien, dantesque meme. Un tue-l'amour-en-soi, voila.
La nature ne l'avait pas gatee, et elle ne faisait rien non plus de son cote pour se la rendre plus sympathique.

Mais heureusement, comme je vous l'ai dit, Andalouse, depuis, a change. Beaucoup change (sauf pour le truc du Hamster ~ va falloir arreter un jour quand meme mon Amour.)
Eh bien, cette nuit-la, il devait etre dans les allez-oui-quoi-ca-devait-etre-pas-plus-que-oui-c'est-bien-ca-le-poisson-dormait-encore-bien trois heures du matin. Un pecheur est un leve-tot, en pays Breton ~ deja a l'epoque, c'est d'ailleurs grace a ca qu'il a une si bonne place dans notre vie au jour d'aujourd'hui, il a bosse dur, le pecheur Breton, et ce depuis des lustres. Un leve-tot qui se couche avant-bien-avant l'heure des poules ~ c'est couramment six heures trente du soir en septembre, mais ici plutot vers dix-neuf heures ~ des couche-tard les poules Bretonnes, parce que le Coq est un sacre saligot. Et lui se couchait vers l'heure-des-poules-pas-d'ici-mais-de-partout-ailleurs, soit, donc, vers dix-neuf heures. Trois heures du matin, il saute du plumard. Il est dans la cuisine direct, ca tombe plutot bien, il avait pas trop envie de marcher ce matin. Il fonce sur la gaziniere, allume le feu, et met un plat micro-ondable dedans ~ quel manque d'hygiene, c'est clair ~ et enfourne deja pour gagner une minute la pate a pain dans l'autre four. 
Il fait sa toilette, sort dans la nuit noire, marche jusqu'a un de espece de cabanon de fond de jardin - peut-etre la maison d'un voisin - ou il reste dans les deux minutes, puis va reveiller le coq ~ juste pour le delire. Le coq leve le cou et la tete, ouvre un peu le bec et dit un "Pitie, j'ai une soiree dure hier soir." et se rendort sans avoir ouvert les yeux. Trois heures douze, l'homme allume le moteur de sa charue, et fonce au port - oui, au port de plaisance bien sur, au port de plaisance. Il laisse la charue devant une espece de barbele de l'epoque, pousse une autre charue qui n'est pas la sienne et etait mal garee, pose dessus, une fourche trouvee la on se demande pourquoi, reprend sa charue, sans avoir arreter le moteur, avance encore de trois, quatre metres, s'arrete devant sa barque, soit a au moins cinq metres du bord de l'eau, monte sur le devant de sa charue, en saute, et atterit presque directement de la barque, dont il extrait une espece de petite pagaie, l'ancestre de celle qu'on utilise aujouhrd'hui sur le Golfe du Morbihan pour se rendre sur les jolies petites iles dont le rivage est protege par des lois je vous dis pas comment severes ~ quel voyage de la Bretagne Nord a la Bretagne sud que celui de la pagaye mais bon c'est une autre histoire ~ il ressort de sa barque je le redis avec ladite pagaie, et se met derriere, et, adosse a sa charue, sans se rendre compte de ce qu'il est en train de se passer, pousse la barque,  Plouf. Dans l'eau. Il saute sur sa barque et il n'a pas vu. Deja il est loin, la nuit noire l'a engloutie dans son sommeil fige et dans sa mort glaciale. La charue a recule, Andalouse, qui s'etait planquee derriere, a failli etre ecrasee ~ elle va dire que je lui en veux, a trop la vouloir assassinee dans toutes les scenes de cette histoire sordide ! ~ (par avance, excuse-moi, s'il te plait) et s'en est sortie en tendant les bras : la charue lui avait roule sur le bras dites donc. Elle a fait basculer la charue et avant ca, avait laisse passer deux jolis veaux qui passaient par la ~ et ce n'etait pas des boeufs comme tout le monde a tendance a raconter pour epicer des plats deja mille fois et une trop corse ... Et, un instant apres, apres que la charue renversee barre la route a l'eleveur qui les suivait en gueulant "Mais qu'est-qu'c'est-qu'qu'ca-qu'zallez-fout'e-lapaix-a-mes-betes-c'qu'zallez-pa'la-'speccxkh-d'salop'ies" ~ Le breton ancien est une langue, ne l'oublions pas, de racine celte, et les k sont gravement accentues comme s'il s'agissait la de hacher de la viande rancie avec un ongle ancien comme ceux qu'on eleve aujourd'hui - encore une coutume - dans toute bonnechaumiere de cette partie reculeee de Bretagne - je ne critique toujours pas, au contraire, entretiens encore aujourd'hui et avec la meme ferveur, une coutume tres proche, a titre personnel et non lucrativement. L'eleveur, separe du troupeau de ces deux veaux qui s'en partaient vers l'eau, comme on dit, enjamba agile, haut, fier et robuste comme nos heros moderne, la charue renversee sans voir Andalouse, et avancant une fourche a la main ~ qu'il venait de retrouver sur la charue d'un ckhopain ~ fit tant de rafut que l'homme a la barque, immensement enfonce dans l'obscurite toute noire de la mort de la nuit glaciale, s'en effraya. Il n'y avait d'habitude a cette heure-ci, qu'un gars ou deux qui rodaient dans les parages. Mais definitivement, ce matin-la, il avait bien senti qu'il y avait un truc bizarre. Une fourche par terre, la charue du ckhopain garee devant sa barque, c'etait pas net, il se l'etait dit. Et depuis, la minute en barque s'enfoncant dans la mort d'une nuit obscure du glacial noir, il y pensait ~ tout en essayant "d'emerger" comme on dit aujourd'hui, c'est a dire de mettre un mot devant l'autre qui soient assez nets et satisfaisants pour commencer de bougonner timidement d'abord puis a tue-tete comme il aime le faire chaque matin pendant cette longue navigation de sa barque dans la glaciale oscurite d'une nuit morte devant et seche derriere, jsuq'a son point de peche favori : la-juste-la-entre-c'te-point-la-pis-c'cui-la.
Et en y pensant, sans le savoir il etait a fleur de peau. Il avait peur, le vaillant Breton. Un bruit comme celui-la, a ce moment-la, ca a ete l'appel. Il s'est retourne sur sa barque. Il a donc entendu gueuler derriere les deux veaux je-vais-pas-le-redire-mais-vous-savez-bien-sales-betes-tralala, et, juste apres, a croire qu'il etait a fleur de peau aussi, le meme eleveur, ledit ckhopain arme de sa fourche, a hurle ! Saisi au foie (ils buvaient, deja les Bretons, plus que de raison, et deja a trois heure du matin, oui-oui), traverse par une vision ! Flanque d'effroi ! Effraye parce qu'il ne s'y etait pas attendu ! Et il a chute apres avoir sussombe des suites d'une longue maladie ~ un cancer du foie, ou etait-ce un coeur qui battait de l'aile ~ le vieillard arme de a fourche avait trente-trois ans, et il etait mort de sa belle mort, devant elle. Elle qui, effrayee de l'entendre gueuler, fourche-devant-foie-par-terre, a gueule aussi ~ naturellement. Et l'homme s'est tombe sur le piquant de la fourche ~ peu importe comment, la fourche etait un rudimentaire bout debois taille de tous les cotes, tous les cotes etaient le cote piquant alors ~ et s'est enfourche ~ authentiquement. Elle a gueule, Andalouse, mais gueule ~ Rhop.
Et l'homme sur la barque, dans totu ce bordel, a fait plouf, la barque s'etant renverses portee d'un cotepuis de l'autre par ces nombreuses surprise de la nuit mortellement noir du sinistre obscur de la glaciale qui tue. Et il a pousse un bref cri, en tombant, qui ne fut pas oui d'Elle (Andalouse).
Le plouf, meme de la barque: pas oui.
Inoui. Quelle histoire, et ce n'en est que le debut (plein pot, elel a fait les choses a fond, ce matin la, sa troisieme fin de nuit horriblede novembre passee en France). 
L'homme nage et nage, jusqu'a regagner la terre ferme. La terre, elle-meme, ferme ("On ferme !, allez, tous au lit, Messieurs les Ivres-Morts"), et la boutique a champignons lde Paris, importee la veille pendant la nuit dans une charue qu'Andalouse avait empruntee (a l'arriere comme a son habitude, c'est pas des manieres franchement, heureusement elle a recu une education stricte et droite, un peu plus tard~ sans quoi ... sans quoi.)
La terre ferme regagnee, la terre fermee et les champignons de Paris ouverts on se demande pourquoi a cette heure ci du matin ~ a trois heures vingt-trois du matin franchement), Andalouse venant d'assister a l'auto-suicide volontaire et consentant d'un homme mort a l'age de mourir une fourche dans le foie et le foie dehors (donc ou est la fourche maintenant ? a vous de deviner), les deux veaux au bord de l'eau, et l'homme trempe, il restait a Andalouse ce matin encore un tour dans sa poche pour definitivement et de facon irremdiable semer la zizanie dans le quotidien d'habitude si monotone des vaillants Bretons qui se levent tot.
Andalouse, armee de courage depuis son long periple depuis Pondichery-en-Inde et plus vilaine que jamais ~ encore avec ces deux morceaux de pains dans chaque joue, quelle horreur, quel spectacle horrible ~ s'approche du mort. Premier reflexe. Touche "pour voir" qu'elle dira plus tard. Deuxieme reflexe. Tate un peu et prend la fourche "elle etait la, je me suis dit que je la trouvait bien". Troisieme reflexe. Se retourne. Et flac (quel bruit horrible que celui des pics de la fourche qui s'enfoncent dans la chair tendre et juteuse d'une fesse de veau. Le veau pousse un meuglement de tare, avance de trosi pas, poussant l'autre qui avance de quatre ~ l'effet inverse de celui qu'on connait sous le nom de Tire-Bouchon, et qui donne son nom a l'actuel petit train qui relie Carnac a Quiberon pendant les mois d'ete ~ et arrive donc juste devant le nageur trempe. Ouf, c'etait moins une, mais il a eu les boules quand meme. D'ailleurs, physiquement, il les a eues, il a meem conceptualise la notion d'avoir les boules et s'est si bien appropriela chose qu'on peut dire qu'il est devenu la notion meme de boules. Il s'est transforme en Ayant-les-boules, et c'est pour ca qu'en relevant il marche vraiment, tres-tres bizarreemen. Il a jamais vu ca, alors il dit "va vraiment faloir que j'emerge moi." La notion du "Pincez-moi etant alors encore tres peu repandue, n'etait pas encore arrivee jusqu'a St Malo. Il faudra attendre encore devinez-combien-de-temps (tres-tres-oui-oui ~)
Je rie tout seul.


Voici maintenant Comment Andalouse apres ca, non contente d'avoir deja commis de meurtre plus que de raisonnable au lieu de rester tranquillement blottie a l'arriere d'une charue en attendant de voyager un peu encore, a aussi et enfin empalle le dernier survivant le l'hecatombe de la fin-d'une-nuit-horriblement-glaciale-de-novembre-sa-troisieme-passee-en-France, sur un poteau-qui-etait-la-pour-ca-et-n'etait-d'ailleurs-probablement-la-que-pour-ca-depuis-la-nuit-des-temps, poteau qui faisait bien douze-ou-treize-fois-sa-taille-quand-meme, poteau verticalement hisse ! qui plus est, a trois-heures-quarante-six du matin ~ sisi, si vite.

Elle a pas perdu de temps, Andalouse. Elle savait meme pas qu'il y avait eu un survivant, elle savait meme pas qu'elle le tuerait sans le vouloir, mais deja !, elle l'avait repere, ce fichu poteau. A sa pointe, a vingt-et-un metres de haut, une pointe, justement. Fine, longue, aiguisee, propice ~
Mais alors elle ne se demandait pas "comment je fais faire grimper au sommet de ce pic magnifique le dernier type que je ne sais pas encore survivant a l'hecatombe. Mais elle se disait "Tiens c'est rigolo ca, est-ce que c'est pas depuis la-haut que je vais retrouver ma maison?"
Alors elle y est allee, fourche en avant. Et ele a grimpe, fourche vers l'arriere ~ comme ca ne faisait pas e lumiere elle ne voyait plus du tout l'interet a la pointer comme ca, d'autant moins que c'etait encombrant, n'essayez pas, vous ne pourriez pas nous raconter.
Il est trois-heures-trente-sept-et-il-ne-reste-au-type-trempe-que-huit-minutes-et-quelques-a-vivre-et-il-ne-le-sais-pas. Sinon il ne l'aurait pas suivie. Pourtant, passant les veaux, leur donnant une tape sur la fesse sans se douter que l'un etait blesse, il la suivit. Et le veau fonce dans l'eau c'est-fou-il-a-plonge.
L'autre ne s'en emeut pas tant, c'est normal, il est si jeune encore.
Le type fait Oups, mais continue de marcher. Huit minutes. Il voit qu'Andalouse, qui a ses yeux n'est encore que cette-silhouette-chetive-qui-de-loin-ne-me-fait-penser-a-personne-que-je-connaisse ou quelque chose d'autre dans un patois mieux coupe au couteau ~j'annonce le cote gore de la suite des evenements ~ s'aggripe bras et jambes autour de ce troncon-leve-droit-de-forme-cylindrique-sans-raison-d'etre-connue-a-ce-jour qu'il nomme juste se l'intellectualisant en parlant a haute voix ~ car il avait lui aussi quelques problemes de concentrations et on le comprend, on l'eut ete pour moins ~ qu'il nomme juste donc "Mat". Il la voit maintenant qui monte d'un metre, de deux, de trois, et c'est au quatrieme que, sans succes a attirer son attention et soucieux de trouver terre d'exil ou se reposer pour l'eternite apres cette mort dont il est certain revenir tant tout, de ce qu'il vit maintenant semble irreel !, et ressemble le plus du monde a ce que voient les Celtes quand ils partent pour l'Autre monde ~ j'essaye d'imaginer mais a verite c'est qe je ne comprends vraiment pas du tout ce qui lui a vraiment pris de la suivre a ce moment la au lieu d'attendre en bas, sagement. Mais sagement, ce n'est definitivement pas le titre de cet episode de l'histoire de l'humaine, lequel est Andalouse !, je vous rappelle, ce qui annonce comme, au contraire, c'est un des episodes les plus barres, les plus tares, les plus cingles-fous-completement-zinzins de l'histoire de l'Humanite, avec les Croisades et d'autres trucs pas mal non plus ~ on en a u petit paquel d'aileurs, dans la meme veine, on est gates dites donc ~
En tout cas, bon, il monte et n'a non seulement pas plus de quatre metres d'ecart avec la pointe de la fourche d'Andalouse (mais la, pas de suspense, vous savez deja que ce n'est pas a cause qu'il mourra), mais en plus et surtout n'est-il par la meme pas en retard sur l'heure exacte de sa mort. Quatre metres et six minutes douze secondes. Quatre metres et trois minutes cinquante sept. Adjuge, qutre minutes, mais ne croyez pas que ca vous donne un repis, ce n'est qu'un arrondi mon brave, je ne refais pas l'histoire : je la conte. Aussi impartial que soucieux d'etre le plus proche possible des faits d'epoque ~ et croyez moi elle aura pas ete evidente, cette reconstitution de scene de crime. On retrouve un matin a dix heures un veau dans l'eau, un autre avec du sang tout le long du flanc, un type ecroule au sol juste devant avec trois trous dans le bide, un foie dehors et a l'age de la belle mort ~ on se demande d'abord pourquoi il n'a pas fait sa belle mort das son lit avec sa femme cette nuit-la, on fait courir une rumeur au village de La Richardais ~ car c'est de la que venait un des types qui a assiste a la decouverte de dix heures du matin, et meem si a La Richardais personne ne connaissaient ces gens ~ car c'est a vingt bornes quand meme soit a trois bonnes heures de charue (menee par des boeufs vous savez ...) il a trouve "sympa" de repandre une rumeur "Bah pour le Fun che po ~" ( ' sont Funs les Bretons d'epoque, c'est eux qu'ont nomme Rue de la Soif, la celebre Rue de la Soif - ' sont Funs je vous dis ~).
Et ce n'est que plus tard qu'on verra ce pauvre diable empalle a vingt cinq metres de haut. La, c'est l'incomprehesnsion generale. Tous les villageois le diront "C'etait un type sans histoire", "On n'aurait jamais pense qu'il etait derange ce type la, mon mari encore, passe, ouais, j'aurais dit, mais lui Prhoufff(kch)"...etc.
Bref je restitue intacte. Deux minutes : elle est en haut. Dialogue de sourd :
Elle : "Mais t'es qui, tchiot ?"
Lui : "Aaah (bavant), p'uqu'deux met'.
Elle : "Qu'est-c'tu m'bafouilles lo ?
Lui : "Glagla, fait'fio qu'mem'
Elle : "J'cherch'm'm'son (Andalouse est en fait un petit Chtite sur les bords, et la, c'est justement ce bord-la qui parle, l'autre cherch's'm'son desesperement.
Lui : "Heiiin ?
Elle : Il te reste que une minute, allez, presse-toi.
Lui : "Qu'est-c'c'est'qu'ck'ca ? (une coutume locale apparemment)
Elle : "Quoi ? Ah ca ? Une fourche, tu vois bien, je l'ai trouvee en bas, la (manquant de lacher la fourche)
Lui (effraye) : Eh !
Elle (amusee) : Quoi ?"
Et a ce "Quoi ?", etonne, surpris, completement abasourdi par ce Quoi qui n'a rien a faire la, lache la fourche. Une demie-fraction-de-quelques-fractions-plus-grandes-de-seconde-+-une-autre-fraction-minuscule, juste assez donc, vous vous en doutez, pour laisser a ladite fourche le temps d'une descente de vingt-quatre centimetres.
Lui : Ouf. (le pic devant le nez.)
Elle (lui tendant une fausse main qu'elle a trouvee en Iran dix-neuf mois plus tot) : Allez, grimpe. O r'descendra par la (riant de toute la noirceur obscure et glaciale de son ame alors encore promise aux plus ardents aux-delaskxz.
Lui la prend, lui fait "Ah!", elle fait "Hi-hi, j'tai bien eu (lui tendant la deuxieme main)
Lui fait "Glurp" avalant la fourche que cette fois-ci, l'autre main ne tenant plus, est descendue plus, et tellement plus (C'est une horrible scene, croyez-mo, mieux vaut la jouer dans un style parodique)
Elle "oh merde. Oh non, merde. Ooooh Meeeerde. Oh-non."
Elle le hisse et regarde sa montre : c'etait pas la fin.
Elle l'empalle : FIN du premier episode qui n'explique pas comment Andalouse est arrivee jusque la.
Les premiers enqueteurs sur le coup auront cette belle phrse : C'etait un avant gardiste. Un Breton comme on aura plein dans l'avenir. Il est mort par aethetism. Nous pourons nous souvenir de lui comme quelqu'un d'un grand coeur."
Le coeur en effet, pendouillait dans les epaisseurs tombantes du brouillard du matin d'un St Malo qui ce matin de novembre se reveillait d'un cauchemard. Et Andalouse etait deja loin (a l'arriere d'une charue) et ... prete a tout !
Tin-tin-tiiiin.


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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 10:19

Douglas Adams, dans un registre aux antipodes sensitifs de celui que je viens d'evoquer avec Chuck Palahniuk, s'inscrit dans aussi dans mes numeros 1 des ecrivains les plus sensationnels.

Issu de la troupe Monty Pythons, grands recreateurs anglais que tout le monde connait au moins pour Le Sacre Graal ou pour la Vie de Brian, mais qui ont aussi et surtout realise bon nombre de supercheries dans le celebre Flying Circus ~ dont un match de foot entre philosophes Grecs et Allemands dont j'ai parle hier), est l'auteur de H2G2, adapte en film par Garth Jennings, et a commence par des breves qu'il lisait a la radio. Le succes l'ayant emporte avec cette serie The Hitchhiker's Guide to the Galaxy ~ d'ou l'acronyme H2G2 ~ traduit Le Guide du Voyageur Galactique, Douglas Adams en a fait tour a tour un recueil de nouvelles, un roman, et a cree tout autour un tas de produits derives, dont, dont je vais vous parler maintenant, Le dernier Restaurant avant la fin du monde, qui sort tout droit de l'univers tout de travers de H2G2...(a voir absolument !, mieux que de le lire)
On peut parler d'une "trilogie en cinq tomes" avec ces romans :
- Le guide du voyageur galactique (1979)
- Le dernier Restaurant avant la fin du monde (1980)
- La Vie, l'Univers et le Reste (dont la reponse est 42 !) (1982)
- Salut encore et merci pour tout le poisson (des dauphins nous auront pourtant averti de la fin precipite du monde, mais, pauvres humains, nous n'aurons pas compris) (1984)
- Globalement inoffensive (1992)

Delirant je vous dis ~


Le dernier Restaurant avant la fin du monde ~
C'est selon moi le mieux ecrit de tous.
Plus rempli de references que les autres tomes (le moins bon etant Globalement Inoffensive), il repond a bon nombre question que posera ~ plus tard ! ~ l'enluminure de ces differents recits H2G2.
Notamment, soradiquement, la question fondamentale sur la Vie, l'Univers et tout le reste; la superiorite ~ sinon numerique ~ de l'homo sapiens sur l'homme de Neandertal, l'origine meme de l'homme, les problemes metaphysiques auxquels sont quotidiennement confrontes les authentiques Maitres de l'Univers, l'identite de l'Astrostoppeur qui ne vient en fait pas de Guildford, mais des confis de l'univers, ...
Arthur Dent (Accroc en francais) se bat ce matin-la contre la destruction de sa maison qui derange le passage d'une deviation d'autoroute (!), mais c'est une autre surprise, et une autre deviation, celle d'une voie express intergalactique, et une autre destruction que celle de sa seule maison, qui l'attendent, puisque les tres-repugnants (super dans le film) veulent detruire... La Terre ! (eh-oui) Son ami Ford Perfect (Ford Escort a l'origine) vient le soutenir, offrir une biere a l'equipe de bulldozer trepignants d'impatience, et offrir au cafe d'en face une biere a tout le monde, avant de lui annoncer la fin du monde, tout en lui devant des exlications car dit-il, le jour ou ils se sont rencontres, s'il tenait un bouquet de fleur a la main au moment ou il allait se faire ecraser par une voiture, c'est qu'il croyait qu'elle etait l'espece dominante et il etait sur le point de se presenter a elle en ami. 
On adorera ou on detestera ~ c'est de l'humour anglais alors... Pour les amoureux de Monty Pythons ~ et meme ceux qui n'ont pas tout aime (comme moi) : a lire. Absolument.
 
Extraits :
"Au commencement, l'univers fut cree. Cela mecontenta beaucoup de monde, et fut largement considere comme une tres mauvaise idee." (proche de Desproges jusque la, non ?)
"De petites créatures bleues munies de plus de cinquante bras chacune, ce qui leur vaut ce trait unique d'être les premiers êtres de toute l'histoire à avoir inventé le déodorant corporel avant la roue."
"Comment voulez-vous que je sache si le passe n'est pas une fiction concue simplement pour justifier le decalage entre mes perceptions physiques immediates et mon etat d'esprit ?"
(bourre d'e psychologie)
"Il est un moment a chaque aube, ou la lumiere est comme un suspens, un instant magique ou totu peut arriver. La creation retient son souffle."
"La science a certes quelques magnifiques reussites a son actif, mais a tout prendre je prefere de loin etre heureux plutot qu'avoir raison"
!!
"Les navires tenaient en l'air exactement de la meme maniere que les briques ne tiennent pas."
"Pourquoi les gens naissent-ils ? Pourquoi meurent-ils ? Et pourquoi cherchent-ils dans l'intervalle a porter le plus souvent possible une montre a quartz numerique ?"
"Ordinateur... Si tu n'ouvres pas Immediatement cette ecoutille, je fonce a tes banques de donnees principales, et je te reprogramme avec une tres grosse hache, compris ?"
"Lever les yeux vers le ciel nocturne, c'est plonger son regard dans l'infini. Ses dimensions en sont incomprehensibles et par consequent sans signification."
"Est-ce que ca vaut la peine que nous restions debouts la moitie de la nuit a discuter s'il y a ou pas un Dieu, si cette machine va vous donner son foutu numero de telephone le lendemain matin ?"

enjoy ~



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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 09:29
Pour le talent avec lequel il a ecrit Fight Club, Festival de la Couille et autres histoires vraies, et celui qui a le plus de merite a mon gout : A l'Estomac (titre original Haunted),
ca vaut la peine de s'interesser a Charles Michael « Chuck » Palahniuk,

Il est ne le 21 fevrier 1962 a Pasco dans l'Etat de Washington.
Rapidement voici quelques "premisses" psychologiques de ce qu'est Chuck Pahlaniuk.
Son grand pere paternel a tue sa femme a coup de fusil avant de se suicider, il a grandi dans un mobile-home apres le divorce de ses parents, il obtient un diplome de journalisme mais fait carriere dans la mecanique auto...

Fight Club ~ a l'origine du celebre film heponyme joue par le schyzophrene duo Edward Norton et Brad Pitt (realisation David Fincher, aussi realisateur de Zodiac, non moins genial, ecrit par Robert Graysmith, Se7en ~ egalement avec Brad Pitt, et Panic Room, ecrit celui-ci par David Koepp, le scenariste d'un grand nombre de films hollywoodiens dont sporadiquement Hypnose, The Shadow, Snake Eyes, La Mort vous va si bien, et encore Mission : Impossible, Jurassic Park 1 et 2, Spider Man, etc.. )
Comment il a ecrit ca ? Il fais lui-meme de groupe d'accompagnements psychologiques (de personnes agees, de malades en phase terminale) ainsi qu'a une association d'aide aux sans abris, etencore d'une association subversive ~ The Cacophony Society qui se decrit elle-meme comme Les Termites dans les Bequilles de la Societe, le coup de ciseau dans la vie normale, Les Chevilles Carrees d'un trou non-euclidien !, Le murmure du coeur avec lequel il est facile de danser !,  le bogue sous la couverture, ou encore La societe qui arrangent des trucs dans votre maison pendant que vous ne regardez pas !,  autant dire des fandards, poilus, qui aiment semer le desordre mais le font dans la joie et la bonne humeur ~ Allez visiter le site, vous ne serez pas decus ~
Chuck Palahniuk participe et acte dans ces groupements d'ensemble, et la cause, je crois bien qu'il s'en fiche ~ comme du reste d'ailleurs.


Monstres invisibles ~ bref apercu de ce Best seller ~
" Là où vous êtes censés vous trouver, c'est au beau milieu de quelque grande réception de mariage de West Hills dans un grand manoir résidentiel, avec dispositions florales et champignons farcis à travers toute la maison. On appelle ça plan de situation et de décor : l'emplacement de chacun, qui est vivant, qui est mort. Et c'est le grand moment de la réception de mariage d'Evie Cottrell. Evie est debout, à mi-chemin de l'énorme escalier dans le hall d'entrée du manoir, nue à l'intérieur de ce qui reste de sa robe de mariée, le fusil à la main.
Moi, je suis debout au bas des escaliers, mais il n'y a que mon corps qui fasse acte de présence. Mon esprit est je ne sais où.
Personne n'est encore totalement tout à fait mort, mais disons que les secondes s'égrènent. Ça risque de ne pas durer."

A l'estomac (Haunted)
Frederic Beigbeder
en dit que c'est une "version littéraire de Jackass".
En effet ca pousse assez loin les limites de l'horreur, de la violence et c'est bourre d'anecdotes toutes aussi inimaginables qu'elles doivent etre vraies (car c'est a aussi l'Amerique).
Par les temps qui courent et dans une epoque americaine ou sortent des series aussi geniales de mauvais gout que Californication (avec David Duchovny ~ aka Fox Molder ), la nouvelle Haunted est un faisceau d'ensemble, qui ressemble moins a Dix Petits Negres qu'a une scene horrible de Promenons nous dans les Bois, meme si l'histoire en est, grossierement,  pour vingt tres bons ecrivains en retraite, de s'enfermer dans un theatre souterrain pour produire une oeuvre collective. Comme s'alternent poemes et recits d'enfance divers, on les decouvre un par un, et on ne les aime pas, croyez-moi.

A lire. Absolument ~
 
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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 04:07

Chapter 1


" U Po Kyin, Sub-divisional Magistrate of Kyauktada, in Upper Burma,
was sitting in his veranda. It was only half past eight, but the
month was April, and there was a closeness in the air, a threat of
the long, stifling midday hours. Occasional faint breaths of wind,
seeming cool by contrast, stirred the newly drenched orchids that
hung from the eaves. Beyond the orchids one could see the dusty,
curved trunk of a palm tree, and then the blazing ultramarine sky.
Up in the zenith, so high that it dazzled one to look at them, a
few vultures circled without the quiver of a wing. "

 

Les introductions d'Orwell sont toutes de cette veine (formidable), un peu comme si une seule phrase lui avait inspire tout le livre, et qu'il s'y etait tenu tout le long de sa redaction.

Il y parle de l'epoque ou il a servi le regime de l'empire britannique en Inde et ce qui s'appelle aujourd'hui Myanmar.

Plus tard, il se revoltera contre ce systeme (d'avoir ete l'un des etres les plus influents de sa region, et etre present a toutes les condamnations a mort en avait fait aussi l'etre le pus hai.

 

Je vous recommande de lire "Dans le ventre de la baleine et autres essais choisis", aux editions Ivrea ou l'Encyclopedie des Nuisances. C'est extremement riche et ca donne un tres bon apercu (ce que j'en ai lu ensuite etait du meme talent) de ce que l'homme etait un analyste pertinent, un tres juste journaliste, et un excellent critique.

Aussi : 1984,

            La ferme des animaux.

Deux ouvrages satiriques du systeme communiste qu'il n'a pas fait que critiquer, mais qu'il a etudie en profondeur, et dans lequel il trouve d'excellentes bases sociales.
 
           +           

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 04:05
  • Michel Blazy, Galerie d'art de Paris ( Vanity Case, jusqu'au 23 decembre)
 
Galerie   Art: Concept
  16, rue Duchefdelaville
75013 Paris
T. 33 1 53 60 90 30
F. 33 1 53 60 90 31
 
 
Michel Blazy entretient une certaine défiance envers la notion d'oeuvre, au sens de maturation et de complétude, lui préférant les tentatives bricolées et la "bonne volonté" des matériaux à vivre leur vie au sein de ces "dispositifs d'encouragement". En travaillant avec du vivant (animal ou végétal) ou du non-solide (le collant, le liquide, le mousseux), il explore les microcosmes de proximité, ces "multivers" dont l'activité et les métamorphoses incessantes sont parfois invisibles à l'oeil nu. Pas davantage que Francis Ponge, Michel Blazy ne prend le "parti pris des choses" : l'intéresse avant tout l'altération des matériaux, en procédant par association d'idées (planter un balais de paille pour qu'il prenne racine) et en suscitant des situations aux limites de l'aberration. Qu'il déforme thermiquement du plastique jusqu'au maximum de sa résistance, ou qu'il s'attache à faire germer des graines dans une serpillière, la contemplation du laisser-vivre vient toujours a posteriori, une fois le point d'équilibre méticuleusement atteint, comme le bâtisseur de château de cartes s'éloigne de son édifice en retenant son souffle. Lorsqu'il filme dans Les Suites et les Fins (1995) les pérégrinations de bestioles du jardin, il s'attache à des situations semi-construites (la course d'une punaise sur un tuyau d'arrosage, le trébuchement de l'araignée sur la moquette), il joue de clins d'oeil anthropomorphiques (des poissons éberlués par une bouteille en plastique, la perdition d'une fourmi dans un bassin), sans singer le naturalisme. Pour autant, Michel Blazy n'adopte pas une attitude hostile et travaille au contraire à concevoir les contextes les plus hospitaliers, propices au développement de ses organismes : ainsi son Projet d'habitat agréable aux insectes (1996), aux monticules de purée aromatisée et colliers de tomates en putréfaction, pôle attractif pour de nombreux insectes qui infestèrent un été le centre d'art du Crestet. Les dispositifs de Blazy visent moins à mettre en scène, à dramatiser la nature qu'à favoriser l'observation de ses métabolismes, à un niveau dermatologique (moisissures, dessications) : ses installations, perceptibles aussi bien optiquement qu'olfactivement et tactilement (l'humide, le moite), ne sont appréhensibles que dans la durée, comme son Mur qui pèle, qui se désquame progressivement. Progrès ou catastrophe, réussite ou échec sont des mots qui ne peuvent trouver place dans le travail de Michel Blazy, où le vouloir-voir l'emporte sur un savoir-pouvoir. L'homme préhistorique narrateur d'un roman de Roy Lewis* le prédisait déjà : "Je crois que notre force viendra de ce que nous ne sommes pas des spécialistes".

Piron François, "Michel Blazy", in catalogue Sensitive, Printemps de Cahors, Éditions Actes Sud, 2000, p.26.

*Pourquoi j'ai mangé mon père, Actes Sud, Arles, 1990

Texte de

Anne Malherbe

Avant même d’avoir pu apercevoir les œuvres, le visiteur est accueilli par des affichettes qui lui recommandent vivement de ne pas y toucher. On en saisit la raison dès la première salle : s’y tiennent des caniches à la fourrure bouclée et bien peignée, réalisée à l’aide de mousse à raser. Celle-ci semble tenir par prodige — mais il faut croire que les produits les plus chimiques ont une résistance hors du commun. Une vague odeur synthétique flotte désagréablement.
Ces caniches apparemment tout juste sortis d’une séance de soins esthétiques sont l’image kitch de la beauté de magazine : impeccable mais artificielle. Promis à une décrépitude accélérée (il faut réajuster leur brushing de mousse toutes les trois semaines), ces chiens prennent place dans une vaste vanité qui occupe toute la galerie.

Par un glissement à l’intérieur du champ sémantique du chien, l’exposition se poursuit par des squelettes montés en croquettes. Quelques rondelles de bacon se glissent entre leurs articulations.
Nourriture, pourrissement, mort sont organiquement mêlés. Sur le mur, de répugnantes araignées sont composées de substances (de la purée de légumes par exemple) qui les rendent paradoxalement comestibles. Ces matériaux premiers ayant à peine été transformés, leur relation avec les bestioles est des plus troublante.

On est loin ici des pâtes d’amande en forme de fruits ou de figurines. Mais il ne s’agit pas non plus d’araignées noires et velues empruntées à Harry Potter. Si l’araignée est monstrueuse, c’est parce qu’elle semble figée au milieu d’un processus de transformation inachevé, ou parce qu’elle serait le résultat d’une hybridation ratée.
L’œuvre est celle de l’apprenti-alchimiste qui s’est aperçu, au cours de son expérience, que l’art reste à jamais un artifice. Dès lors, elle se laisse examiner sous toutes ses coutures sans exercer moins d’attrait que d’effroi.

La sensation mêlée que suscitent ces travaux est plus exacerbée encore dans la seconde salle de l’exposition. Une table y est dressée, présentant des fruits et des légumes posés ça et là avec cette négligence apparente propre aux natures mortes. Aperçue dans l’encadrement de la porte, la table attire comme on serait alléché par un festin. Là aussi, une odeur est perceptible, un peu douçâtre, à la fois agréable et vaguement écœurante.
Cette fois, les fruits et les légumes sont réels, mais enduits d’un mélange de substances chimiques et organiques qui les enrobe d’une apparente moisissure. Pourtant ce n’est justement pas de la moisissure, et ces couleurs fades, ce velouté ne sont pas totalement dégoûtants.

S’agit-il bien d’une vanité? Contrairement à la vidéo Still-Life de Sam-Taylor Wood (2001) qui nous fait assister, en accéléré, au pourrissement des fruits, les signes de la décomposition sont ici déjà là ; ils ne sont pas le fait de la nature, mais des pratiques illusionnistes de l’artiste. Tels des décorations précieuses, ou comme le sucre des pâtes de fruits, ils attirent.
La décomposition est aussi une transformation, c’est-à-dire une modalité de l’art.
 
Artiste(s)
Michel Blazy
Né en 1966 à Monaco. Vit et travaille à Paris

 

 

                   

 

                                                                    (Vanity Case, mousse a raser et composants mixtes)

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