L'ampadiem

  • : Le blog de Ampad Embiem
  • : Culture intra-utérienne d'une fleur technologiq : cheminement d'une réflexion de l'esprit sur les bords brillants de lyrism du théatre alternatif ~
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Moi, Ampad

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  • Ampad Embiem, je ne suis la qu'un jour sur deux, mais je le vis plutot bien
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Archangelism scientifiq

" (...) proche le moment ou, par un processus de caractere paranoiaque et actif de la pensee, il sera possible (simultanement a l'automatisme et autres etats passifs) de systematiser la confusion et de contribuer au discredit total du monde de la realite. " Salvador Dali, Minotaure No1, 1933.

Un tres beau site sur DALI

 

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Bienvenue a tout nouveau visiteur

Ce blog créé il y a un peu plus de 2 ans maintenant de l'association uniq de la surprise et du tant attendu, restitue intactes les bribes

de restes d'authentiques retrouvés ici ou la, de ce que les littérateurs et créateurs de ce monde, ont contribué,

avant nous déja, est-ce a dire et, encore aujourd'hui, a élaborer le Beau pour qu'il vienne jusqu'a nous

dans l'état merveilleux ou nous avons le bonheur de le trouver pour tenter d'y toucher.

J'ai pour but ici et ailleurs, Ici Et Maintenant, dans cet IEM permanent et constant d'instabilité, de le propager, de l'expérimenter, de le faire travailler, de le dédoubler, de le transposer et de le faire permuter avec ses doubles et avec ses moitiés, de le mettre tour a tour en exergue, en abime, en difficulté, en chaloupe meme et en page pour enfin et a terme, pouvoir le remettre a la retraite d'ou il se trouvera la force apaisée et sereine méritée d'une vie multiséculaire sur toutes les plages des temps, de mener devant nous, et pour nous, de lui-meme des actions pour s'autorégénérer sans plus s'en laisser conter ~

/ / /
Le jour où nous en approchons le rêve en décor, se dérobe d'un sens unique le doute, qui veut s’écrire de l’ombre d’un rire d’enfants – 

 

Dans une nuit ne voulant plus laisser retomber que le bruit

qu'on n’aspire qu’à reposer comme tombe

avant de repousser long

les hautes portes de lumières d’une masse,

c’est dans l’obscurité étoilée de la myriade d’ombres

d’une allée laissée livrée à elle-même

en de nombreuses suites de marchés

alignés, accolés, déclinés et savamment nommés,

que passe et repasse une étrange population,

dont l’œil torve et maniaque fait songer à songer plus.

Ici a surgi un être amnésique et débordé de tous bords.

Entre les rires d’éclats d’enfants funestes,

la population de nains nez-blanc d’un endroit feutré des cieux,

d’êtres rez-aux-rats plus ras-le-sol

ne laisse que le nul doute d’une ombre copieuse

sur le brillant parquet, d’un bleu reflétant terne et glissant

du faux miroitement grinçant flambant neuf

vrillé autour d’un moment quadratique, et toujours pret a fléchir.

Bondissant miraculeusement d’un pallier à un autre,

arpentant sans relâche toute la nuit endurant

les couloirs des galeries, des lapins qui s’aiment tous

sans laisser ce seul principe donner lieu à poursuivre plus,

y glissent d’antres en anfractuosités offertes

et en jaillissent comme des rats, bondissant et courant.

Entre deux passages d’un train qui déverse

en quantités liquides l’humanité endormie de la nuit,

font leur apparition massive et imposent

que leur danse frénétiquement menée dans le désordre

en groupements mouvants d’odeurs de poils et de blanc,

fasse leur gente comme il n’eût été aucune autre

pour y droguer la raison ou en empoisonner la cause.

Quel remède ? On eût posé ici une table et quelques chaises pour mieux en discuter. Comme imploser le sort qui cause et implore le pamphlet d’une remord conséquent. Mais causer fort, tort, mort, ou sort, n’eût que remis le couvert au goût d’un jour sans saison particulière et sans grand appétit.

Qu’aurions-nous apporté qui ne fût déjà dit ?

D’une conversation naîtrait la nouvelle combinaison gagnante.

Sur quoi s’était-on trompé, déjà ? Un homme en surgit. Une blanche barbe longue, un pas vif. Briquet en paume, et dans l’autre main une pipe éteinte, cheminée présentée vers l’avant qu’il gratte jusqu’à en faire ternir toute la noire bakélite.

Un homme haut, il se laisse dire à son œil malin qu’il tient l’esquisse d’un mal naissant qui vient de lui-même, tout le temps. Et sans attendre qu’on l’y commande. Contient sous son ample poitrine une certaine dualité, un certain danger, peut-être même un cancer, comme l’ambivalence énigmatique

d’un être de propos sur des mots divagants. De lui émane pourtant comme un vent, en pâle avenant au mal approchant,

un peu d’espoir qui maintient levée toujours haute la veste envolée noire entre deux volées de marches. Et sa démarche silencieuse, propulsée comme en un souffle, lui maintient tête et épaules vers l’arrière, ses seules hanches le guidant, confère à son allure la surprenante illusion qu’il vole. ‘C’est étrange, irréel et sombre, ce qu’il fait froid ici’, grommèle-t-il. ‘Il y a un grave problème de climat dans ce pays.’ ‘En plus de tout le reste et tout le mal du monde que j’ai déjà à m’y faire, il faut aussi que ne me reste de délicieux du corps que cette larme de glace en coin de la gueule, et cette fichue sensation, cette saison étrange qui grandit en moi, une épice qui fait illusion que je suis né ici.’

« De plus en plus, dit-il encore seul en s’avançant dans les haies de miroirs et de vitrines, cette impression me submerge, et je perds tout mon recul. Je vais finir par y croire, c’est certain. Triste comme tout est joué d’avance. Cette mémoire qui me revient peu à peu revêt en même temps qu’elle me rêve à sa guise, les nouveaux apanages d’une volonté révélée de me perdre pour en rire, et s’invente des cadres de croissance où nouvellement se relever pour s’épancher du reste, oublier les délavés nivelés du passé. »

« Grandir ici, ma douce, dit-il à sa mémoire, mais que n’en reviens-tu pas plutôt et te méprendrais à t’y voir confondue, confrontée à tout ce malin désordre éconduit ! Quelle tristesse. Quelle traîtresse … »

« Ma mémoire me fait défaut, je ne me souviens de rien. »

« Ah bon sang, il n’y a même personne.

« Jamais personne ici. C’est désert. Jamais personne nulle part, tout est tellement vide. C’est d’un triste. »

« Tout ce froid, tout se fond, tout ce vide,

Ce désert qui se vide du fond et du dedans

M’imaginant partout en lui. »

‘Est-ce toi, Sarah ?, demande-t-il.

_N0n, c’e5t l4 tempête du désert.’, disent les voix de galeries.

_Est-ce toi, Sarah, dont j’entends la voix, réponds-moi ?

_N0n, c’e5t le 50uffle 1mpétueux d’une f0l1e 4ppr0ch4nt

‘‘ T4   f0utue   t4ngente   4tm05pher1que,  m0n  B0n Dyg0.’’

_Le Delta !, enfin là, c’est bien toi.’

_N0n, m415 l4Plu1e de M414rr1ve qu1 te déver5e en v4gue’. Les courants d’air le sifflent en se moquant :

« 1l  v4   f4ll01r  ret0urner  t’455e01r, B0n Dyg0. »

 

« Quel ennui, cet endroit. Que peut-on vivre ici ?

« Et cette atmosphère lourde qui pèse sous l’obscurité

et la tire vers le bas. Je n’ai jamais vu ça. »

Comme jailli de nulle part, il atteint le seul seuil

d’une devanture particulière qu’il est venu trouver fermée.

Son œil grand ouvert dit : ‘Ah, ce sont ces marmots’, d’environ douze gamins de l’âge moyen dont lui viennent les échos.

‘Une lucarne’, tu parles ! ‘Eh gamin !’, s’élance-t-il en glissant le long d’un courant d’air. Il jaillit et les regarde à présent :

« Qu’est-ce que tu chantes, il a pas passé la lucarne, je l’ai vu, il est passé à trois bras de toi, va !

_Il a passé la lucarne, j’te l’redis ! T’as qu’à me croire, ’faut pas pousser, hein ! Tes insultes, tu les gardes. Mauvaise foi, lui. T’as qu’à peindre des poissons !, te fous pas de moi, hein.

_Vas-y montre-moi ça, t’as plus qu’à l’retrouver, eh, Malin ! »

Le petit chasseur en t-shirt bleu ciel, mis à la corde sur la mode d’une dernière nuit sans ciel ni pluie – sans doute la plus en vogue – insiste et tient tête au plus grand, qui menace de la consistance physique plâtre-guimauve de son pied, d’écraser tout un débat. Le petit se fâche et finit par un  ‘Chut’ tandis que le Dygo leur lance : « Qu’est-ce que vous fichez encore ici, vous ? A l’âge moyen que vous avez ? Vous ‘avez donc pas de parents ?

_Un père.

_Deux mères.

_Un frère, qui m’élève.

_Moi, ce sont deux Sœurs.

_Et moi, un moine. Et sa sacrée secrétaire.

_Que font-ils, que vous n’êtes auprès d’eux ?

_Ils regardent l’Avenir, M’sieur.

_Ils relisent des classiques.

_On préfère être dehors, on s’amuse.

_Vous habitez tous l’étage ?

_Ouais. Et on n’est pas d’âges à se faire sermonner, M’sieur.

_Ah non ? Parce que vous n’avez pas d’âge de quelque chose, vous, peut-être ?

« Voilà bien qui pourrait étonner, n’est-ce pas. Plus que tout, ce pourrait faire rire ou bien s’interroger sur quelque chose de plus profond. Pourtant tel que vous me voyez, je reste de marbre. D’une typique interrogation-sur-le-banc-façon-Biblis, je ne laisse transparaître que ce rien que transpire le musc-d’une-muse en-son-flanc-sec devant le cœur-blanc-amoureux de celui qu’elle inspire et qui aspire à vivre devant elle nu à jamais perplexe et impassible. Savez-vous pourquoi je ne m’en émeus pas plus ?

_Parce que vous êtes Dieu ?

_Ouais, vous vous prenez pour Dieu, hein ? Visez la dégaine :

Toge, barbe blanche, espadrilles grecques. Eh, franchement, vous sortez d’où, vous ?

_Dieu, mes enfants, vous le saurez, ne ressemble en rien à moi en ce moment. Il a de bien plus amples cheveux, d’autres préoccupations que flâner, une mémoire qui ne lui a pas fait faux-bond, un visage bien plus large et des traits plus fins que les miens. Aussi ses très larges mains vous flanqueraient-elles sans doute le plus violent coup sans devoir vous toucher. Mais surtout ne vêt-il pas de toge. Et pour l’autre question sachez que définitivement-non je ne me prends pas non plus pour lui.

Loin de là mon intention, j’ai toujours respecté l’autorité, ai toujours su garder sauve, serein et humble ma place. Pas comme ce maudit!Faust qui me fait monter moutarde au nez…

Oublions-le, celui-là. Mes enfants, je vous le dis, en allant ainsi gambader à travers la ville en quête de quelque paix intérieure introuvable dans le mien, pour des cavalcades nocturnes pas toujours réjouissantes, je ne m’imagine jamais pouvoir tomber si bien sur l’heureux évènement des quelques spécimen que vous faites. Enfin : voilà la vie ! C’est là consécrétation ! 

Pourtant tandis que vous voilà, je n’ose imaginer ! Je m’interroge. Des prototypes protozoaires, protons tout biais, je ne sais comment vous nommer, mais enfin, quoi , après tout, qu’importe : vous êtes donc là.

Et à quoi préoccupez-vous ici l’esprit enjoué d’un numérique acéphale à cravache comme je vous vois le faire du vôtre sans que vous voyiez le mien ?

_Pff, Qu’est-ce qu’il raconte là ! Chai pas ce que vous insinuez. Il est fou, lui ! Des prototypes, hein ?

_Comment, je suis fou ! Tu n’es donc pas ce génie génétique de la généreuse gloire biblique ? Le cuivre scintillant. La phase nutritive de l’instinct vital, celui qui met le berceau en chandelier et approvisionne les idées phoniques de l’adage ?

« LAvenir de l’Homme, ce n’est donc pas toi ?

_Arrêtez d’insinuer des trucs, on n’est pas nés ici, nous.

’Instituez pas de préceptes si ‘y a pas de clefs pour fuir, Chef.

_ Je parle sans savoir, c’est vrai, je dois oublier quelque chose, tu n’es pas le fruit qui comparait devant son arbre nourricier, tu le renies. Vous en pensez quoi, vous alors, de ceux-là qui poussent comme graine sous engrais et fleurissent comme génétique améliorée déjà propre à manger ?

Aucun de vous n’a germé dans le centre de développement in vitro de la Charité, n’est donc l’aboutissement fructueux du programme ambitieux de générer vers eux les fous du volant qui nous mèneront plus haut à ne plus vénérer rien d’autre que notre propre reflet et notre mythe de nous-mêmes.

La vénéneuse galerie !

Ceux dotés de science – et presque : de prescience.

N’êtes donc pas encore la génération destinée à régénérer nos vertus et régner sur le monde physique aboli, détenteurs de la clef des miracles, propre à porter haute la conquête des salles dont les portes se ferment depuis toujours à nous ?

 

_La science, la prescience, répond un des gosses. L’ultime remède, la volontaire souffrance de s’entendre dire un jour ensoleillé qu’on mérite tous toujours plus que des veilles qui tardent à disparaître comme les couleurs dans la nuit.

Elle est là, l’ironie ! Quelle ironie, hein ! Moi aussi j’en fais.

_Bah, l’ironie, dit un autre, c’est qu’il reste encore plus d’onze onces d’humanité quand même, dans ces chtiots.

_J’en ai vus, hein, qu’ils poussent comme rien ! On dit qu’en dix mois ils ont ma taille, ma voix, mes yeux, mes réflexes, et ils ont des buts, ils sont malicieux… Ils ont pas vos poisseuses idées, c’est sûr.

_Ne leur manque que la casquette, hein ?

_Je sais pas. Tôt ou tard, ils auront ça en eux. Ils l’ont déjà.

Ils seront devant le dilemme. Il sont conformes, c’est bon.

Leur raison d’être approuvée, test ok. Tendance déviante nulle, parfait.

« Mais la clef du succès, c’est la star** en soi, voyons le personnage, l’action volontaire, il faut dégager quelque chose, épater la galerie, égorger le mythe, tôt ou tard, avoir des étoiles au bout d’un nom à rallonge et il faut que ça en jète. Quand on en aura fini de banaliser tous les exploits, ce sera l’oubli assuré. Est-ce là ce à quoi l’on aspire : moi pas.

Les lauriers sont servis à celui qui fait montre de peine et les aura démonté devant leur périlleuse condition, un à un, pas à l’autre là, qui à souhait a minimisé toutes les grandeurs, dit-il en trépignant d’envies.

_‘Faudra bien un peu nous vanter le mérite, hein !

_Oui, ou alors on leur aura aussi injecté ça dans les veines. De l’humilité. Il est peut-être là, le véritable succès de l’entreprise.

Ils ont peut-être réussi à dénaturer l’homme de cette ultime emprise au mal dominant…

_Bah ! Ils connaîtront jamais rien à la vie, voilà c’que j’en pense, moi M’sieur, fait un plus petit en écarquillant de grands yeux brillants tout mouillés par la foi. Le petit bonhomme semble à Dygo un rien plus vivant que les autres, comme si déjà à son âge il devait avoir vu et vécu plus que nombres ne peuvent se targuer avoir pu connaître. Il dit encore pour le lui prouver :

« Voyez, nous, on a un instant atteint l’instinct terrien :

Et on chasse le lapin.

_Y’aurait du lapin par ici ? C’est nouveau, ça ! Eh bien, voilà qui m’évoque une très récente histoire. L’histoire d’une défaite. Qui nous a coûté cher, pour ne vous dire que ça. Je ne me souviens de rien de plus. Mais en quelle époque sommes-nous, je ne le sais même. Peut-être êtes-vous le fruit de ce que je n’ai pu voir se compliquer la situation pour être simplement tombé en demi-être une durée trop longue. Enfin, j’espère au moins que vous aurez un meilleur succès qu’Usagi Klee.

_Vous le connaissez ?

_Pas vraiment, je ne l’ai vu qu’une fois, il était choisi.

Arbitrairement, hein, c’est prétendu, bien entendu.

Celui qui le moins au monde était capable à ce moment d’honorer son devoir d’homme.

« Il n’attrape pas les lapins, en tout cas.

_Ah ! Des lapins, ricane un gamin. Ici, y en a plein. »

_Ben voyons, les lapins gambadent tranquilles ici parmi les hommes, et dans ses galeries commerçantes, c’est nouveau ça.

_Nouveau ? Rien oui ! Et pas qu’un peu, y en a, hein.

« Je sais pas qui de conscient a été assez con pour ramener ne rien qu’un couple, mais ça a suffi, ils ont proliféré, les salauds. Maintenant, ils galopent partout, y en a moult.

_Et vous arrivez à en attraper ?

_Ouais, on a déjà choppé quelques uns.

Mais on ’passe pas notre temps qu’à ça, non plus !

_Je m’en doute, oui, ça va de soi.

« Vous avez aussi des devoirs, n’est-ce pas. Et puis, vous êtes d’âge assez éveillé pour vous vous être initiés à faire l’adage quotidien d’intéresser votre esprit aux choses de la science vous aussi, j’imagine.

_Pour sûr, ouais, on fait des mains et des pieds pour faire aboutir une théorie de l’évolution. L’animal a périclité pour ne s’être pas adapté comme l’entendaient ses ancêtres. Sans les écouter morts il a échoué parce qu’il ne savait ni lire, ni mentir.

_Ouais, mec, c’est comme ça c’est tout, fait un grand avec un air étonnamment sérieux.

_Vous parlez de l’ambitieux programme, M’sieur.

Mais dites : je vous vois, là, vous, qui avez l’air dissident comme ça, un peu sous votre peau rêche qui tombe en crépit craquelé et qui cache des gencives crachées des crèches molles de l’absence des dix dents, mais la chose de science, elle, n’a plus l’air de vous être autant l’amour d’une vie qu’il s’entendait au début que vous le fussiez, hein ?

_Comme il va de soi que chacun de nous qui embarquâmes avons pour – seule commune peut-être – leçon d’humilité, de dévouement, de  ralliement et d’unité, dit le plus petit, plus  tristement.

_Vous n’avouez donc plus aussi hautes et sauves les neuf neuves dignités grâce auxquelles vous avez embarqué, hein, chef ? Que s’est-il passé dans vot’ caboche, M’sieur ? Z’avez perdu la foi ? ‘Vous languissez, hein ?

_Je n’ai jamais embarqué, moi. Et puis, passons l’thé, c’est pas l’heure de parler de foi ; je ne veux pas qu’on s’égare sur ce sujet, tant il est déjà assez pénible pour moi de me remettre les événements sans faillir pour m’y risquer jusqu’à la catharsis.

« Parle-m’en encore, plutôt. Cette faculté de mentir dont ne sont dotés que les hommes ?

_Ouais c’est ça. Moi, la prescience, je crois pas qu’elle soit dans le programme génétique, on y aura tous droit, ‘comprenez. Dans quelques dates tout aura été fait, vu et mis bien au point.

_On n’a qu’à attendre que ça se fasse, en somme ?

_Tout un chacun vivra bientôt dans le monde d’un temps qui s’effondre, où ce qui est sublimé par le présent décrit le passé et imprime même mieux que ce dernier le déroulement de sa nappe comme du temps en fresque qui passe et va tout droit s’offrir à son repas éternel.

_Pourtant, nous vivrons dans l’passé, M’sieur. Toujours. Plus nul besoin ne se fera sentir d’être doté au nom de dieu de quelque prescience, dans ce stade où l’arène jouera grande ouverte et à guichets fermés la fenêtre des miracles comme un spectacle à sensations, le rejouera, le répètera, et le remettra au goût du jour, tous les jours.

_Nous serons tous des hommes de science, M’sieur. Et de prescience pour le goût de l’aventure.

« Notre voyage aboutira, croyez-y un peu. Tout ça n’est pas vain. ‘Suffit d’attendre que la molécule passe.

« L’animal est blessé, vous l’en avez chassé.

« Que va-t-on en faire ? Il lui faudra bien un lit quand même ?

« Pour se conduire droit vers quelque salut.

_Il y en avait pas mal jusqu’à ce qu’on les mette à l’épreuve.

Si on l’avait sondé on aurait vu qu’il devait pas bien savoir à quoi on était prêts, nous, hein ?

_Avec nos grands souliers, tu veux dire.

_Ouais, avec nos talents, et notre conscience d’être plus forts que tout. On peut faire ce qu’on veut, on est les rois du monde, hein.

_Ouais, il y a plus rien au-dessus de l’homme. Les putain de rois du monde, hein.

_Et ce putain de lapin, tu vas le trouver, ouais ?

_Lâche-moi, toi, t’as qu’à y aller ! Faut pas briller, t’es insolent.

« Vous parlez trop forts, abrutis ! Tu crois qu’il a la vie devant lui pour nous regarder en attendant qu’on le trace, le lapin ?

Eh, ’faut pas le prendre pour un con non plus, le lapinou.

Il a de l’instinct, il veut s’en tirer, qu’est-ce que t’as cru, toi ?

_Vous en faites quoi de celui que vous choppez ?

_On le retourne sur lui-même. Essayer de lui faire voir sa condition en face.

Il y a une conscience là-dessous, mon père a un truc méchant à la maison pour ce genre de trucs. J’ai mon idée sur le résultat.

_Ah …?

_Ouais, il va coopérer, il n’aura plus d’yeux que pour nous. Sa gente, il la maudira, il voudra peut-être même nous rejoindre pour chasser les autres.

_Le faire coopérer ? Tu l’a convoquée de quelle fable, celle-ci, Pon ?

_C’est une vue de l’esprit. Bien sûr, on va lui déchiqueter le mental, visiter ses rêves. Assix a qu’une idée en tête : partager un point de vue avec la gente qui nous a pris pour maître.

_Partager un point de vue ? Echanger des idées, tu veux peut-être dire.

_Non, lui visiter l’esprit, pénétrer son inconscient, et voyager dans les anfractuosités où s’interprètent les images perçues, ‘comprenez ? 

_Savoir ce qu’il pense quand il voit un peu d’herbe fraîche entre deux stimuli sexuels et que c’est marqué en gros partout autour ‘Piège, Caution’.

_Assix, Pon, vous vous égarez, là. Mon garçon, tu pourras me raconter les bobards que tu veux, mais tu ne me duperas pas.

« Vous, bande de crasseux couillons, tout aussi ingénieux que vous êtes de fieffés vicieux, vous parlez comme les ignares de notre histoire, dites n’importe quoi qui ne résonne toujours que comme les tonnes du blé déversé dans leur sillot. Vous n’y coupez pas.

_Seul le libre-arbitre, nous différencie encore de la nouvelle donne du genre humain, alors, hein ? Ouf ! C’est encore bien assez…

_Et la casquette, oui. Comme un chef fait le métier.

« Et après quoi ? Toutes les générations, que je sache, ont été une fois au tournant un jour ou l’autre en conflit avec celle de leur prédécesseurs, non ? Pour tourner la page ou amorcer un virage véritable. On les ringardise, on les réécrit dans la marge et on file mieux tout droit après ça, n’est-ce pas. ‘Suffit de marquer le coup et couper court une bonne fois pour toutes.

C’est pour nous juste situé dans les branches affûtées d’une phase un plus turbulente, je crois. Mais le final est le même. Nos enfants seront des programmes génétiques qui n’auront rien à quoi se comparer, et ils n’auront pas le sentiment vomitif d’avoir eu sur eux la charge d’une mouise du sortilège générationnel duquel se défaire passe avant tout, ou l’impression d’être nés trop tard pour tout, contre laquelle lutter de tout leur système immunitaire. Moi, je l’ai eue, la sale odeur d’angoisse. Dans toutes les baies sillonnées et dans mes escapades, dans les vers bons à mettre au bout de toute chose.

_J’aurais voulu connaître la transition, moi, ‘voyez ?

_Tu es en plein dedans, la transition, qu’est-ce que tu nous racontes là…

_Non. La transition funèbre ! La Grande Transition !

L’enterrement de la vie d’une jeune cellule encore mal formée. Voyez comme on est beaux, et comme on sait montrer une grande intelligence aujourd’hui mieux que jamais. 

« Le mythe à désacraliser. Je sais même plus contre qui je me bats. Si ça ne tiens qu’à ça, j’ai vraiment du mal. A quoi elle ressemblait la vie de l’homme en voie de développement ?

_Qu’un Dieu m’offre de tout oublier. Je ne pourrais, quelle que soit l’image qui me sera offerte de voir défiler éternellement, reprendre mon inconscience sauve, ma naïveté sereine d’antan, cette chose pure est souillée, je ne peux concevoir de grand festin dans l’effluve de l’inconscience fluide sans que me vienne à l’esprit qu’en derrière est l’âme, qu’en dedans est l’enfer, et qu’en travers sont tous les pièges des péchés qui nous conduisent de l’un vers l’autre via ses conduits et dépotoirs champêtres remplis des vers bleus qui dévorent les abats de nos cœurs qui flétris tombés en putréfaction au milieu de remords à la morsure mortelle.

Je redoute plus que toujours le potentiel gras, gris et livide que ne replongent en ces fonds pestilentiels les langues fondues de nos corps de simples mortels.

Tous qui sommes ici en sommes les plus indignes.

D’ailleurs je ne nous blâme pas.

Non, parce que nous ne valons pas les causes de notre perte.

Nous avons été infâmes ici avec une espèce que mal a pris parce que c’était le seul moyen pour une minorité de réchapper à l’absorption, et parce que nulle autre part aussi d’alternative n’a plus été plus ouverte à nos sens comme

l’avenir, que celui dans lequel on nous a plongés nus, là,

exaucés et fatigués, avec le seul remord de ne plus rien entrevoir pour se recouvrer l’âme et  la rejoindre saufs. Mais à choisir, bon… Il eût été difficile de s’y prendre autrement.

« Nous sommes allés de l’avant et avons pris cet adage pour thème final, de nous surpasser partout et dépasser les marques visibles du savoir pour aller vers le dessin qui s’efface.

_Nous aussi, on veut le devancer, le Futur, M’sieur.

C’est plus comme si je ne pensais encore qu’à me refaire du mal au cerveau parce que, seulement et bêtement, j’aurais vaguement comme ça eu un peu honte de ne pas d’emblée avoir tout vu, su et fui. 

_Démon de ne pas avoir connu le reste ? De ne pas savoir contre quoi tu luttes, hein ?

_N’ironisez pas tout. C’trop laid comme attitude.

Bientôt, réjouissez-vous, il n’y aura comme son aura, aucun secret pour l’homme. No Limit. On aura notre monopole temporel sur toute l’aventure du monde matériel avant nous, et la vie, on l’aura là, juste devant nous, plastique et généreuse, qui s’offre et qui gémit.

On pourra y toucher comme maintenant en caresser le rêve sans le vouloir voir envolé nous paraît déjà si simple et dérisoire.

Et omniscience dans les sphères d’un cosmos des pulsions, choque dans les relatifs, ce seront, au summum, nos envies, nos désirs, nos péchés et nos vices qui porteront hauts les échos de notre âme sur les capteurs tendres d’une membrane sensible qui dirige toutes les idées, les oriente, les tamise et les trie. Pour que nous soyons entendus de tout, de chaque oscillation des cils. Il faut tout voir de haut. Panorama sur nos vies : émersion !

Un univers qui nous a bien tenus et gardés ignorants de toutes ses magies, et, ainsi le pensons-nous tous, nous mettra enfin un jour devant la seule large, ample et ridicule farce de ce qui nous était offert. On rigolera gras et s’empiffrera de vie !

Détenteurs tardifs des dernières clefs de la physique, les ultimes lois qui entravaient notre élévation, et qui faillirent obstruer à tout jamais notre passage vers l’aval sumérien, les plus élémentaires, les bénédictines, les fondamentales, les seules bases avérées de notre non appartenance conique à une seule civilisation isolée, mais à un code universel carré en fait, qui fait de nous dans le même temps un conduit, un entonnoir, un réceptacle et l’impulsion motrice du vaste chantier organisationnel de ce que sont les énergies sur les autres fresques à géométries variables qui dessinent le reste avec ce qui existe déjà de circonscrit en son centre.

_Et après ?

_Après ? Après, M’sieur, on aura de l’avance pour trouver le bon flux et plus se gourer de couleurs en partant en vacances !

_Vous vous gourez, je dis. Vous êtes d’un genre orbital qui a la pesanteur lourde, la pesanteur épaisse et sourde à l’envie de l’avancée qui nous met des ailes au front.

Vous vous laissez embourber au lieu de voir ce qui est déjà là, juste devant.

_M’embourber. Qui s’embourbe ? Dois-je me sentir l’âme à me battre ? Pour quoi ? Et les autres ? Tu y penses aux autres ?

Ceux qui sont restés en bas. Tu n’as pas une pensée pour ceux qui sont morts de nous avoir permis de survivre. Le plus grand fossé de damnation jamais creusé entre leur condition et ton autoroute céleste : la plus gigantesque fosse mortuaire jamais conçue dans l’histoire d’homme ! Une sorte de génocide le plus largement rendu légitime à la face du monde !

Ne sont-ils pas les derniers prétendants lésés ?

« Dont la Bible nous a instruit les conditions finales ?

_C’est plus Notre Histoire ! Nous ne saurons jamais quel fut leur triste fin…

_Lésés ? Juste Abandonnés, ouais ! Tous abandonnés !

Ils ont été là comme nous pour les prémisses, et ils ont que les épines des faux lauriers dont ils se sont entichés et affriolés.

On leur a laissé le socle, lâches ! Ingrats. Mais voilà. Faute de mieux.

Faites le de nouveau, je-leur-dirais-moi, réitérez, c’est la peine.

_Capitale peut-être, oui.

_Rien à foutre, on s’est taillés, nous. Pas froid aux yeux, l’père. Il a dit oui, direct. Pas hésité la minute de trop quand on lui a fait grimper le loyer de l’appart. pour faire décoller la tour.

_J’aurais fait pareil. Escalader le tout du bas au haut, puis le haut, en entier, et je serais parti. J’aurais décollé aussi.

_Franchement, idem.

_L’homme qui vit encore à la surface de la planète, c’est un ancêtre, le looseux, il survit à la farce du monde face au bourbier qui lui sourit violemment. »

Et si bien qu’en effet l’un conclut : « Ouais, mec, c’est comme ça. »

 

Comme toujours par la suite,

Libre  cours à chacun

D’imaginer le fond

Je n’en dirai pas plus.

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